La question de l’image

2025-2026, art, peinture, décoration et architecture (6-1). Extrait d’un texte de Chloé Braunstein et Claire Fayolle (in Hors-Série « Beaux Art Magazine » : « le design »).

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« Les objets sont aujourd’hui des icônes, ou des copies d’icônes, conçus comme des images à partir d’images et pour l’image. Ils indiquent formellement leur changement de statut, ainsi que Philippe Starck le précise : « La fonction est indispensable à tout objet, même le plus futile. Mais il faut bien comprendre que, parfois, l’objet n’a pas la fonction que l’on croit. Par exemple, savoir lire que l’automobile transporte des symboles mais pas des personnes, ou que mon presse-citron n’est pas fait pour presser des citrons, mais pour amorcer une conversation ». En cela, il suit les pas de Jean Baudrillard, qui, dans les années 1970, avançait déjà : « Ce qui est consommé, ce ne sont pas les objets, mais la relation qui se consomme dans la série d’objets qui la donne à voir » (1).

Starck montre que l’objet a perdu son statut initial d’ustensile pérenne, qu’il est devenu signe de reconnaissance, d’appartenance et de connivence. L’objet pourrait presque se contenter de n’être qu’une image, support d’une marque au concept, mettant ainsi en cause sa propre matérialité. Et le designer est là, au milieu de cette complexité sémiologique, pour donner du sens et du contenu, et faire que le courant passe entre l’objet-outil et son utilisateur.

De son côté, le philosophe François Dagognet affirme que, contrairement à l’objet, l’image est souvent perçue comme « irréelle, fantomatisante, fugitive, alors que nous apercevons en elle l’équivalent du réel, mais délesté de sa pesanteur, de ses inutilités. Avec elle, il nous reste que l’essentiel. » (2).

(1) « Le système des objets », Jean Baudrillard, éd. Gallimard, 1968. (2) « Les Dieux sont dans la cuisine. Philosophie des objets et objets de la philosophie ». »

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Le texte nous sensibilise sur le fait que, dans le design contemporain, l’objet a une tendance à glisser vers un statut d’image symbolique, en évacuant en partie, l’essentiel, c’est-à-dire, sa fonction matérielle. Designers, philosophes et sociologues semblent constater qu’avant d’utiliser les objets, nous cherchons à en consommer les signes, les symboles et, surtout, les relations qu’ils représentent.

Chloé Braunstein et Claire Fayolle, en s’appuyant sur les pensées du designer Philippe Starck et des philosophes Jean Baudrillard et François Dagonnet, tentent d’apporter une analyse pertinente sur notre rapport aux objets de design et en particulier sur l’évolution que nous avons ou que nous pouvons avoir de leur perception. Tout d’abord considérés comme ce qu’ils doivent être, c’est-à-dire des outils, s’ajoute une dimension iconographique et peuvent même devenir des supports symboliques.

Petite parenthèse au résumé des principales idées de ce texte, il est à souligner aussi que, selon les références culturelles que tout à chacun a plus ou moins eu la chance ou pas de recevoir dans son éducation et de son instruction, il apparait impossible que la perception soit la même d’un individu à un autre. Pour exemple, dans le film « Intouchables », le personnage campé par Omar Sy dérobe une pièce précieuse et raffinée qu’est un Œuf de Fabergé pour l’offrir à sa mère de fiction qui n’a, hélas, pas reçu les codes pour en apprécier la valeur, étant donné qu’elle le compare à… un Kinder surprise (sic) !!!

Pour en « revenir à nos moutons », c’est l’image et seulement elle qui détermine la production des objets contemporains avec pour objectif d’être immédiatement reconnaissables pour qu’ils puissent être signifiants, donc obligatoirement photogéniques, quitte à faire passer au second plan, son utilité. Autrement dit, vendre avant de se soucier de ce que cela peut être bénéfique pour le consommateur. Dans le domaine alimentaire, ce que sont appelés « les fruits et les légumes moches » n’entrent pas dans les critères des circuits commerciaux par ce que ne répondant pas aux critères définis et imposés, alors que leur goût reste identique, voire peut-être meilleur que ce qui est considéré esthétiquement comme présentable.

Philippe Starck souligne la fonction symbolique, et la perception qui peut être, selon moi, plus ou moins consciente, et que des objets peuvent avoir des fonctions supplémentaires inattendues, comme pour l’exemple de l’automobile, ou des fonctions qui en font presque oublier celle pour laquelle il a été créé, comme pour l’exemple du presse-citron.

L’objet est devenu un signe, un marqueur social, qui doit avant tout « raconter une histoire ». Pour en revenir au domaine alimentaire, et plus précisément des spiritueux, il n’a pas fallu attendre les XXe et XXIe siècle pour s’interroger sur le rapport au produit. Dans le film, « Le souper », qui se passe en 1815, essentiellement axé sur le dialogue entre Talleyrand (interprété par Claude Rich), et Fouché (interprété par Claude Brasseur), la scène avec le cognac est absolument savoureuse. Le second ingurgite, d’une manière un peu rustre, le breuvage à la vitesse de celui qui boirait du petit lait, à la grande désolation du premier qui tente de lui expliquer, et de le convaincre sans y parvenir, que boire du cognac, c’est d’abord raconter une histoire.

Le texte poursuit par l’analyse que fait Jean Baudrillard sur la manière de consommer les objets qui repose avant tout sur les relations symboliques qu’ils incarnent, ce qui dépasse leur simple utilité, au point même, peut-être, de la faire presque passer pour insignifiante.

L’analyse se poursuit par la matérialité de l’objet qui devient secondaire au profit du support conceptuel ou au vecteur d’identité visuelle qu’il représente. Le designer a donc pour mission de redonner du sens de manière à clarifier les enjeux symboliques afin de maintenir et, surtout, de redéfinir et renforcer le lien entre l’objet et l’utilisateur.

François Dagonnet pousse la réflexion en opposant l’objet à l’image, souvent perçue comme irréelle, fugitive, voire subjective, même si elle retient l’essentiel du réel, débarrassée de ce qui pourrait se définir comme une lourdeur matérielle, et elle peut posséder une puissance d’évocation et de signification qui dépasse parfois l’objet lui-même.

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Nicolas globe croqueur.

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La Cité Radieuse

2025-2026, art, peinture, décoration et architecture (5-2) : focus sur la création de Le Corbusier à Marseille.

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Voici une analyse d’une réalisation architecturale. Il s’agit de la Cité Radieuse de Marseille, par Le Corbusier.

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Contexte :

La Cité Radieuse est la première commande publique de l’architecte et urbaniste Le Corbusier (1887-1965), qui est inclue dans le cadre du programme de chantiers expérimentaux pour la reconstruction de l’après-guerre.

Intention :

La conception voulue par le Corbusier est en fait, une synthèse du modèle des cités jardins périphériques et de celui de la grande ville. Il retient le caractère individuel du logement et le rapport architecture / nature d’une part, et la notion de densité urbaine et du binôme logement / équipement, d’autre part, indissociable, selon lui, à toute forme d’habitat moderne. Les pilotis libèrent le sol et permet la promenade ou laisse place aux terrains de jeux.

Le Corbusier a voulu un « village vertical » (avec la place du village, autrement dit, un seul hall d’entrée pour 330 appartements), et a cherché à mettre l’humain au centre de ses préoccupations en répondant à ses besoins, essentiellement sociaux, par des espaces collectifs, une rue commerçante pour répond aux nécessités de tous les jours, l’école pour l’instruction, le cinéma et la bibliothèque pour la culture, la terrasse pour les rencontres.

L’ajout des couleurs (douces) n’est pas neutre non plus et a pour vocation d’apaiser les esprits.

Structure générale :

Barre d’habitations commencée, 1947 et terminée en 1952, construites sur pilotis et répondant aux besoins de reconstruction de logement après la Seconde Guerre Mondiale.

Dimensions : 137 mètres de long, 24 mètres de large et 56 mètres de hauteur.

Matériau utilisé, béton armé gris, agrémenté par des touches de couleurs sur les murs des balcons.

Le bâtiment repose sur 36 pilotis. La terrasse est coiffée de 2 cheminées sculpturales et a accueilli un gymnase avant qu’il ne soit transformé en centre d’art en 2013. L’orientation du bâtiment a été choisie selon l’axe du cheminement du soleil, autrement dit, les façades principales sont orientées à l’Est et à l’Ouest.

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Respect de la réglementation des établissements recevant du public oblige, un escalier d’évacuation permet d’évacuer le centre commercial situé au 3ème étage.

L’ensemble abrite 337 appartements, un centre commercial et culturel, une crèche, d’abord, une école maternelle ensuite, un hôtel de 21 chambres. L’usage de la terrasse est partagé entre les désirs des habitants et les temps de récréations des enfants de l’école maternelle.

Caractéristiques particulières qui ont structuré le projet :

Le principe du Modulor caractérise le bâtiment. C’est un système de mesures lié à la morphologie humaine basé sur le nombre d’or et la suite de Fibonacci, calculé par le quotient de sa taille (1m83) par la hauteur de son nombril (1m13) qui de 1,619, soit le nombre d’or au millième près. Celui-ci est d’ailleurs matérialisé par une empreinte sur le béton à la base de l’immeuble ainsi que sur un petit vitrail.

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Organisation des appartements :

Les appartements conçus en emboitements, se présentent comme des petites maisons familiales à double niveau prolongées par des loggias qui font office de jardin, avec un caractère fermé pour préserver l’intimité du logement, sans oublier l’apport de la nature dans le celui-ci. Le résultat est un mélange d’idées empruntées d’une part, à un programme immobilier formulé par le Groupe de l’habitation franco-américain que Le Corbusier a découvert dans une publicité en 1922 et d’autre part à la chartreuse de Galluzo au Val d’Ema en Italie, visitée en 1907.

Selon l’architecte, le logis se définit comme le contenant « d’une famille » qui peut être inséré dans une « ossature portante », conçue comme une structure d’accueil. Après avoir défini une cellule de base, elle va permettre d’assembler 2 cellules orientées et imbriquées autour d’une rue intérieure, ce qui aboutit à un système d’étage courant qui s’organise sur trois niveaux. De larges couloirs départagent les cellules de part et d’autre du bâtiment et sont conçus comme un espace de circulation et, là aussi, de rencontre entre les habitants. Au dernier étage, le déambulatoire, fait face à la mer. 

Pourquoi ce projet m’a marqué ?

Les innovations esthétiques de Le Corbusier, à savoir les pilotis, les fenêtres plus larges que hautes, les avancées de façades en balcons, le toit terrasse.

Le pari de rendre heureux et satisfaits les habitants de la Cité Radieuse aura été réussi. Le Corbusier, cet « ami des hommes » voulait « à tout prix créer pour eux et, peut-être malgré eux, les conditions du bonheur ». Après plus de 70 ans, certains copropriétaires y habitent depuis 1952, et leur niveau de vie, plutôt élevé permet l’entretien de la résidence.

Focus sur la conception des appartements.

On y trouve 14 configurations d’appartements et une 15ème, la chambre d’hôtel. Celle, la plus courante est le duplex traversant de type E2. Tous les appartements sont conçus selon la combinaison de 3 cellules de base. D’abord l’entrée, la cuisine et la salle commune, puis la chambre des parents et la salle de bains, enfin les chambres d’enfants et les installations sanitaires. Les logements peuvent être destinés à des célibataires, à des couples ou à des familles ayant 2 à 8 enfants. 321 appartements composent l’immeuble, auxquelles s’ajoutent 14 chambres d’hôtel.

Un appartement comme à l’origine, et correspondant au type le plus courant, appelé E2, a été reconstitué à l’identique dans ses moindres détails à partir de 2002. Il s’agit d’un duplex de plus d’une centaine de m2, avec une mezzanine orientée est/ouest. La surface habitable est de 98 m2 à laquelle s’ajoutent 2 loggias qui totalisent un peu plus de 11m2. L’ensemble correspond à un appartement de type 4, avec une largeur de 3 m 66 et une profondeur de 24 m, balcons compris.

Particulièrement novateur pour l’époque, la distribution de l’appartement est pensée pour permettre à la fois le regroupement familial dans la salle commune et l’isolation de chacun. L’aménagement intérieur inclue rangements et le mobilier repose sur une recherche de spatialité associée à celle de fonctionnalité, grâce aux travaux conjoints de Le Corbusier, Charlotte Perriand et Jean Prouvé.

Au 1er niveau, une porte de couleur rouge avec une boite aux lettres incorporée marque l’entrée de l’appartement, surmontée d’un éclairage artificiel indirect. Sur la gauche, on peut découvrir un casier de livraison en tôle bleu qui fait la liaison avec la cuisine. En partie basse de la porte d’entrée, un portillon permet un accès direct à la glacière sous l’évier, en partie haute, le compteur électrique. La couleur des casiers varie d’un étage à un autre, et confère aux rues, leur identité. La polychromie des portes d’entrée est complétée, en façade, par les brise-soleils et stores.

Sur la gauche de la petite entrée, la cuisine est dissimulée au regard. En revanche, l’accès est direct à la salle de séjour composé de la salle à manger et du salon ne faisant qu’un, ce qui confère une fluidité spatiale, à laquelle participe la cuisine ouverte. Elle a été voulue par Le Corbusier pour permettre à la personne aux fourneaux de pouvoir s’intégrer aux conversations de celles présentes dans la salle de séjour qui se caractérise par sa double hauteur, ce qui confère un beau volume spatial et, surtout, une pénétration lumineuse. Elle s’ouvre sur une loggia, équipée d’une dalle brise-soleil horizontale. Un seuil en chêne massif permet l’accès à la loggia, et peut faire office de banquette qui se soulève et dissimule un radiateur, détail significatif de l’art et de la manière de Le Corbusier et de Charlotte Perriand de chercher à conjuguer fonctionnalité et agrément.

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La cuisine ouverte est très fonctionnelle et très bien équipée : une plaque chauffante électrique, un évier en fonte d’aluminium riveté à un plan de travail en tôle d’aluminium incrusté de carreaux de céramique, un broyeur électromécanique de déchets organiques, une hotte aspirante, une glacière, des rangements en partie basse et des rangements hauts avec éclairage intégré, un meuble passe plat que coiffe un plateau de bar en bois massif. Les portes coulissantes, laquées en couleur sont équipées de poignées de bois ergonomiques conçues par Jean Prouvé.

Un escalier métallique avec des marches en chêne, signé Jean Prouvé permet l’accès au 2ème niveau. On y trouve un couloir avec du rangement et du mobilier intégrés aux murs, comme dans l’ensemble de l’appartement, d’ailleurs (placards aux portes coulissantes et niches de rangement). C’est une manière d’optimiser l’espace en réduisant l’apport de meubles personnels. Ainsi, aucune place n’est perdue, le couloir donnant accès aux toilettes et à la douche bateau réservée aux enfants.

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La chambre parentale en mezzanine au-dessus de la salle de séjour est éclairée par la lumière de la verrière. Aménagée avec 2 tables de nuit de part et d’autre de l’emplacement du lit, d’un meuble à langer qui est encastré, d’un garde-corps bibliothèque et d’un placard équipé d’une porte à double battant. Cette chambre permet l’accès à la salle de bains dans laquelle se trouve une baignoire, un bidet et un lavabo.

Les 2 chambres d’enfant mesurent 1 mètre 83 en largeur et 8 mètres en longueur, et sont traitées en symétrie. Chacune d’elle se définit en trois espaces : un coin toilette avec lavabo séparé par une armoire du coin repos, et un coin activités. Une grande cloison coulissante aux faces recouvertes d’ardoisine, sert de tableau noir aux enfants. Fermée, elle garantit l’intimité, ouverte elle permet un espace d’activité ou un terrain de jeu. Deux grandes niches carrées peuvent faire office de bibliothèque.

Ci-dessous, des visuels des chambres d’enfant.

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Et pour terminer, voici des exemples d’aménagements d’appartements dans la Cité Radieuse.

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C’est tout, … pour le moment !!!

Nicolas globe croqueur.

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Quelques meubles et luminaires du XXe siècle

2025-2026, art, peinture, décoration et architecture (5-1) : analyse de 10 sélections.

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Sur le visuel ci-dessous du mobilier, des luminaires et des objets numérotés de créateurs du XXe siècle pour analyse.

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1 / Le canapé « Togo ».

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Il a été créé en 1973 par le designer français Michel Ducaroy pour la maison Ligne Roset. Présenté au Salon des arts ménagers, il a d’abord surpris puis conquis le public et la critique, devenant rapidement une icône du design des années 1970.

Concept et esthétique.

  • Forme organique et informelle : le Togo renverse l’idée traditionnelle du canapé sur structure rigide — il ressemble à un « coussin monumental » ou, comme l’a décrit Ducaroy lui-même, à « un tube de dentifrice plié » — avec des plis horizontaux qui créent son aspect froissé et accueillant. Cette silhouette basse, enveloppante et non-linéaire lui donne un caractère très « décontracté » et immédiatement identifiable.
  • Langage visuel des années 70 : couleurs vives ou cuirs chauds, profil bas et posture relaxée — le Togo incarne l’esthétique anti-formelle de l’époque et s’est inscrit dans la culture visuelle (médias, BD, puis réseaux sociaux).

Construction et matériaux.

  • Absence de structure rigide traditionnelle : le canapé est conçu à partir d’une superposition de mousses de différentes densités et d’un noyau ergonomique — il n’a pas de structure apparente en bois comme les canapés classiques ; l’assise et le dossier sont formés par des blocs de mousse profilés et garnissage, recouverts d’une housse matelassée et piquée qui crée les plis caractéristiques. Cette technique donne à la fois souplesse et maintien.
  • Modularité : le Togo existe en plusieurs modules (fauteuil, chauffeuse, canapés 2/3 places, méridienne, éléments d’angle) permettant de composer des ensembles variés — une modularité pratique qui a largement contribué à son succès commercial.

Réception et impact.

  • Succès commercial et diffusion : le Togo est devenu un best-seller international (plusieurs centaines de milliers à plus d’un million d’exemplaires vendus selon les bilans publiés), distribué dans de nombreux pays et réédité dans de multiples finitions. Il a aussi bénéficié d’un regain d’intérêt récent via les réseaux sociaux et la nostalgie des années 1970.
  • Statut d’icône : au-delà de la vente, le Togo est cité comme exemple d’innovation formelle et technique dans le mobilier contemporain : il a engagé Ligne Roset vers une identité plus audacieuse et a inspiré d’autres créations « tout-mousse » des années suivantes.

Points forts / qualités.

  • Confort immédiatement perceptible (profil bas, enveloppant).
  • Fort pouvoir identitaire (forme unique, fortement reconnaissable).
  • Grande modularité et adaptabilité d’agencement.

Limites / critiques possibles.

  • Le style très typé années 70 peut ne pas forcément s’intégrer dans tous les intérieurs contemporains, à moins de maitriser le sampling stylistique. Le sampling stylistique désigne le fait de prélever des fragments de style — formes, textures, silhouettes, motifs, palettes, codes esthétiques… — provenant d’œuvres, d’époques ou de cultures différentes, puis de les réassembler de manière créative pour produire un nouveau style ou objet.
  • L’entretien et la longévité dépendent fortement du revêtement choisi (cuir vs tissu) et de la qualité de la mousse ; les blocs de mousse sont réparables mais plus délicats à rénover qu’une structure bois traditionnelle.

Ci-dessous, un de mes visuels numériques intégrant ce canapé et d’autres créations contemporaines évoquées sur cette publication.

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Passons maintenant au numéro 2.

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2 / Lampe suspendue « Ar Arco ».

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1. Contexte et intentions des designers.

Les frères Castiglioni, figures majeures du design italien d’après-guerre, cherchaient à résoudre un problème simple :
➡️ obtenir la lumière d’un plafonnier sans installation au plafond.
Leur solution : une lampe autoportante capable d’éclairer une table au centre de la pièce tout en étant posée au sol, sans câbles suspendus ni travaux.

C’est un parfait exemple de leur philosophie :
observer les usages réels → répondre par une solution technique élégante → réduire la forme à l’essentiel.

2. Structure et innovation.

La Arco est constituée de trois éléments principaux :

a) Base en marbre de Carrare (≈ 65 kg).

  • Fonction structurelle : le poids assure la stabilité de la grande arche sans ancrage.
  • Un trou cylindrique traverse la base pour permettre de glisser un manche (par exemple un balai) afin de déplacer la lampe à deux personnes — un geste très Castiglioni : humour + fonctionnalité.
  • Le marbre ajoute une dimension sculpturale et noble.

b) Arche télescopique en acier inox courbé.

  • Longueur d’environ 2,20 m permettant d’éloigner la source lumineuse du socle.
  • Évoque un lampadaire urbain ou une courbe de type « infrastructure » : translation d’un langage industriel dans l’espace domestique.

c) Diffuseur hémisphérique perforé en aluminium.

  • Les perforations empêchent l’éblouissement et créent une diffusion douce.
  • L’abat-jour peut être orienté pour ajuster la direction de la lumière.

3. Esthétique et langage formel.

La Arco est devenue un archétype du design moderniste italien :

  • Géométrie pure : sphère + arc + parallélépipède.
  • Esthétique industrielle : acier brossé, marbre massif, visibilité de la structure.
  • Dématérialisation visuelle : la tige longue et fine donne une impression de suspension dans l’air.
  • Sophistication sans décor : tout est fonction, mais chaque fonction est esthétisée.

Elle illustre parfaitement l’idée moderniste : la forme découle de la fonction, mais cette forme peut devenir iconique.

4. Expérience d’usage.

La Arco apporte une lumière directe au-dessus d’une table ou d’un canapé sans encombrer l’espace.
Ses qualités d’usage :

  • Permet de repositionner la lumière dans un grand espace.
  • L’arche crée un geste spatial qui structure la pièce (un peu comme une architecture miniature).
  • Le socle au sol devient un élément sculptural, presque comme une œuvre d’art autonome.

5. Impact et postérité.

  • Icône mondiale du design : probablement la lampe la plus célèbre du XXe siècle.
  • Toujours éditée par Flos depuis 1962 — un cas rare de longévité sans modification majeure.
  • Fortement imitée, car sa structure simple est facilement reproductible (ce qui a généré des débats sur les copies).
  • Présente dans de nombreux films, magazines, intérieurs modernes — symbole du goût design international.

6. Lecture critique.

Forces.

  • Solution ingénieuse pour l’éclairage hors-plafond.
  • Silhouette immédiatement reconnaissable.
  • Alliance fonction + sculpture.
  • Matériaux durablement nobles.

Limites.

  • Poids très élevé : nécessite deux personnes pour être déplacée.
  • Encombrement important (hauteur et portée).
  • Peut dominer un petit espace ou entrer en conflit avec certaines circulations dans la pièce.

Synthèse.

La Arco est un chef-d’œuvre de design rationnel et poétique :
➡️ une infrastructure lumineuse transposée dans l’espace domestique.
Elle incarne à la fois l’ingéniosité technique des Castiglioni, leur humour discret, et l’élégance industrielle italienne des années 1960.

Ci-dessous, un autre de mes visuels numériques intégrant ce luminaire et d’autres créations contemporaines évoquées sur cette publication.

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Poursuivons avec le numéro 3.

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3 / Lampe cornue : dite « 33S ».

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1. Contexte général : la série Akari.

Entre 1951 et 1988, Isamu Noguchi conçoit plus de 200 modèles Akari : lampes, suspensions et sculptures lumineuses en papier washi et bambou, fabriquées à Gifu (Japon) selon le savoir-faire traditionnel des lanternes chōchin.
Noguchi les appelait Akari (« lumière » / « clarté » en japonais) et résumait leur philosophie ainsi :

« Akari is sculpture. Akari is light ».
– Pour lui, la lampe n’était pas un objet décoratif mais une sculpture habitée par la lumière.

La 33S apparaît dans ce contexte comme l’une des explorations formelles les plus expressives.

2. Description formelle : une lampe « cornue ».

Le modèle 33S est reconnaissable par sa forme en double volume asymétrique, avec une excroissance latérale ou supérieure créant l’effet « cornu ».

Caractéristiques visuelles principales :

  • Volumes organiques : plutôt que la sphère ou le cylindre pur, Noguchi a ici un volume désaxé, presque « zoomorphe », qui semble animé ou en équilibre.
  • Structure en bambou : les tiges verticales et horizontales structurent la forme et créent un rythme visuel que le papier vient adoucir.
  • Papier washi : translucide, diffuse une lumière chaude, douce et vibration légèrement texturée.
  • Présence sculpturale : comme souvent avec Noguchi, l’objet est autant une source lumineuse qu’une sculpture autonome dans l’espace.

Cette asymétrie confère à la 33S une qualité expressive plus audacieuse que celle de nombreuses Akari plus géométriques.

3. Intention et langage de Noguchi.

Noguchi visait un objet qui :

  • s’éloigne du luminaire industriel pour s’approcher de l’artisanat poétique japonais,
  • associe légèreté (papier, air, lumière) et structure (bambou),
  • dialogue avec la tradition tout en produisant une forme résolument moderne,
  • se comporte comme une « sculpture lumineuse vivante », dont la forme évoque un organisme, un animal, une pousse, un souffle.

La 33S illustre son intérêt pour les formes semi-abstraites — entre figure et abstraction — qui évoquent le monde naturel sans jamais l’imiter littéralement.

4. Esthétique et interprétations.

a) Organique et onirique.

La lampe fait penser à une créature ou à un appendice végétal. Cette ambiguïté est typique de Noguchi, qui cherche à faire naître un imaginaire plutôt qu’une fonction stricte.

b) Légèreté matérielle.

Le papier washi permet un rapport unique à la lumière :
→ non pas directionnelle, mais atmosphérique, presque respirante.

c) Dynamique spatiale.

La forme cornue crée une direction dans l’espace : la lampe semble pointer, s’incliner, tendre vers quelque chose.
Elle a un mouvement interne, une tension.

5. Expérience d’usage.

La 33S fonctionne comme :

  • Lampe d’ambiance, non pour le travail.
  • Point focal visuel : son caractère sculptural domine l’espace.
  • Objet intime : lumière douce, idéale pour salon, chambre ou espace méditatif.

Sa lumière, diffuse et enveloppante, transforme la pièce plutôt qu’elle n’éclaire.

6. Importance dans l’œuvre de Noguchi.

La 33S occupe une place importante car :

  • Elle montre la phase expressive et expérimentale des Akari des années 1950-60.
  • Elle illustre la capacité de Noguchi à hybrider art / design / artisanat.
  • Elle constitue l’un des modèles les plus singuliers et biomorphiques, moins connus que les sphères standards mais très recherchés aujourd’hui.

7. Forces et limites

Forces

  • Silhouette extrêmement expressive.
  • Lumière douce, incomparable.
  • Alliance parfaite entre tradition japonaise et modernisme.
  • Objet-sculpture qui enrichit immédiatement un espace.

Limites

  • Fragilité relative (papier).
  • Entretien délicat.
  • Moins facile à intégrer dans un intérieur minimaliste très strict, car sa forme attire l’attention.

Synthèse

La Akari 33S est l’une des pièces les plus poétiques et sculpturales de Noguchi :
➡️ une figure lumineuse organique, comme un être suspendu, mêlant artisanat japonais, modernisme et biomorphisme.
Elle révèle toute la philosophie de Noguchi : créer des objets où lumière, matière et forme dialoguent de manière presque spirituelle.

A noter que le modèle de la lampe cornue, d’un créateur japonais, semble avoir inspiré les créateurs japonais eux aussi de dessins animés, comme ceux qui ont conçu le robot « Goldorak ».

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4 / Le Fauteuil « Egg »

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1. Contexte de création

Le fauteuil Egg est conçu en 1958 par Arne Jacobsen pour l’hôtel SAS Royal de Copenhague, un projet global dans lequel Arne Jacobsen contrôle absolument tout : l’architecture, le mobilier, les textiles, jusqu’aux poignées de portes.
Ce fauteuil fait partie d’une série de pièces emblématiques (Swan, Drop, etc.) qui ont marqué la modernité scandinave.

Jacobsen cherche alors à marier modernité organique et sophistication technique, en s’inspirant de formes naturelles et de l’idée d’un cocon protecteur.

2. Innovation technique

L’innovation majeure du Egg tient à sa structure en coque de mousse rigide (à base de fibre de verre ou de polyuréthane selon les éditions), une technique alors très nouvelle.

Cette coque permet :

  • une forme courbe et enveloppante, impossible à réaliser avec des techniques traditionnelles de menuiserie ;
  • un poids relativement léger ;
  • une grande solidité et durabilité.

Le fauteuil repose sur un piétement pivotant en aluminium, qui lui ajoute une dimension dynamique et contemporaine.

3. Caractéristiques formelles

Forme

  • Silhouette organique, semblable à une coquille d’œuf ouverte.
  • Courbes continues et fluides, contrastant avec l’architecture très rectiligne de l’hôtel pour lequel il est conçu.
  • Dos haut, ailes latérales : un véritable cocon visuel et acoustique.

Fonction

  • Le dossier courbé et les « ailes » créent un espace semi-privé, idéal dans un hall ou un lobby.
  • La position d’assise est à la fois relaxante et très architecturée.

Matériaux

  • Coque en fibre de verre / mousse polyuréthane moulée
  • Garnissage mousse
  • Revêtement : tissu ou cuir
  • Base pivotante en aluminium poli

4. Esthétique et symbolique

Le Egg illustre parfaitement le passage du fonctionnalisme scandinave à une modernité plus expressive.
Son caractère enveloppant évoque :

  • confort
  • intimité
  • organicité
  • protection

L’équilibre entre simplicité nordique et sculpturalité en fait une œuvre presque biomorphique, proche de la sculpture.

5. Impact et postérité

Le fauteuil Egg est aujourd’hui :

  • un classique du design du mobilier ;
  • l’une des pièces les plus recherchées dans les ventes de design ;
  • un symbole de l’avant-garde danoise des années 1950–60 ;
  • un objet iconique souvent vu dans des films, hôtels, bureaux haut de gamme.

Il demeure produit par Fritz Hansen, garantissant une fabrication artisanale et durable.

6. Pourquoi est-il considéré comme un chef-d’œuvre ?

  • Alliance rare entre confort réel et esthétique sculpturale
  • Innovations techniques pour l’époque
  • Harmonie entre architecture et mobilier, pensée par un même créateur
  • Capacité à créer un “espace dans l’espace”
  • Intemporalité du design, plus de 60 ans après sa création

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5 / Chaise dite « Rocking armchair rod », ou « à bascule ».

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1. Contexte de création

Au début des années 1950, Charles et Ray Eames cherchent à concevoir un fauteuil :

  • léger
  • industriel
  • confortable
  • économique
  • adaptable à divers usages

Le projet est né dans le cadre du concours du Museum of Modern Art : “Low-Cost Furniture Design” (1948).
L’idée centrale est d’utiliser un matériau encore nouveau dans le mobilier : la résine polyester renforcée de fibre de verre (fiberglass).

La chaise RAR fera partie de la première génération de mobilier en plastique moulé produit en série, une révolution pour l’histoire du design

2. Innovations techniques

Coque monobloc en fibre de verre

  • Première utilisation industrielle de ce matériau pour une assise.
  • Permet une forme ergonomique difficile à obtenir en bois.
  • Épouse la silhouette du corps pour un confort inédit à l’époque.

Structure mixte rod-base

  • Piétement en tiges d’acier soudées (« Eiffel base »), une prouesse technique alliant solidité et légèreté.
  • Relié à des patins en bois cintré permettant le mouvement de bascule.

Production industrielle

  • Pensée pour la fabrication en série et la modularité :
    • plusieurs types de bases interchangeables
    • plusieurs couleurs de coque

La RAR incarne le principe Eames : “Make the best for the most for the least.”

3. Caractéristiques formelles

Forme

  • Coque en forme de demi-calotte, accueillante, enveloppante.
  • Accoudoirs intégrés, continuité des lignes.
  • Équilibre entre géométrie (piétement) et organicité (coque).

Mouvement

  • L’ajout de la base à bascule introduit une dimension ludique et domestique.
  • Propose un confort dynamique, rarement associé au design moderne de l’époque.

Matériaux

  • Coque : fibre de verre (avec ses fibres visibles, signature esthétique).
  • Patins : bois d’érable ou de bouleau.
  • Rod base : tiges d’acier soudées, parfois chromées.

4. Esthétique et symbolique

La RAR réunit plusieurs grands principes du modernisme américain :

  • Organicité : formes douces inspirées des recherches biomorphiques des années 50.
  • Simplicité visuelle : langage direct, sans ornement.
  • Ludisme : le mouvement de bascule humanise un objet industriel.
  • Accessibilité : meuble pensé pour entrer dans la vie quotidienne.

Elle incarne la philosophie d’Eames : le design comme rencontre entre confort, technologie et joie d’usage.

5. Usages et réception

À l’origine, la RAR est conçue comme chaise confortable pour le quotidien, souvent associée à la chambre d’enfant ou au salon.
Elle devient rapidement une icône du design américain d’après-guerre, symbole du nouvel art de vivre moderne.

Aujourd’hui encore, elle reste :

  • largement éditée (Herman Miller / Vitra)
  • une pièce culte pour les amateurs de design
  • un modèle étudié pour sa modernité intemporelle

6. Pourquoi la RAR est-elle un chef-d’œuvre ?

  • Première chaise en plastique moulé produite en série.
  • Alliance parfaite entre esthétique, ergonomie et innovation.
  • Structure technique remarquable (Eiffel base + patins de bois).
  • Démocratisation du design moderne.
  • Pièce emblématique du couple Eames et du design américain.

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6 / Bahut « Riflesso ».

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1. Contexte de création

En 1939, Charlotte Perriand quitte temporairement la France pour travailler au Japon à l’invitation du gouvernement japonais, qui souhaite moderniser ses industries d’ameublement et d’artisanat.
Le bahut Riflesso est conçu dans ce contexte d’échange culturel intense.

Ce meuble est symptomatique de :

  • sa recherche d’un design fonctionnel, adapté aux nouveaux modes de vie modernes ;
  • son intérêt pour les techniques japonaises, notamment la légèreté constructive, la modularité et les matériaux naturels ;
  • sa volonté d’unifier l’artisanat et l’industrie, au moment où l’Europe commence seulement à explorer le mobilier en série.

2. Caractéristiques formelles

Structure

  • Volume rectangulaire épuré.
  • Lignes horizontales affirmées.
  • Effet visuel d’un meuble flottant, souvent sur piétement minimal.

Façade emblématique

La signature du Riflesso réside dans son système de portes coulissantes, qui alternent :

  • panneaux pleins
  • panneaux à finition réfléchissante (souvent en tôle ou métal poli, d’où le nom Riflesso = “reflet”)

Cette alternance crée un jeu visuel dynamique entre opacité et brillance.

Matériaux

  • Bois (structure, étagères)
  • Métal poli (panneaux coulissants)
  • Parfois rotin ou bambou selon certaines interprétations ou rééditions liées à son séjour au Japon

Ce mélange exprime le dialogue entre chaleur artisanale (bois) et modernité industrielle (métal).

3. Fonction et ergonomie

Perriand pense la circulation dans l’habitat moderne :

  • les portes coulissantes économisent l’espace et facilitent l’accès ;
  • le bahut offre une grande capacité de rangement ;
  • l’organisation intérieure est modulable ;
  • la composition asymétrique traduit une approche pratique avant décorative.

Le meuble est conçu pour s’adapter aux petits appartements urbains des années 1930–40, un thème central chez Perriand.

4. Esthétique et influences

Influence japonaise

Le Riflesso reflète clairement son séjour au Japon :

  • usage des surfaces glissantes rappelant les shōji
  • goût pour les surfaces lisses et les volumes dépouillés
  • logique modulaire et flexible
  • valorisation du vide, de la simplicité, du mouvement

Modernisme européen

  • sobriété, géométrie, lignes pures
  • affirmation de l’objet comme outil fonctionnel
  • absence d’ornement
  • articulation du bois et du métal, caractéristique du modernisme

Il s’agit d’un meuble où se rencontrent Est et Ouest, artisanat et industrie.

5. Symbolique et portée

Le bahut Riflesso témoigne de la pensée de Perriand :

  • Le meuble doit servir la vie, non l’inverse.
  • La beauté naît de la justesse fonctionnelle.
  • Le reflet évoque le jeu entre espace et perception, idéal pour de petits intérieurs.
  • L’assemblage de matériaux délibérément contrastés exprime une esthétique de la sincérité.

C’est aussi une pièce préfiguratrice de ses travaux d’après-guerre, plus orientés vers le design démocratique et la standardisation.

6. Impact et postérité

Le bahut Riflesso est aujourd’hui considéré comme :

  • une pièce charnière dans la carrière de Perriand, annonçant son œuvre mature ;
  • un exemple limpide de la fusion entre modernisme européen et culture japonaise ;
  • un meuble précurseur du design modulaire contemporain ;
  • une icône du mobilier du XXᵉ siècle, très recherchée sur le marché de l’art.

7. Pourquoi le bahut Riflesso est un chef-d’œuvre ?

  • Fusion innovante des matériaux pour l’époque
  • Alliance réussie entre fonction, sobriété et poésie visuelle
  • Intégration pionnière des principes japonais dans le design occidental
  • Système de portes coulissantes avant-gardiste pour le mobilier européen
  • Expression claire de la philosophie Perriand : un design humaniste, simple, pratique.

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7 / Horloge  « Sun Flower ».

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1. Contexte de création.

Dans les années 1950, George Nelson dirige un collectif de designers (Irving Harper, Lucia DeRespinis, Don Ervin…) au sein du studio George Nelson Associates.
Leur objectif : réinventer les objets du quotidien pour les adapter au nouveau style de vie américain — optimiste, moderne, ouvert à la consommation.

La Sunflower Clock fait partie de la fameuse série des « Wall Clocks » éditées par Howard Miller, une collection d’horloges murales destinées à démocratiser le design moderne dans les intérieurs domestiques.

Cette horloge est généralement attribuée à Irving Harper, designer principal au sein du studio, bien que signée sous le nom de Nelson.

2. Forme et caractéristiques esthétiques.

Structure générale

  • L’horloge adopte une forme radiale, évoquant un soleil ou une fleur de tournesol — d’où son nom.
  • Elle est constituée d’un centre circulaire abritant le mécanisme, entouré d’un large ensemble de pétales courbes et réguliers.

Forme des éléments.

  • Chaque « pétale » est une lamelle courbée, souvent en bois cintré ou en contreplaqué moulé.
  • Leur répétition rythmique crée un effet dynamique et organique, presque hypnotique.
  • Les pétales sont disposés pour produire un jeu d’ombre et de lumière, évoquant un relief sculptural.

Couleurs et matériaux.

  • Centre souvent en métal (aluminium, laiton) selon les versions.
  • Pétales : bois naturel, parfois coloré.
  • L’ensemble reste fidèle à l’esthétique mid-century, mêlant chaleur du bois et sobriété géométrique.

3. Fonction vs esthétique.

L’horloge est une parfaite illustration du principe Nelsonien :
« Il ne s’agit pas seulement de dire l’heure — il s’agit d’habiter l’espace. »

Fonctionnellement :

  • lecture simple, aiguilles bien visibles
  • absence de chiffres : approche minimaliste, l’heure se lit par intuition visuelle

Esthétiquement :

  • son rôle est presque décoratif avant d’être utilitaire
  • elle agit comme un soleil mural, un point focal dans la pièce
  • elle transforme un objet domestique banal en élément artistique

4. Symbolique et langage visuel.

La « Sunflower » connote :

  • chaleur (image du soleil)
  • énergie (rayonnement circulaire)
  • nature (référence florale)
  • optimisme (esthétique joyeuse typique des années 50 américaines)

Le biomorphisme des années 50 est ici pleinement assumé : la modernité n’est pas froide, mais vibrante et vivante.

5. Innovations et intérêt design.

  • Usage inventif du bois courbé, inspiré des techniques de mobilier.
  • Combinaison d’abstraction géométrique et de formes organiques.
  • Réduction des éléments à leur essence : un cercle + des modules répétés.
  • Introduction d’une véritable dimension sculpturale dans un objet utilitaire.

La Sunflower Clock s’inscrit dans la même famille que les Ball Clock, Asterisk, Spike Clock, etc. : une série qui a redéfini ce qu’une horloge pouvait être.

6. Place dans l’histoire du design.

La Sunflower Clock est aujourd’hui :

  • un symbole du design mid-century américain ;
  • l’une des horloges les plus célèbres du studio Nelson ;
  • un objet très recherché par les collectionneurs ;
  • rééditée par Vitra depuis les années 1990.

Sa popularité perdure car elle incarne un design :

  • à la fois simple et puissant
  • chaleureux et moderne
  • immédiatement reconnaissable

7. Pourquoi la « Sunflower Clock » est un chef-d’œuvre ?

  • Elle convertit un objet utilitaire en sculpture murale.
  • Elle synthétise l’esthétique mid-century : radialité, biomorphisme, bois naturel.
  • Elle illustre la recherche d’un design joyeux, accessible et décoratif.
  • Elle exploite brillamment la répétition modulaire pour créer un impact visuel fort.
  • Elle demeure intemporelle, près de 70 ans après sa création.

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8 / Porte manteau « Hang It All ».

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1. Contexte de création

En 1953, le Hang It All est conçu dans un moment où Charles & Ray Eames s’intéressent fortement :

  • à l’éducation des enfants,
  • à la couleur comme vecteur de joie,
  • à la démocratisation du mobilier moderne.

Le porte-manteau s’inscrit dans leur série de meubles et jouets pour enfants (dont l’Elephant, les House of Cards, le Stool…).
L’objectif est clair : créer un objet utile, mais aussi ludique, capable d’éveiller la curiosité et de rendre le quotidien plus agréable.

2. Forme et conception

Structure

  • Base en tiges métalliques soudées, formant une grille solide et légère.
  • Les lignes géométriques du cadre contrastent avec les éléments circulaires et colorés.

Les billes en bois

  • Élément emblématique : boules en bois laqué, disposées de manière rythmique.
  • Multiples couleurs vives dans la version originale (rouge, bleu, vert, jaune…), suivant une logique quasi musicale ou abstraite.

Composition

  • La répétition des billes en quinconce crée un effet visuel dynamique.
  • Les crochets multiples maximisent la capacité de rangement dans un minimum d’espace.

3. Matériaux et fabrication

  • Tiges d’acier : le même vocabulaire structurel que pour les bases de chaises Eames.
  • Billes en érable : tournées puis peintes à la main.

Cette combinaison exprime parfaitement la double tradition Eames :
rigueur industrielle + chaleur artisanale.

4. Fonction et ergonomie

Le Hang It All poursuit une logique très Eamesienne :

Faire du beau en faisant simple, et faire simple en étant logique.

  • Multiples crochets = grande capacité de rangement.
  • Billes rondes = les vêtements ne s’abîment pas.
  • Accroche murale = gain de place dans les petits espaces.
  • Hauteur souvent adaptée aux enfants, ce qui encourage l’autonomie.

Il est à la fois ludique et hautement fonctionnel.

5. Esthétique et symbolique

Un objet joyeux

Le mélange bois + couleurs vives évoque :

  • les jeux
  • l’enfance
  • la spontanéité
  • la créativité

Il transforme un objet banal du quotidien en élément graphique, presque en œuvre murale.

Graphisme mid-century

  • Utilisation de la couleur comme langage.
  • Économie de formes : cercle + ligne.
  • Absence d’ornement superflu : tout est structurel, mais visuellement expressif.

Le Hang It All incarne à merveille l’esprit optimiste de l’après-guerre américain.

6. Place dans l’histoire du design

Le porte-manteau Hang It All est aujourd’hui :

  • une icône du design mid-century ;
  • édité sans interruption par Herman Miller (et par Vitra en Europe) ;
  • très en vue dans les intérieurs contemporains ;
  • un exemple parfait de design démocratique.

Il fait partie des rares objets qui ont su rester populaires, utiles et esthétiquement actuels pendant plus de 70 ans.

7. Pourquoi le “Hang It All” est un chef-d’œuvre ?

  • Il transforme un objet utilitaire en composition artistique.
  • Il associe joie, couleur et fonction avec une grande finesse.
  • Il incarne la philosophie Eames : simplicité, plaisir d’usage, accessibilité.
  • Sa construction est à la fois économique et robuste.
  • Il demeure un objet visuellement percutant, immédiatement reconnaissable.

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9 / Table basse « Coffee table».

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🪑1. Contexte historique et intention du designer.

  • Conçue par Isamu Noguchi en 1944 pour Herman Miller.
  • Issue de sa réflexion sur la sculpture fonctionnelle : Noguchi disait que « tout est sculpture ».
  • La table est pensée comme un équilibre entre forme artistique et utilité domestique.

🎨 2. Caractéristiques formelles

Structure en trois éléments.

La table est composée de seulement trois pièces :

  1. Un plateau en verre épais (environ 19 mm).
  2. Deux éléments en bois massif, identiques mais inversés, qui s’emboîtent pour créer la base.

Équilibre et fluidité

  • La base est faite de deux formes biomorphiques, sculpturales, qui semblent en mouvement.
  • Le plateau triangulaire aux coins arrondis évoque la forme d’un galet poli ou un triangle organique (souvent comparé au “triangle de Reuleaux”).
  • La transparence du verre met en valeur la base, qui devient presque une sculpture autonome.

🔧3. Analyse technique.

Matériaux.

  • Bois massif : traditionnellement noyer, érable ou cerisier, finition vernie.
  • Verre trempé : garantit robustesse et sécurité, malgré son apparente fragilité.

Assemblage.

  • Aucun élément mécanique visible :
    la stabilité provient du poids du verre et de la géométrie de la base.
  • Le verre repose directement sur trois points précis de la base, assurant un parfait équilibre.

Ergonomie et stabilité.

  • Très stable grâce au poids du plateau.
  • Hauteur approximative : entre 38 et 40 cm, adaptée à l’usage domestique.
  • Sa forme organique permet une bonne circulation autour de la table.

🧩4. Analyse esthétique.

Style.

  • Sculpture utilitaire, dans la lignée du design biomorphique et de l’organic modernism.
  • Ligne douce, absence d’angles agressifs, sensation de mouvement.

Impact visuel.

Le verre rend l’ensemble léger et aérien.

  • La base, visible dans sa totalité, devient l’élément principal de la composition.
  • L’ensemble exprime un équilibre recherché entre force et légèreté, entre matière pleine (bois) et transparence (verre).

5. Intégration dans l’espace intérieur.

  • Fonctionne très bien dans un salon minimaliste, mid-century, contemporain ou zen.
  • Le plateau transparent permet de ne pas encombrer visuellement les petits espaces.
  • Sa base sculpturale devient un point focal de la pièce.

🧠6. Analyse symbolique.

  • Représente parfaitement la philosophie de Noguchi, qui refusait la séparation stricte entre art et design.
  • La table peut être perçue comme une œuvre d’art avant d’être un meuble.
  • Sa forme organique renvoie à la nature : fluidité, asymétrie maîtrisée, équilibre.

⭐7. Conclusion.

La table basse Noguchi est un chef-d’œuvre de design moderne parce qu’elle réunit :

  • Simplicité structurelle (3 pièces seulement),
  • Complexité sculpturale,
  • Équilibre parfait entre fonction et poésie.

C’est une pièce intemporelle, toujours éditée et reconnue comme l’un des plus grands classiques du design du XXᵉ siècle.

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10 et fin / « Lounge chair », de Charles Eames et Ray Kaiser.

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🪑 1. Contexte historique

  • Présentée pour la première fois en 1956 dans l’émission télévisée américaine Home.
  • Éditée par Herman Miller (États-Unis) et plus tard par Vitra (Europe).
  • Les Eames souhaitaient créer un fauteuil qui donne « la sensation d’un gant de baseball usé », c’est-à-dire un confort luxueux et enveloppant, mais dans un style moderne.

🎨 2. Analyse formelle

Composition en trois coques

La chaise se compose de trois coques en bois moulé :

  1. Repos-tête
  2. Dossier
  3. Assise

Chaque coque est recouverte de placage de bois (palissandre, noyer, cerisier, ébène…), un clin d’œil au modernisme organique.

Coussins en cuir

  • Coussins indépendants, amovibles, en cuir souple, très généreusement rembourrés.
  • Effet visuel de profondeur et de moelleux.

Piètement pivotant en aluminium

  • Architecture métallique à cinq branches, assurant stabilité et élégance.
  • Contraste bois/cuir/métal typique du modernisme américain des années 1950.

🧱 3. Analyse technique

Bois moulé

  • Démonstration magistrale de la technologie de plywood courbé, que les Eames avaient perfectionnée pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • Les coques ont un galbe complexe, à la fois esthétique et ergonomique.

Articulation du dossier

  • Le dossier n’est pas rigide : il repose sur deux connecteurs métalliques qui permettent une légère flexion.
    → Résultat : une sensation « d’accueil » très distinctive.

Coussins flottants

  • Ils donnent l’impression d’être posés sur la structure, sans la recouvrir.
  • Permettent un entretien facile (remplacement individuel).

Ottoman

  • Conçu comme un prolongement ergonomique : il suit les mêmes matériaux et proportions.

🧩 4. Confort et ergonomie

La Lounge Chair est pensée pour le repos profond :

  • angle d’assise incliné vers l’arrière, non ajustable (pour encourager la détente et non le travail),
  • soutien lombaire naturel grâce au galbe du dossier,
  • large surface d’assise qui répartit le poids,
  • cuir souple + mousse moulée = confort durable.

Ce fauteuil est une invitation au farniente plutôt qu’un siège de bureau.


🎭 5. Analyse stylistique

Modernisme chaleureux

Contrairement à d’autres designers modernistes (plus austères), les Eames associent :

  • technologie industrielle,
  • matériaux nobles,
  • confort organique.

La Lounge Chair représente une version américaine du luxe moderne : opulent mais fonctionnel, sophistiqué sans ostentation.

Equilibre entre formes organiques et géométriques

  • Les courbes du bois rappellent la nature.
  • Le piètement en aluminium apporte une géométrie bien maîtrisée.

🛋️ 6. Intégration dans l’espace

  • Fonctionne parfaitement dans :
    • salons contemporains ou mid-century,
    • bureaux créatifs ou bibliothèques,
    • espaces minimalistes (elle devient alors un point focal).
  • Le modèle en palissandre est le plus iconique, mais les variantes en noyer ou ébène s’intègrent mieux dans des intérieurs épurés.

🧠 7. Analyse symbolique

La Lounge Chair est devenue :

  • un symbole du design américain,
  • un statut-symbol (souvent vue dans les films),
  • une synthèse entre art, technologie et confort.

Elle incarne l’idée des Eames : “Design is a method of action.”
Ce n’est pas seulement un objet esthétique, mais une solution pensée pour améliorer la vie quotidienne.


Conclusion

La Eames Lounge Chair & Ottoman est un chef-d’œuvre parce qu’elle combine :

  • une prouesse technique (bois moulé),
  • un confort exceptionnel,
  • une esthétique moderniste chaleureuse,
  • une intemporalité rare.

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Réflexions autour de l’esthétique architecturale à partir d’un extrait de texte et d’une réalisation.

2025-2026, art, peinture, décoration et architecture (4) : autour de la pensée de l’architecte Henry Van de Velde (1863-1957).

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1ère partie :

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Réflexions personnelles à partir d’un extrait de texte de l’ouvrage de l’architecte Henry Van de Velde (1863-1957) « Formules de la beauté architectonique ».

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Tout d’abord, le texte est extrait de l’ouvrage « Formules de la beauté architectonique moderne » dans lequel Henry van de Velde s’interroge, au début du XXe siècle, en plein essor du style Art Nouveau, sur le rapport à la beauté, à l’esthétique. Il cherche à en avoir une approche rationnelle plutôt que sentimentale, qu’il semble trouver superficielle. Il dénonce une altération de la perception de celle-ci transmise aux jeunes générations par leurs aînés ce qui les entraine, de facto, à un manque de curiosité, avec pour résultat de copier et imiter sans de réelles convictions, au mieux sans vraiment comprendre ce que l’on produit, au pire, sans le comprendre du tout. De ce jugement, il en déduit que c’est la laideur qui a le dernier mot (surtout, à mon avis, pour des imitations de mauvaise qualité).

Pour resituer dans le contexte, le style qui précède est le style Napoléon III, conservé plus ou moins sous la IIIe République, et caractérisé par un éclectisme poussé au paroxysme, avec des résultats plus ou moins heureux. Les inspirations et combinaisons étaient puisées dans le style Boulle et sur tous les autres styles qui ont précédés, sans oublier les références égyptiennes et celle de l’Extrême-Orient (Chine, Japon). Pour faire simple, un sentiment de lassitude.

Les progrès techniques et culturels ébranlent la culture architecturale prise dans sa globalité. Le tournant du XIXe et XXe siècle est une période d’activité exceptionnelle dans les domaines théoriques et pratiques. Les idées et nouvelles expériences se succèdent et, de facto, amènent à remettre en question une approche académique et pesante sur répertoire architectural et sur les références stylistiques. Le but recherché est de les renouveler.

« Formules de la beauté architectonique moderne » s’inscrit donc dans la logique du mouvement évoqué sur les paragraphes précédents. Il est le fruit d’une réflexion sur plusieurs années, au moins débutée au début du XXe siècle pour s’achever en 1916, dans un contexte international inquiétant, avec une guerre mondiale qui va amener à bien des remises en question dans la configuration de cette Europe du XIXe siècle qui s’achève et de celle de cette Europe du XXe siècle qui va émerger, et dont on ne sait pas encore comment elle s’annoncera. Les approches esthétiques en particulier n’y échapperont pas, à commencer par l’Art Nouveau qui sera peu à peu remplacé par l’Art Déco (dès 1913, le théâtre des Champs-Elysées annonce déjà une rupture). Van de Velde cherchera à y contribuer dans ses créations architecturales d’autant plus qu’il aura été un des théoriciens de cette évolution.

Pour rappel, avant de devenir architecte, il aura été tour à tour peintre, avant de s’intéresser à la broderie, la mode, le stylisme, la conception de papiers peint, l’orfèvrerie, la coutellerie, et la porcelaine. Tout cela lui permettra d’avoir une approche globale de la création et de pouvoir développer ses théories dans son ouvrage.

Ce jugement excessif de Henry van de Velde sur la laideur ramené aux perceptions esthétiques, dépasse ce domaine, à mon avis, traumatismes de la Première Guerre Mondiale obligent. Pour rappel, et toujours selon mon avis, la laideur aura aussi consisté à préparer les esprits au conflit par une propagande qui s’appuie aussi sur l’approche de l’esthétique.  Cependant, sur la dernière phrase du texte, il semble suggérer que, l’humanité, au bord du gouffre, est sur la voie d’un début de ressaisissement. Après une guerre mondiale, de toute façon, je ne vois pas une autre voie possible, d’autant plus que des esprits éclairés, dans bien des domaines, mettront en œuvre leurs talents pour préparer un meilleur avenir à l’humanité.

Il faut souligner qu’après la destruction, il faut penser à la reconstruction, et ses idées nouvelles tomberont donc à point nommées. Il travaillera en Belgique mais aussi en Allemagne, autrement dit, dans des pays qui ont été, seront amenés à être et seront encore, hélas, en conflit. Une vocation universelle de sa part, du moins européenne d’une certaine manière, qui lui vaudra ultérieurement, quelques méfiances des autorités tant allemandes que belges, fort heureusement vite dissipées.

Partant du constat de la laideur repose selon lui, aussi sur une perception esthétique, il va chercher à nous sensibiliser à partir de nouvelles approches.

Il développe l’idée, dans son ouvrage, comme déjà évoqué plus haut, que c’est une supposée manque de curiosité qui nous éloigne du concept de la beauté. Il faudrait plutôt chercher la valeur utilitaire des objets que de copier et/ou imiter sans comprendre ce que l’on créé.

La fonction créé la beauté en quelque sorte. Rien d’étonnant non plus, dans une deuxième partie d’un XIXe siècle finissant dans lequel un académisme pesant et étouffant, qui finit par s’essouffler tant dans le domaine de la peinture que de l’architecture, et qui se heurte aux progrès technologiques en voulant les ignorer. Par exemple, ce sont les impressionnistes contre la peinture académique officielle qui se croyait éternelle (alors que l’apparition de la photographie oblige, de facto, à reconsidérer l’approche de la peinture), c’est un style dit « historiciste » en architecture (développé dans une Alsace-Lorraine reprise par les allemands, qui s’oppose celui de l’Art Nouveau, créatif et inventif, qui trouve son essor, non loin de là, à Nancy, dans la Lorraine restée française. Comment s’étonner alors qu’il y ait un manque de curiosité et que les esprits ne soient pas enfermés dans une certaine crédulité !!!???

La ligne et la matière, c’est ce qui inspirera cet architecte qui ne concevra l’ajout de l’ornementation qu’à la condition qu’elle contribue à la structure d’un édifice pour lui permettre de « tenir debout ».

Sa recherche de la beauté dans ses créations architecturales, et son désir de concrétiser les idées qu’il défend dans son livre, se matérialiseront par un très grand dépouillement et une recherche d’équilibre entre les pleins et les vides, mais avec un certain esprit de monumentalité, avec des proportions généreuses (Maison Cohen à Bruxelles et maison Wolfer à Ixelles).

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A noter également une évolution de la ligne courbe vers la ligne droite dans ses créations comme le montrent les deux visuels ci-dessous en page suivante avec deux créations que quarante et un ans séparent : la Villa Bloemenwef à Uccle, 1895 et la Tour des Livres à Gand, 1936

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A leur tour, au milieu du XXe siècles, les partis-pris architecturaux seront remis en question et des recherches nouvelles en esthétique seront entreprises, comme la Hundertwasserhaus à Vienne qui s’inscrit dans un mouvement expressionniste, un peu en opposition aux partis pris des architectes qui préféreront la nouvelle objectivité, une approche plus pratique et pragmatique qui rejetait l’agitation émotionnelle de l’expressionnisme.

La fin du texte annonce la possibilité pour certain, notamment les artistes, de conserver suffisamment de sensibilité pour s’extraire de cette apathie. Ce sont eux qui ont la capacité, et peut-être la responsabilité de remédier à cette situation.

Ce texte suggère aussi en filigrane une autre thématique. Van de Velde était aussi influence par la pensée des néo-impressionniste, fondée sur une conception scientiste de l’œuvre d’art. Donc, l’idée défendue était que le système humain pouvait être stimulé par certaines couleurs, formes et lignes. Avec sa célèbre phrase, « la ligne comme force », croit aussi à une bonne ligne, porteuse d’énergie vitale. Ainsi, la laideur prive d’énergie, de vitalité et de joie de vivre.

Pour conclure, le constat que fait Henry van de Velde exprimés sur les deux extraits de son ouvrage ne sont-ils pas toujours d’actualité en 2025, et sur les ravages de la laideur en particulier !!!???

Que penser de l’approche de la plupart des architectures érigées à partir du début des « trente glorieuses », des pavillons standardisés dans des lotissements notamment, aux proportions étriquées qui sont pratiquement les mêmes de Dunkerque à Marseille et qui caractérisent ce qu’on appelle « la France périphérique » (ou la « France moche », c’est selon) !!!???

Que penser des grands ensembles sans visage et qui ne racontent rien, que dénonçait l’architecte Gérard Granval, le créateur des tours appelées « les choux » à Créteil !!!???

Que penser de l’approche qui est le plus souvent dictée par des considérations économiques au détriment de l’esthétique, à commencer par des hauteurs sous plafonds (2 m 50) qui ne permettent plus d’avoir de beaux volumes de pièces !!!???

Que penser aussi d’une ornementation appliquée sur des ensembles de bâtiments contemporains, prétendument pour rappeler les styles anciens, mais qui en sont, en fait, des pastiches, et qui n’ont plus les proportions qui leur permettent d’avoir une certaine monumentalité, comme celles qu’on les créations de Henry van de Velde, Victor Horta ou Paul Hankar, Robert Mallet-Stevens ou, plus récemment, Le Corbusier ou Auguste Perret !!!??? Je pense à certaines villes en Île-de-France, du côté d’Eurodisney en particulier.

Le rapport à la beauté et aux théories qui s’y rapportent reste et restera une interrogation permanente alimentée par une approche critique des réalisations passées.

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2ème partie :

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Analyse de La Hundertwasserhauss à Vienne, en Autriche.

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La Hudertwasserhauss peut être considérée comme un exemple d’architecture qui reprend quelques principes qui s’inscrivent dans le mouvement appelé Revival Art Nouveau.

L’art Nouveau ayant été tant décrié au XXe siècle entre les années 1920 et les années 1960, au point que de nombreuses démolitions ont été abusivement entreprises avant que ces décisions ne soient, finalement, regrettées (« c’est après avoir brulé les sorcières, qu’on les regrette », au-je lu dans une revue, à ce propos). On peut citer l’exemple du bâtiment, avec son entrée, de la station de métro « Bastille », à Paris, démoli en 1969… alors que l’Art Nouveau commençait à être redécouvert, avec un regain d’intérêt…, en tout cas, apparemment, pas de manière suffisamment affirmée en France, autrement dit pas à un point, sur cet exemple précis, qui aurait permis que la pratique confirme la théorie.

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Le Revival Art Nouveau, du moins en architecture, n’a jamais cherché à copier et encore moins à singer l’Art Nouveau, mais, au contraire, à s’en servir comme une base de travail et s’y intéresser pour ensuite développer de nouvelles pistes de réflexion sur l’esthétique architecturale, et l’adapter au mode de vie au XXe siècle avec un résultat audacieux comme la Hundertwasserhauss à Vienne.

Pour le Revival Art Nouveau, pas de redites de styles historique, encore moins de pastiche, or l’Art Nouveau était devenu un style à part entière.

Viollet-Le-Duc, précurseur de l’Art Nouveau, pensait que la logique de la nature était le seul modèle à suivre. L’architecture de la Hudertwasserhauss peut en être une interprétation avec une autre approche.

Ici, aucune symétrie, point d’ornementations lapidaires à la manière de celles appliquées sur les styles précédents, mais une référence à la nature, laissée à son épanouissement et à son développement sans désir de vouloir la dominer. Cette approche se manifeste autant sur le traitement des façades que sur la présence du volet végétatif.

Cependant, le traitement des façades peut être considéré comme une forme d’ornementation, qui est matérialisée par des enduits, mais pas « organisée ». La présence des courbures des ondulations arrivent presque à faire passer au second plan la structure angulaire des bâtiments, pourtant bien présente.

L’art Nouveau puisait son inspiration dans la nature, mais en la stylisant, et dans une démarche de discipline et d’organisation sur l’application de l’ornementation, malgré la dissymétrie. Elle était représentée par le métal et la pierre. Pour l’architecture viennoise, qui s’inscrit dans le mouvement expressionniste, c’est surtout le volet végétatif qui s’en charge. Finalement quoi de mieux pour la représenter que d’intégrer la nature elle-même dans une structure architecturale !!!???

Aucune symétrie non plus dans le positionnement des fenêtres. La seule « touche » plutôt classique, se retrouve dans les fenêtres du morceau de façade en bas à gauche de la photo, traitée dans un esprit que l’architecte catalan Ricardo Bofill n’aurait sans doute pas reniée. D’ailleurs, c’est la seule partie de l’édifice qui symbolise une rigueur plutôt classique (en clin d’œil, sans doute, aux façades des bâtiments avoisinants). Finalement, elle se brise assez rapidement pour laisser place à un traitement beaucoup plus libre avec des dimensions et un positionnement de fenêtres totalement hétéroclite.

Alternance de blanc, de couleurs chaudes et de couleurs froides sur les enduits de façades délimitées par des lignes apparemment grises foncées en courbes qui ne se réfèrent à aucune règle géométrique, un peu comme les branches des arbres que personne ne peut anticiper sur les directions qu’elles emprunteront en grandissant. Les ondulations avec l’alternance du bleu et du blanc nous fait penser aussi à une rivière et à ses reflets.

Le parti pris des façades bigarrées cherchait à prouver que la forme rectangulaire n’était qu’une utopie. Pourtant, n’est-ce-pas une recherche d’application et de concrétisation d’idées utopiques qui ont motivées la conception de cet immeuble !!!??? De plus, la structure de l’ensemble est quand même à angles droits.

Moins visibles sur la photo, la mosaïque et la faïence ne sont pas posées non plus selon une trame précise. Elles se languissent.

En observant bien la photo, la conception des façades peut nous faire penser à un arbre avec un tronc central (accentué par l’escalier couvert, qui indique une direction) et des branches qui se déploient de part et d’autre sur lesquelles pourraient s’accrocher des fruits, symbolisés par les fenêtres.

En conclusion quoi de mieux que de reprendre la citation du concepteur de cet immeuble, Friedensreich Hundertwasser, lui-même !!!??? « Un peintre rêve de maisons et d’une belle architecture au travers desquelles l’Homme est libre et ce rêve devient réalité ».

Pour rappel, la Hundertwasserhauss est le résultat d’une collaboration avec l’architecte Joseph Krawina.

C’est un complexe de logements sociaux situé dans le 3ème arrondissement de Vienne, en Autriche. Il date des années 1980.

La pensée architecturale du créateur de cet ensemble est ouvertement anti-corbusienne et réfute l’utilisation du Nombre d’Or sur lequel sont basées les architectures de Le Corbusier.

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3ème partie, pour aller plus loin.

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Ci-dessous, une autre prise de vue plus ancienne, sous un autre angle, avec des terrasses en escalier.

Une inspiration certaine reprises aux architectures barcelonaises dites « modernistes », comme les balcons, les cheminées, le pilier qui soutient les deux arcades à droite. Les ondulations sur les façades à gauche ne sont pas sans rappeler un peu les courbes des façades de la Casa Milà à Barcelone.

Les minarets se réfèrent « style sécession » bien présentes dans les architectures en Autriche et en Hongrie.

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Pour terminer, voici deux autres architectures que n’aurait certainement pas reniées le mouvement du Revival Art Nouveau, par ce que à majorité en formes curvilignes voire en totalité :

  • Celle du Musée Guggenheim à Bilbao (architecte Franck Gehry)
  • Et surtout celle du Palais Bulle à Théoule-sur-Mer (architecte Antti Lovag).

Ces créations très innovantes et en rupture, vont même plus loin dans l’audace que le parti-pris retenu pour la Hundertwasserhauss. Qu’aurait pensé l’architecte Henry van de Velde du Palais Bulle à Théoule-sur-Mer, du musée Guggenhem à Bilbao, ou, plus récemment de « L’arbre blanc » de l’architecte Sou Fugimoto à Montpellier ?

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Nicolas globe croqueur (et photographe).

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Une approche sur l’étude des styles et du Mobilier (5)

2025-2026, art, peinture, décoration et architecture (3-5) : du style Restauration au style Napoléon III.

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Page 1.

Avant d’entrer plus dans les détails, voici en résumé les grandes caractéristiques de la période entre la Restauration et le style Napoléon III.

Le style Restauration préfère les lignes simples et les courbes harmonieuses en opposition au style Empire. Meubles en petites dimensions et d’avantage de recherche de confort dans les sièges. Le frêne et l’érable aux teintes blondes et plus lumineuses sont préférés à l’acajou.

Apparition du sofa, de la chauffeuse, et le pouf font leur apparition. Très prisés également, les guéridons, les consoles, et les tables de nuit.

Révolution industrielle oblige, sous Louis-Philippe, la machine outil permet une production de meubles moins coûteux, certes, mais aussi moins raffinés. Comme les meubles sont produits en série, l’ornementation se fait plus rare. Grand retour de l’acajou.

Très prisés, le fauteuil Voltaire, apparu sous la Restauration, tout comme le fauteuil crapaud recouvert de velours et souvent sur roulettes.

Un éclectisme poussé au paroxysme , avec des résultats plus ou moins heureux, apparait avec le style Napoléon III. Inspirations et combinaisons puisées dans le style Boulle et sur tous les styles qui ont précédés, sans oublier les références égyptiennes et celle de l’extrême-Orient (Chine, Japon).

Le rôle du tapissier dans un aménagement intérieur prend une ampleur notable.

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Page 2.

Le mobilier Restauration :

Inscrit dans un style qui se situe entre 1815 et 1830, la rigidité et la symétrie du style précédent fait place à des formes qui  s’incurvent et s’arrondissent, autrement dit, la ligne courbe succède à la ligne droite dans la conception du mobilier, qui devient plus confortable, moins imposant, donc plus intime et plus charmant.

Bien que sur le plan politique, le régime cherche à s’inscrire dans une rupture et une réaction autoritaire (surtout sous Charles X), sur le plan esthétique, décoratif et architectural, par soucis économiques aussi, les commandes commencées seront poursuivies et terminées. Certains principes sur le mobilier seront aussi conservés mais mis au goût du jour. Autrement dit, le réalisme économique primera sur toute autre considération.

La révolution industrielle approchant, la mécanisation permettra de fabriquer du mobilier en plus grand nombre, même si la conception artisanale ne disparaitra pas, mais ne concernera que les plus fortunés.

Sans être dénuée d’intérêt, le rendu des meubles conçus selon la production industrielle n’atteindra pas la qualité de finition ni l’âme de ceux conçus selon les techniques artisanales.

Les essences de bois :

Usage de bois clairs, parfois mouchetés, comme l’érable, le citronnier, le platane, l’if, l’oranger, la loupe d’orme, le thuya, le sycomore. Incrustation de motifs en bois sombre comme l’amarante ou le palissandre.

L’ornementation : Incrustations de bois clair ou foncé. Pour les motifs, la palmette Empire est conservée mais elle est plus petite et plus arrondie. Emploi des rinceaux, des feuillages, des guirlandes, des cornes d’abondance, des rosaces, des parapluies, des étoiles, des fleurettes, des cols de cygne, des chevaux, des mains, des chimères, des nymphes, des victoires, des génies.

Le piétement : Droit ou cambré sur la face avant, en sabre sur la face arrière, en griffe, à tête de bélier, en X, en forme de lyre ou de palmette. Les pieds sont terminés en cuisse de grenouille essentiellement pour les sièges et annoncent le style Louis-Philippe.

Les chaises : La chaise gondole, la plus courante, la chaise à pieds console, dossier a croisillon, marqueterie à filets, la chaise cathédrale, à  dossier ajouré, pieds à balustre, la chaise curule, dossier incurvé, la chaise à dossier en forme de demi-cercle, la chaise de réception à dossier droit, peinte en blanc rehaussé d’or.

Les fauteuils : Aux dossiers rectangulaires, avec accotoirs droits à manchettes ou en col de cygne replié, en griffon ou en chimère. Pour les sièges moins luxueux, les motifs sont très simplifiés. De nombreux  fauteuils en  gondoles, aux bras souvent détachés en forme de dauphins ou de cygnes stylisés, ou en console terminée par une volute (une continuité, en quelque sorte, du style Empire). Nouveau : apparition du fauteuil Voltaire, qui est un siège bas, au dossier élevé, renversé ou ondulé. Fauteuils style cathédrale en acajou ou en bois clair, dossiers ajourés. Fauteuils curules à dossier renversé et bergère de ligne assez lourde.

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Les canapés : Très bas, la ceinture servant parfois de socle, en méridienne, chevets de hauteur inégale reliés par un troisième dossier. Ils peuvent être en forme de haricot, ou à dossiers dits « en chapeau de gendarme», c’est à dire un canapé à deux montants inspiré du lit bateau. Pour ceux dit « en sofa »,  la ceinture forme la base, avec de gros coussins en tête-à-tête, à deux places.

Les commodes : En bois clair, incrustées de bois sombre ou le contraire (« commodes a l’anglaise »). La corniche reste lourde, et les pieds sont bas et trapus. De nombreux tiroirs, mais plus de colonnes ni de pilastres.

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Les lits : Les plus courants : les lits bateau, en acajou, avec des incrustations de bois clair ou en citronnier, ou des incrustations d’amarante. Les pieds sont bas et en forme de palmette, de lyre, ou de volute. Ils peuvent être peints et dorés.

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Les secrétaires :<En général à abattant droit avec une partie inférieure fermée par une porte à deux vantaux.

En dos d’âne, ou en cylindre, vastes et imposants qui se combinent parfois avec des chiffonniers et des bibliothèques.

Les consoles : Rien de particulièrement innovant par rapport à celles de l’Empire. Les supports sont galbés et annoncent le style Louis Philippe.

Les tables : En guéridon reposant sur un pied central et un trépied, avec des montants formés parfois de cols de cygne. Plus massives à plusieurs pieds reliés par un plateau inférieur. Beaucoup de petites tables, servantes à deux tablettes.

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Page 3.

Le mobilier Louis-Philippe :

Inscrit dans un style qui se situe entre 1830 et 1848, il est massif et confortable. Retour des influences non seulement de la Renaissance, surtout, du Moyen Age (avec retour du gothique, banni depuis la Renaissance), mais aussi du style Louis XV. En demeurant très proche de la Restauration, il en incarne une certaine continuité. Le mobilier s’industrialise et se simplifie, révolution industrielle oblige.

Notes personnelles : Au XIXe siècle, le Moyen-âge est idéalisé, fantasmé comme un âge d’or de la chevalerie, en contraste avec la modernité industrielle qui peut représenter un saut vers l’inconnu. L’architecture, religieuse surtout, mais aussi le mobilier, n’échappe pas à ce courant et les résultats sont plus ou moins heureux. Autrement dit, parfois un pastiche, qui peut être réussi ou raté, même se cette notion reste subjective.

Les essences de bois : Usage surtout de l’acajou , mais aussi du merisier, du noyer, en particulier de la ronce de noyer, de la loupe d’orme, du hêtre, de l’érable, du sycomore, de l’olivier, du citronnier, du platane, du palissandre, du bois exotiques, du thuya, de la racine d’if rougeâtre. Le bois peut être peint en noir est orné de motifs également peints.

L’ornementation : Le mobilier Louis-Philippe étant extrêmement simple et sans ornementation puisque fabriqué en série, il est difficile d’évoquer les motifs. Cependant, on en retrouve comme la cuisse de grenouille, très caractéristiques, et des motifs peints comme les fleurs, les animaux, les paysages.

Quelques traits distinctifs comme la doucine pour le haut des armoires, des secrétaires et des commodes. Aussi des montants droits aux angles arrondis. Egalement des panneaux en général plats et sans moulures, ainsi que des accotoirs tournés à l’excès en corne de bélier et en crosse, le double boudin. Les rocailles  et les volutes annoncent le style Napoléon III. Quasi disparition des bronzes. Pour les entrées de serrures, le cuivre ou le laiton le remplace. Nombreuses copies Louis XV, mais avec des moulures à plus forte saillie et une ornementation moins fine, réduite à sa plus simple expression.

Le piétement : Robuste, tourné à la machine, droit à balustre, à colonne, tournés en spirale, cannelé ou galbé, formant une volute dans le haut, à col de cygne, à gaine, en griffe de lion, à toupie, en console terminée en palmette.

Les sièges : Plus confortables et aux angles arrondis, en acajou, en palissandre, en noyer, en érable, en ébène. Les pieds arrière sont déversés, les pieds avant souvent galbés en console ou cannelés. Ils se rattachent à la ceinture par une petite crosse en palme ou en feuille déroulée. Les accoudoirs sont terminés en volute, en crosse ou en col de cygne. Les chaises, faites à la machine et en série comme tous les autres meubles. En noyer, en érable, en palissandre, avec quelques pieds à balustre, pieds arrière en sabre, pieds avant galbés terminés par une volute ou à gaine. Elles sont en gondole, à croisillons, à barreaux horizontaux, à dossier plat et garni de tissu, à barreaux verticaux, d’inspiration gothique (chaise cathédrale). Quelques tabourets en X.

Trois types de fauteuils. /Le classique, presque toujours en acajou, il dossier cintré et accotoirs enroulés en crosse, avec pieds galbés. En corbeille, le dossier étant d’un seul tenant avec les côtés. Le fauteuil Voltaire à haut dossier relevé, accotoirs très rembourrés, lignes droites, est très à la mode.

Les commodes : Plus de garnitures en bronze ni colonnes. Elles sont en acajou et en noyer, plates, généralement à quatre tiroirs, avec une  façade et des côtés droits, et des pieds très bas. Souvent, le haut du meuble, qui comprend un tiroir, est galbé en doucine. Le dessus est recouvert de marbre gris ou blanc sans gorge.

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Soucis d’hygiène plus pointues obligent, apparition de la commode toilette. Elle contient cuvette, pot à eau et miroir, et le dessus s’ouvre.

Les lits : Les lits-bateau, à deux dossiers égaux qui s’évasent en console et se terminent en crosse. Souvent en acajou, il repose sur une base haute et massive et des pieds extrêmement bas. Les lits de repos, beaucoup plus légers avec des montants parfois garnis de tissu.

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Les bureaux : Les secrétaires en acajou ou en palissandre sont formés de deux parties. La partie inférieure est munie de tiroirs, la partie supérieure comprend un abattant, qui abrite une série de casiers et de petits tiroirs, parfois ornés de colonnettes. On trouve aussi beaucoup de secrétaires en acajou avec l’intérieur en bois clair. Les pieds sont bas et massifs, parfois ornés d’une sculpture à volute. Le dessus est en marbre gris ou blanc, ou plus rarement en acajou. Le sommet garni d’un tiroir se termine en doucine. Ils peuvent être aussi entièrement droits. On les appelle « Louis-Philippe à angles droits ». Les bureaux plats classiques : ils sont à plusieurs tiroirs et deux tirettes de côté. Les bureaux dos d’âne sont parfois surmontés d’une petite armoire à deux portes. Les pieds sont cannelés, galbés ou simplement droits. On trouve aussi des bureaux à cylindre, des bonheurs du jour, certains bureaux inspirés du gothique, surmontés de chapiteaux à ogive.

Les tables : Les tables de salle à manger, en acajou, parfois moiré en « feuille de fougère », ou en noyer. Le plateau comporte deux abattants. Rondes ou ovales à 4. 6 ou. 8 pieds, souvent montés sur des roulettes.

Autre mobilier :Les guéridons classiques en acajou à plateau ovale et festonnés, circulaires et recouverts de marbre, soutenus par un pied central en forme de gros balustre ou lourdement sculptés, qui se divise en quatre pieds, terminés parfois en griffe de lion. Les petits guéridons ont souvent des dessus mobiles qui basculent.

Les coiffeuses et les jardinières. Toutes ces petites tables sont très répandues dans les salons et les chambres à coucher. Les coiffeuses sont munies d’un miroir, ovale ou rond, qui pivote autour d’un axe, recouverte de marbre blanc.

Ci-dessous, un modèle d’inspiration Louis XV en tulipier et en marqueterie.

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Les tables de nuit,  hautes et cylindriques, avec une porte. Dessus de marbre.

Les tables à jeu, en deux modèles A pieds cannelés, plateau rectangulaire à double boudin. Elles s’ouvrent, formant alors un plateau carré. De petite taille, à dessus de marbre, avec deux ou trois tablettes.

Les tables à ouvrage, composées d’un plateau rectangulaire à deux boudins qui repose sur 4 pieds en console et reliés entre eux par un plateau ovale ou une traverse.

Les consoles de bois sombre, à dessus de marbre. Deux pieds en crosse reposent sur une base et se terminent souvent par des griffes de lion. La ceinture comprend un tiroir.

Les bibliothèques et les armoires. Leurs sculptures sont les mêmes que celles des commodes et des secrétaires: souvent droites ou en doucine, même piétement.

Les armoires en acajou, ou d’inspiration gothique en palissandre et en sycomore. Elles sont garnies de glaces ovales ou rondes.

En revanche, les productions régionales sont plus sobres, comme l’exemple de cette armoire tourangelle ci-dessous.

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Les bibliothèques, en acajou, parfois en ébène, avec des portes vitrées.

Les instruments de musique sont très à la mode, le piano surtout, dû à Erard et à Pleyel. Il est rectangulaire à caisse épaisse, soutenu par le pied en colonnes massives réunies par un piétement sans pédale ou à pédales placées sous une lyre. A cette époque apparaissent aussi le casier à musique et le tabouret de piano à vis mobile.

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Le mobilier Napoléon III :

Style éclectique situé entre 1850 et 1890, il se prolonge suite à la fin du second Empire. Il s’exprime en architecture par le style haussmannien avec un Paris qui se transforme sous l’impulsion du Préfet Haussmann.

Tout d’abord c’est la copie et la réinterprétation des styles précédents (Louis XIV, Louis XV pour les salons, rocaille et bois doré, Louis XVI pour les chambres à coucher, Renaissance et particulièrement Henri II pour les salles à manger).

Le style Napoléon III proprement dit succède aux réinterprétations et prendra son véritable caractère : poirier noirci, incrustations de nacre, petits meubles, bibelots, sièges capitonnés.

En ébénisterie,  on utilise le procédé de contreplacage qui consiste à coller de chaque côté d’un panneau une feuille de bois mince de 3 à 4 mm d’épaisseur, dont les fibres sont croisées à 90° par rapport à celles du panneau.

Ci-dessous, les principes de construction.

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Les essences de bois : Du bois sombre ou laqué noir, du noyer, du poirier, de l’ébène, du palissandre, de l’’acajou veiné ou ciré, de l’érable, de l’amarante ou du bois de violette.
Usage d’un bois exotique, le pitchpin, qui apparaît en 1863. Autrement, du bois teinté, du contre-placage.
On emploie aussi le carton bouilli et le cuir pour les petits meubles, ou du papier mâché, pressé dans un moule pour réaliser des sièges ou des guéridons. Beaucoup d’incrustations de nacre, d’écaille, de  porcelaine ou de cuivre d’émail.

Le décor peut être aussi peint sur du bois sombre.

Le piétement : Pas de piétement « signature » pour ce style. Réemplois de pieds cambrés, style Louis XV, de pieds cannelés, ou de quelques pieds à balustre.

L’ornementation : Peu de bronzes. Une certaine préférence cependant pour les motifs de style louis XV, des moulures découpées, des feuilles d’acanthe, de la chinoiserie, de la rocaille.

Peu de motifs propres au style. On peut cependant énumérer des fleurs en bouquet, en corbeille, de nœuds, des rubans, des feuilles, des filets d’or, des médaillons, des têtes féminines et des masques en bronze doré. Des paysages aussi, et application de la marqueterie de cuivre et d’écaille pour les meubles d’inspiration Boulle.

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Les variétés de sièges : Chaises en acajou, en noyer, en palissandre, en ébène, en poirier noirci, en  bambou, en osier, en rotin. Elles sont nombreuses avec une grande variété de formes, avec des dossiers non garnis à barreaux, circulaires et découpés, à palmettes ou à dessins de bambou.
Elles sont parfois légères, entièrement en paille, en bois peint doré ou noir, incrustées de nacre à dessins et à filets or.

Sièges cannés, capitonnés ou simplement recouverts de tissu.

Trois types de fauteuils : En cuir bouilli, sièges garnis, dossiers arrondis décorés de fleurs, d’oiseaux et de paysages. En acajou d’inspiration Louis XV, munis de roulettes et recouverts d’étoffes.

Les fauteuils crapaud, entièrement en tissu, sans bois apparent, sauf pour le piétement, bordés d’une frange haute avec un dossier rond et creux, parfois légèrement enroulé vers l’arrière.

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Les sièges sont capitonnés.

Les canapés sont souvent petits, à deux ou trois places, bas, et garnis de franges, de volants ou de passementerie diverses, avec un dossier arrondi ou irrégulier.

Les chauffeuses sont des chaises basses, sans bois apparent et capitonnées et frangée jusqu’à terre.

Les confidents. A deux places, avec un assemblage de deux fauteuils à dossier bas, reliés entre eux par une liaison en forme d’S. Autre variante, les indiscrets, avec trois places en hélice.

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Les bornes, de forme circulaire, aux dossiers centraux coniques qui servent souvent de support a des plantes vertes. Elles sont placées au centre d’une pièce, en général un salon.

Les poufs ronds sont  recouverts d’étoffes et garnis de franges jusqu’au sol. Il en existe aussi reposant sur quatre pieds de bois noir, au siège recouvert de tapisseries. Un modèle typique de l’époque, le pouf à cordes, entièrement sculpté à la main, en bois naturel ou doré. Plus rares, des chaises et des glaces à cordes.

Les guéridons : En acajou et surtout en poirier noirci, avec un plateau circulaire ou festonné. Enrichis d’incrustations de nacre et de motifs peints et dorés comme des fleurs, des fruits, ou des chinoiseries. Equipés de pieds à balustre, à motifs dorés reposant sur un trépied.

Les buffets : A deux vantaux, en bois peint ou incrusté de nacre, filets et motifs or.

Les bureaux et les secrétaires : En acajou, en teck ou en bois noir, à moulures et incrustations de cuivre, d’écaille et de nacre, enrichis de bouquets romantiques, et motifs d’inspiration chinoise.

Autres petits meubles Napoléon III : Les bibliothèques tournantes, en palissandre, ou en ébène, sorte de guéridon dont le pied central est entouré de casiers où l’on place les livres.

Les jardinières aux formes variées, les tables gigognes à plateaux multiples, les étagères en acajou ou en ébène, à colonnettes sculptées. Les meubles de vannerie et de rotin manille qui sont des meubles de serre et de jardin d’hiver. Chaises, fauteuils, canapés.

Les lits : Souvent adossés au mur avec la tête plus élevée que le pied. Ils sont en bois blanc, ou blanc et or,  en bois noir incrusté de nacre et d’émail, en bois de rose avec décors de porcelaine. Ils sont souvent ornés de bronzes et de rideaux posés de chaque côté à la tète du lit.

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Le style Henri II :

C’est le nom donné au XIXe siècle aux arts décoratifs, à l’architecture et au mobilier qui s’inspire de la Seconde Renaissance française (correspondant au règne du roi Henri II). Le mobilier français copiant et réinterprétant ce style est fabriqué en série et à profusion, surtout les buffets, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

Ci-dessous, une pièce imposante attribuée à Joseph Alexis Bailli, vers 1855, et une déclinaison industrielle du mobilier Henri II.

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Ebénistes sous Napoléon III :

Mathieu Befort (1813-1880), dit Befort Jeune, se spécialise dans la fabrication de meubles en marqueterie Boulle

Henri-Auguste Fourdinois (1830-1907).

Jules-Auguste Fossey (1806-1858).

Guillaume Grohé (1808-1885)

Charles Jeanselme (1856-1930) conçoit notamment un meuble exceptionnel transformable pouvant servir de table de toilette, de lit, et de secrétaire.

Paul Sormani (1817-1866).

Jean-Pierre Tahan (1813-1892).

Les entreprises Mercier Frères et Krieger, grandes maisons d’ébénisterie, sont en pleine explosion.

Louis-Auguste-Alfred Beurdeley (1808-1882), ébéniste et bronzier.

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Une approche sur l’étude des styles et du Mobilier (4)

2025-2026, art, peinture, décoration et architecture (3-4) : autour de la méridienne de madame Récamier.

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Les visuels ci-dessous nous présentent, d’une part, du mobilier de style Directoire, qui se rapproche du style Empire, surtout pour les figures égyptiennes, avec, comme « pièce maitresse », la méridienne, au centre, similaire à celle présentée sur le tableau, d’autre part, « Portrait de Juliette Récamier » peint par Jacques-Louis David, peint en 1800.

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Page 2.

Voici la liste détaillée du mobilier présenté sur le visuel ci-dessous.

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1. Médaillon représentant un buste féminin avec le visage de profil. Une figure qui pourrait rappeler madame Récamier. Probablement fabriqué à la Manufacture de Nast, à Paris.

2. Tabouret avec un piétement en X se terminant par des pattes de lion. Assise en velours couleur crème. Essence de bois : apparemment en amarante.

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3. Fauteuil à dossier haut, garni de velours couleur vert olive tant sur l’assise que sur le dossier en crosse. Piétements arrière en crosse de sabre et piétements avant en balustre et se terminant en toupie. Les accoudoirs, au dessous ajourés, reposent sur des sphinx féminins ailés (sphinges), eux même coiffés de formes en toupie qui retiennent les dits accoudoirs. Un cône sur chacune de leur partie avant viennent « couronner » les têtes des sphinx. Essences de bois : placage de citronnier et d’amarante.

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4. Fauteuils, en deux exemplaires sur le visuel. Garnis de velours couleur vert olive tant sur les assises que sur les dossiers en crosse, les parties pleines sous les accoudoirs et les rembourrages sur ces derniers. Piétements arrière en crosse de sabre et piétements avant en balustre, et se terminant en toupie. Les dessous des accoudoirs, pleins, se rattachent aux sphinx ailés, d’une part et s’appuient sur l’assise arrière, d’autre part. Mêmes caractéristiques pour les formes en toupies et les cônes au dessus des têtes des sphinx que pour le fauteuil 3. Essences de bois : placage de citronnier et d’amarante.

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5. Siège, garni de velours couleur crème, tant sur l’assise que sur le dossier en crosse. Piétements arrière en crosse de sabre et piétements avant en balustre et se terminant en toupie. Essences de bois : placage de citronnier et d’amarante. Deux têtes de lions, apparemment, décorent le dessus de la ceinture sur la partie avant du siège.

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Page 3.

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6. Méridienne, d’un seul tenant, garnie de velours couleur vert olive, tant sur l’assise que sur les dossiers en crosse d’égale hauteur et qui se terminent en cambrure vers l’extérieur. Huit piétements. Les quatre en avant en balustre, pieds surmontés de cinq volumes ronds de type chapelet et se terminant en toupie, alors que les quatre pieds arrière, en crosse de sabre (contrairement au modèle peint sur le tableau de David). Un motif, animalier sans doute une abeille, au-dessus de la ceinture vient « coiffer » les deux piétements avant centraux. Cet élégant lit de repos est en arabesque et de style « à la turque ».

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7. Fauteuil aux mêmes caractéristiques que les fauteuils 4, à la différence que les dessous des accoudoirs sont ajourés et que lesdits accoudoirs ne sont pas rembourrés.

A noter que les fauteuils avec ou sans manchettes (3, 4, 5 et 7) présentent tous des cambrures de dossiers vers l’extérieur. Celui répertorié en numéro 5 est de type gondole avec des accotoirs reliés à la ceinture par un motif décoratif.

Les autres fauteuils, à joues ouvertes, ou, selon, à joues garnies, ont des consoles d’accotoirs sculptées de sphinges ailées, avec des accotoirs reliés aux montants du dossier courbés par un motif décoratif de palmettes.

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8. Guéridon au piétement central octogonal incurvé, et apparemment marqueté, avec des médaillons en bronze incrustés au centre sur quatre des huit faces. D’une essence de bois apparemment en amarante, un plateau circulaire en marqueterie cerclé en bronze repose sur le pied. Une incrustation d’un filet en bronze semble entourer la base du piétement central. Le piétement à la base n’est pas visible. Sans doute similaire à celui représenté sur le tableau de François-Louis Dejuinne, Madame Récamier à l’Abbaye-aux-bois, peint en1849 (à gauche de la toile).

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Page 4 et fin.

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9. Buste en bronze, d’inspiration antique et pourrait présenter des similitudes avec madame Récamier représenté sur le tableau de David (drapé transparent du buste, par exemple, et la coiffe en bandeau).

Conclusion : une grande unité dans l’assemblage du mobilier présenté sur le visuel et sans doute inspiré du tableau d’Auguste-Gabriel Toudouze, Le Salon de Madame Récamier à l’Abbaye-aux-bois, peint en 1849.

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Nicolas globe croqueur (et photographe).

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Une approche sur l’étude des styles et du Mobilier (3)

2025-2026, art, peinture, décoration et architecture (3-3) :l e style Empire.

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Notes personnelles :

Pour une meilleure compréhension des Arts Décoratifs et du mobilier en particulier sur la période qui suit la chute de Napoléon Ier en 1815, il m’apparait nécessaire d’évoquer, en préambule, le mobilier Empire. Chaquestyle, même s’il s’inscrit en rupture, a toujours repris quelques principes du style qui l’a précédé et annonce, d’une certaine manière, le style qui va suivre. Pour citer un exemple, voici ci-dessous, l’exemple du lit bateau.

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Le mobilier Empire :

Inscrit dans un style qui se situe entre 1804 et 1815, il est imposant mais d’une grande richesse, et subit toujours l’influence de l’art antique tout en s’alourdissant.

Les essences de bois :

Essentiellement de l’acajou, ronceux, moiré, moucheté, massif pour les meubles luxueux, en placage pour les meubles plus modestes. Le bâti du meuble est souvent collé assez grossièrement. L’acajou est parfois incrusté d’ébène, de bois clair ou d’acier.
Autres essences : l’érable, la loupe d’orme, le citronnier, avec incrustations d’acajou.
De rares meubles en bois peint blanc et quelques meubles rustiques en noyer.

L’ornementation :

Peu de sculptures dans le style Empire, mais beaucoup de motifs de bronze mat ou brillant, doré, noir ou vert antique. Nombreuses colonnes, droites, effilées avec laurier en bronze doré, chapiteau et base de métal doré.

Les principaux motifs : trophées antiques et guerriers, emblèmes impériaux comme le « N » couronné, l’abeille, l’aigle impérial, les étoiles, motifs égyptiens comme le sphinx, lotus. Pour les motifs animaliers, ce sont les griffons, les chimères, les centaures, les dauphins, les cygnes, les oiseaux, les losanges avec un trèfle central, des couronnes de roses et,  surtout pour les serrures, des oves, des rais de cœurs, des trèfles, des femmes aux ailes déployées et enroulées, sans oublier la branche de laurier, l’acanthe allongée et stylisée, les rosaces formées de feuilles à quatre lobes.

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Page 2.

Le piétement :

Piétements lourds, en colonne, en balustre, en gaine de sabre, en pieds d’animaux et griffes de lion, en griffons, en cariatides ailées. Ils se prolongent par des visages féminins, ou des sphinx ailés et font suite aux accoudoirs pour les sièges. Ils se terminent souvent en toupie carrée.

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Les sièges :

Ils en imposent, mais sont plus confortables que sous le Directoire. Les pieds antérieurs sont droits et travaillés. Ils montent sans interruption jusqu’aux accotoirs, auxquels ils se rattachent souvent par un buste féminin.
Les accotoirs sont droits et rembourrés. Ils reposent parfois sur des cygnes ou des lions ailés.
La ceinture du siège est large et sculptée de motifs : étoiles, rosaces, palmettes.
Les dossiers sont la plupart du temps droits, carrés et rembourrés.

Les chaises. En acajou, en bois exotique, en bois peint en gris ou en vert.

Quatre types de dossiers :

En crosse, forme empruntée au style Directoire.

En gondole.

Droits, surmontés d’un fronton triangulaire.

A bandeau.

La ceinture est ornée des motifs du style: palmettes, dessins géométriques.
Les pieds arrière sont en sabre.

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Les fauteuils. Imposants, souvent chargés de bronze doré. Pieds en forme de gaine dont l’extrémité inférieure est souvent en griffe de lion, en palmette renversée, ou en pied de sarcophage, l’extrémité supérieure étant un buste féminin ou une tète égyptienne.
Les dossiers sont généralement droits ou légèrement enroulés vers l’arrière.
Les bras se terminent souvent en col de cygne, boule ou simplement en angle droit.

Les tabourets. Ils reviennent à la mode et sont très répandus. Les tabourets Empire sont en forme d’X, sans accotoirs ou avec accotoirs, style sièges curules.

Les canapés. Le canapé devient un meuble fixe, très bas, il se rapproche du lit. Le canapé Empire est à deux dossiers d’égale hauteur enroulés vers le haut.

Piétement des canapés:
soit formé par la ceinture elle-même qui est un bloc reposant sur le sol;
soit deux par deux cubes ou deux griffes de lion.

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Les tables :

Rondes, très rarement rectangulaires ou hexagonales. Elles sont formées d’un plateau circulaire en bois, marbre, porphyre ou mosaïque.

Piétements les plus courants:

Un groupe de trois ou quatre pieds reposant sur une base uniforme ou triangulaire, pieds en colonne ou cariatides (sphinx, lions, chimères).

Un gros pied central sur une base triangulaire.

Un pilier central se divisant à la base en trois pieds terminés par des griffes de lion.

Les petites tables :

Elles sont rondes, carrées ou rectangulaires.

La table de nuit ou somno, massive et cubique.

La table bouillotte, légère et ronde, dessus de marbre, tiroirs et tirettes.

La table jardinière, en bronze doré et ciselé reposant en général sur un trépied formé d’animaux ailés ou de figures.

La table à ouvrage.

Les guéridons :

Ce sont des tablettes rondes, le plus souvent en marbre. Plusieurs déclinaisons :

A base et plateau circulaires de même dimension reliés par trois ou quatre colonnettes, motif au centre du plateau inférieur.

A pieds simples et légers.

A base triangulaire sur trois pieds souvent incurvés.

Les tables coiffeuse : 

Réduites souvent à un miroir posé sur un meuble, mais parfois une combinaison de psychés et de consoles, rares cependant.

Les consoles :

Meubles typiques de l’époque impériale.
Deux pieds avant à cariatides; sphinx, lyres ou griffons; les pieds arrière sont d’une grande simplicité.
Ceinture décorée ; motif ornemental au centre et de chaque côté au-dessus des montants.
La console repose sur un socle massif.

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Page 4.

Les commodes :

Rectangulaires et en bois sombre, recouvertes d’un plateau de marbre gris foncé ou noir.

Les commodes Empire sont le plus souvent à trois ou quatre tiroirs et ornées de bronze, avec des cariatides aux angles et des palmettes.

Elles peuvent être aussi composées d’un tiroir en ceinture et de ventaux qui referment trois rangées de tiroirs comme sur l’exemple ci-dessous, en acajou et encadrée de bronzes dorés, estampillé Jacob Desmalter.

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Les bureaux :

Les tables à écrire :

Quatre pieds puissants reliés par une traverse portent un épais plateau à dessus coulissant qui recouvre la table à écrire proprement dite.

Les bureaux ministre :

Meubles importants et lourds, caissons latéraux et tiroirs superposés, socle plein. Une nouveauté: le bureau-piano, dont le plateau peut s’élargir et reculer au moyen d’un mécanisme à crémaillère.

Le secrétaire à abatant (le plus courant).

Simples et élégants. En acajou massif avec un intérieur le plus souvent en citronnier. Plateaux en marbre aux montants étroits surmontés de cariatides ou de cygnes. Tiroir situés sous la tablette supérieure.  La partie supérieure comprend l’abattant qui découvre une série de tiroirs et de niches encadrés parfois par un portique ou une arcade à colonnettes. La partie inférieure se compose de trois tiroirs ou deux vantaux.

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Page 5.

Les secrétaires à cylindres.

Imposants, composés d’un corps en cylindre supporté par deux groupes de quatre pieds. Au-dessus du cylindre: une bibliothèque ou une rangée de tiroirs.

Les bonheurs du jour. 

Plus rares avec un corps massif et rectangulaire reposant sur une sorte de console rectangulaire à socle.

Les psychés :

Composés de deux montants droits en colonne ronde ou carrée, ornés de motifs de bronze et de guirlandes surmontées d’un motif comme une pomme de pin, ou une tête antique, ou  une urne, ou un vase. Souvent munies de bras de lumière, parfois montées sur un sphinx ailé. Le cadre cerne une grande glace rectangulaire ou ovale. Le piétement est en socle massif ou formé de quatre pieds bas en X.

Les armoires :

Moins à la mode sous ce style, on trouve plutôt  à cette époque le bas d’armoire pus à la mode qui est une sorte de commode haute à deux vantaux dissimulant souvent des tiroirs.

Les bibliothèques :

Imposantes et généralement sans pieds. Elles reposent sur leur soubassement et sont à grandes vitrines, qui s’arrêtent souvent en hauteur aux 2/3 du meuble. La partie inférieure est plus ou moins décorée.

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Page 6.

Les lits :

Pas de lits de milieu. Les lits Empire sont adossés au mur et sont souvent posés sur une estrade.

Le lit-bateau, ou en gondole est rehaussé de bronze, simplement peint ou sculpté, avec eux traversins à la tête et au pied. Les deux dossiers sont d’égale hauteur et incurvés vers l’extérieur.

Le lit droit, avec deux dossiers droits, à pilastres ou à cariatides.

Ci-dessous, « Chambre de l’Empereur à Versailles », travail d’étudiant (Académie Charpentier, section architecture intérieure, promotion 1990).

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En ce qui concerne l’hygiène, le mobilier n’est pas en reste, et concerne la table de toilette et le lavabo. 

Les meubles les plus courants sont les tables de toilette qui se composent d’une ceinture à plateau de marbre, supportées par des pieds en X ou en lyre. Sur le plateau, de chaque côté, deux montants de bronze en forme de candélabre ou de carquois à bras de lumière supportant un miroir mobile.

Les lavabos, inspirés du trépied antique se composent de trois pieds terminés en griffe d’animal reposant sur une base, avec deux plateaux. Celui, en partie supérieure porte la cuvette, l’autre, en partie inférieure est appelé aussi tablette d’entrejambe et porte le pot à eau.

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Page 7.

Deux pièces emblématiques du style Empire :

L’athénienne :

Une athénienne est un meuble qui peut avoir trois fonctions, lavabos comme ici, jardinière ou brûle-parfum. Le mot apparaît en 1763, sous le règne de Louis XV, au moment de la présentation du tableau éponyme de Joseph-Marie Vien, qui montrait une prêtresse à Athènes célébrant le culte d’Athéna en utilisant un meuble de ce type. Le tableau fut largement gravé et diffusa ce type de meuble dans l’Europe entière.

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Ce meuble ne pouvait qu’être un élément soulignant le prestige de l’Empereur Napoléon Ier, qui n’a pas manqué de s’en commander une, et c’est l’orfèvre Martin-Guillaume Biennais qui s’en est chargé en 1800.

Ci-dessous, les détails reprennent les codes qui caractérisent le style Empire comme les pattes de lion, les dauphins qui ornent les pieds du meuble à la jointure de la tablette qui porte l’aiguière en argent, ce vase à eau, muni d’une anse et d’un bec, sans oublier les cygnes qui supportent la bassine.

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Page 8.

La méridienne :

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Rendu plus célèbre grâce au tableau « Madame Récamier » peint par David, cette œuvre inspiré des artistes, comme René Magritte ou des contemporains et des publicitaires en particulier, comme ceux qui ont imaginé la campagne d’affichage et le spot télévisuel de la marque Jean Prévost en 1982.

Bien qu’opposante au régime de Napoléon Ier, ce qui lui vaudra l’exil, d’ailleurs, madame Récamier, paradoxalement, n’en a pas moins adopté le style du mobilier de l’époque.  Autrement dit, ce tableau est un élément qui contribue à la valorisation du style Empire qui se réfère à une antiquité romaine fantasmée et idéalisée, accentué par la pose du modèle et les plus du drapé de sa robe. Tout laisse à supposer que madame Récamier se voudrait patricienne romaine. Le candélabre à gauche non seulement contribue à l’équilibre du tableau, mais aussi accentue l’esprit antique.

A noter que la hauteur des deux dossiers en crosse de la méridienne est identique mais il existe aussi des modèle avec des hauteurs différentes.

L’essence du bois semble être de l’acajou moucheté, mais le piétement qui se termine en toupie est accentué par l’application d’un vernis foncé, contrairement aux autres parties sur lesquelles est appliqué un vernis clair. Cependant, le meuble qui a servi de modèle est en placage de citronnier et d’amarante.

Les ornemanistes et les ébénistes sous l’Empire :

Charles Percier (1764-1838) et Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853) sont les deux principaux architectes-décorateurs du Consulat et de l’Empire.

Georges II Jacob (1768-1803) et François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter (1770-1841).

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Page 9 et fin.

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Page 11.

Analyse du mobilier ci-dessous.

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Le nom : Console murale

Le style : Premier Empire

La fonction : Meuble d’apparat servant de support, pour les mettre en valeur des pièces tout aussi prestigieuses, voire plus que le meuble lui-même. Cela peut-être des vases, et/ou une pendule, un buste, « à la gloire » de tel ou tel personnage important à commencer par l’Empereur lui-même.

Les matériaux des différentes parties : chêne, acajou, bronze patiné et doré, marbre bleu veiné.

Les particularités : de bas en haut : socle rectangulaire apparemment en chêne sur lequel reposent en façade deux cariatides en bronze patiné et doré, elles même posées sur un support en bronze doré. Les deux pilastres arrière en acajou, encastrés au sol par une ceinture rectangulaire apparemment en bronze doré sont aussi ceinturés sur leur partie supérieure par deux filets du même métal et du même rendu.

Deux filets en bronze doré de largeur différente ceinturent la partie sommitale en acajou avant que celle-ci ne parte en bizot. Repose sur celle-ci un plateau en marbre bleu veiné.

Conclusion : un meuble, le plus utilisé à cette époque, inspiré de ceux estampillés des frères Jacob, François-Honoré-Georges et Georges comme l’exemple sur la planche suivante. C’est uns ensemble strictement symétrique fait de lignes pures et droites. Les deux piliers pleins en arrière et qui rejoignent le socle rectangulaire massif est typique du style Empire, tout comme les deux cariatides, ces figures féminines drapées et sculptées qui sont empruntées aux temples antiques. Elles symbolisent un témoignage de l’influence antiquisante du style Empire

Par la reprise de ce type d’éléments, Napoléon souhaitait ainsi s’identifier aux empereurs historiques.

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Page 12.

Pour aller plus loin :

Console estampillée des frères Jacob.

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Page 13.

Biographie des frères Jacob et de leur ascendant et du descendant de François-Honoré-Georges (extraite du site https://www.napoleon.org/).

Georges Jacob (1739-1814), le père, le grand Jacob, est né à Cheny, près de Migennes (Yonne), le 6 juillet 1739.

Il était le fils d’Étienne Jacob (1705-1755), vigneron, et de Françoise Beaujean, son épouse. À la mort de son père, Georges vient à Paris, travaille chez un maître ébéniste et accède à la maîtrise en présentant, pour son chef-d’œuvre, un petit fauteuil de bois doré (4 septembre 1765). Deux ans plus tard, il épouse, à Paris, Jeanne Loyer, originaire d’une famille de brodeurs, âgée de seize ans (1751-1817) ; ils auront cinq enfants, dont les deux aînés, Georges II et François seront, eux aussi, des ébénistes.

Très vite, une belle clientèle permet à Georges Jacob d’installer ses ateliers, d’abord rue de Cléry, puis, en 1775, 57, rue Meslée (aujourd’hui Meslay, Paris, IIIe), avec de vastes ateliers et hangars, où il occupe, au premier étage, un appartement d’une dizaine de pièces. Il fabrique alors, dans le style Louis XVI, du mobilier de salon et de chambre à coucher (fauteuils, chaises, canapés et lits de repos). Notamment, il est le fournisseur des Tuileries, de Marie-Antoinette et des princes, frères du Roi.
Lors de la Révolution, il est ruiné par l’Émigration (ses débiteurs partent sans le payer). Et, compte tenu des événements, il abandonne le style Louis XVI et opte pour le style gréco-romain, imaginant de nouvelles formes et employant essentiellement l’acajou, en véritable précurseur du style Empire. Cette novation se retrouve dans le mobilier qu’il fournit au peintre David et celui qu’il fabrique, en collaboration avec Percier et Fontaine, pour la salle de la Convention. Sa production porte l’estampille G.Jacob.

Sous la Terreur, il passe, par trois fois, devant le Tribunal révolutionnaire, accusé d’avoir travaillé pour Capet et les ci-devant nobles. Malgré le don de 500 crosses de fusils et la protection de David, il est incarcéré à la Conciergerie et n’est libéré qu’après le 9 thermidor (27 juillet 1794).

Ensuite, Georges Jacob, qui a 55 ans, fait confiance à ses deux fils aînés, Georges II et François, depuis longtemps associés à ses travaux. Il leur loue son entreprise, sous la raison sociale de Jacob Frères (1796), puis, après la mort de l’aîné, Georges II (1803), en constituant avec le cadet la Société Jacob-Desmalter et Cie, qui travaillera activement pendant tout l’Empire. Georges Jacob père est arbitre auprès du Tribunal de commerce de Paris.
Cependant, la crise économique et les retards de paiement de l’État entraînent la faillite de la société en octobre 1813. Georges Jacob, qui s’était porté caution, est ruiné. Agé de 74 ans, en mauvaise santé, il se retire dans une institution de Chaillot. En novembre 1813, l’architecte Fontaine, qui surveille les travaux du palais du Roi de Rome, sur la colline de Chaillot, le présente à Napoléon, qui promet de le secourir. Mais l’Empire touche à sa fin et Georges Jacob meurt peu après, rue Meslay, le 5 juillet 1814.

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Page 14.

Georges II Jacob, dit l’Aîné (1768-1803).

Né à Paris, le 26 mai 1768, il travaille très tôt avec son père et il est associé avec son frère, François, sous la raison sociale Jacob Frères ; les deux frères exerceront cette activité de 1796 à 1803, date de la mort de Georges II.
Demeuré célibataire, Georges II Jacob vivait dans la maison familiale, rue Meslée. De santé fragile, il s’occupait surtout de l’administration de l’affaire. C’est son frère, François, qui assurait la direction technique de la fabrique. Leurs productions porteront l’estampille Jacob Frères, Rue Meslée. Elles rappellent encore par l’élégance de leurs lignes et l’emploi de l’acajou et de différents bois, ornés de diverses incrustations, celles de la période précédente (Guy Ledoux-Lebard). Leur nouvelle ligne générale met fin à la sévérité caractérisant le style Directoire et autorise à une première rencontre avec les formes tout en rondeur de la période qui s’annonce, celle de l’harmonieux et apaisé Consulat (David Chanteranne).

C’est aux Frères Jacob que Joséphine Bonaparte commande des meubes délicats, aux formes nouvelles, pour sa maison de la rue Chantereine. Peu après, ils meublent l’hôtel de Madame Récamier, rue du Mont Blanc (Chaussée d’Antin), selon les projets de l’architecte Berthault (voir Le mobilier de Mme Récamier, par D.Chanteranne, Revue Napoléon Ier, n°6, janvier-février 2001, p.66). Le lit de Mme Récamier (Musée du Louvre) utilise, pour la première fois, la forme  » bateau  » ainsi que les cygnes au titre de la décoration.
En 1800, le Premier Consul leur commande tout le mobilier de Malmaison et celui des Tuileries. Parmi leurs autres clients, on peut citer le général Moreau, Cambacérès, Gaudin, Mlle Mars…

Aux expositions des produits de l’Industrie de l’an IX (18 septembre 1801) et de l’an X (22 septembre 1802), installées dans les galeries du Louvre (1), les frères Jacob sont récompensés par une médaille d’or :  » Leur style est d’un plus grand caractère, les détails de la sculpture y sont traités avec perfection « .
Quant Chaptal visite leur fabrique, en mars 1803, il y découvre de nombreux ateliers : menuiserie en bâtiment, menuiserie en meubles, sculpture en figures, sculpture en ornements, tournage, peinture et dorure, ébénisterie, polissage, fonte moulure, dorure sur métaux, moulure, tapisserie et serrurerie-mécanique : 322 ouvriers, 11 contremaîtres et 9 apprentis y travaillent.
Les projets de dessins de meubles, demandés à Percier et Fontaine, sont mis en oeuvre par les meilleurs artistes et artisans de l’époque. Toutes les espèces de bois sont utilisées, surtout l’acajou, l’ébène et l’if des Indes.

Georges II Jacob meurt à Paris, le 23 octobre 1803, à 35 ans. Il est inhumé à l’ancien cimetière Sainte-Marguerite jouxtant l’église de même nom (actuellement, 36, rue Saint-Bernard, Paris XIe).

François-Honoré-Georges Jacob (1770-1841).

Né à Paris, le 6 février 1770, il avait, lui aussi, fait son apprentissage chez son père et ajouté à son nom patronymique celui de Desmalter, en souvenir d’une terre de ses aïeux, à Cheny, en Bourgogne,  » Les Malterres « . Il s’était marié, le 21 avril 1798, avec Adélaïde Anne Lignereux, âgée de seize ans, fille de l’ébéniste Lignereux, dont il aura 5 enfants (4 filles et 1 fils, Georges Alphonse, voir ci-dessous).

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Page 15.

À la mort du fils aîné, Georges II, le grand Georges Jacob, le père, revient aux affaires et forme une nouvelle société avec son fils cadet, François (13 novembre 1803), sous la raison sociale Jacob Desmalter et Cie. Les productions de cette nouvelle société porteront l’estampille Jacob D (Desmalter), R. Meslée, ou, plus rarement, J.D. Leur activité est intense, les commandes affluent.
Bientôt, la société est à son apogée et les fils Jacob accèdent au titre envié de  » Menuisier-ébéniste-fabricant de meubles et bronzes de Leurs Majestés Impériales… ».
Ils vont meubler la Cour impériale et les grandes familles françaises, mais un tiers de leur production partira à l’étranger. Le garde-meuble impérial reste le principal client des Jacob et il est impossible de citer les centaines de meubles qu’ils livrent pour les résidences impériales, tant en France (Tuileries, Élysée, Malmaison, Saint-Cloud, Compiègne, Fontainebleau, Rambouillet, Trianon, Strasbourg) qu’à l’étranger (château Stupinigi près de Turin, de Monte-Cavallo à Rome et de Laeken, aux portes de Bruxelles).
Il faut y ajouter les fournitures pour le service de l’Empereur aux armées (2) pour ses frères et soeurs, le Corps législatif, le conseil d’État, ou celles fournies à l’occasion du sacre à Notre-Dame.
Parmi les plus célèbres : la chambre de Napoléon Ier et celle de l’Impératrice Joséphine (Malmaison), le trône des Tuileries, celui de Saint-Cloud (1804), installé à Fontainebleau en 1808 (Fontainebleau, Musée Napoléon Ier), le grand serre-bijoux de Joséphine (1809, Louvre), le berceau du Roi de Rome commandé en 1810 avant sa naissance (Fontainebleau).

Comme on a pu l’écrire :  Le mobilier Empire demande à être bien regardé. Les lignes sont toujours claires, les proportions parfaites. Parfois injustement taxé de rigidité, il étonne par la variété des détails que l’on découvre et qui, souvent discrets, contribuent à une harmonie d’ensemble. Le parti décoratif reste, le plus souvent, un savoir-faire du bois  » (Marie-Noëlle de Grandy, Le style Empire, sous la direction de Bernard Chevallier, Valmont Éditeur, octobre 2000, un magnifique ouvrage). Sur le joli ton de l’acajou, se détachent des ornements en bronze doré et ciselé, qui forcent l’admiration.

Mais les difficultés économiques (la crise de 1810), les retards de paiement de l’État, les prévisions optimistes du fils Jacob, qui avait vu trop grand, la volonté d’éviter des licenciements, entraînent la faillite (15 octobre 1813). Les scellés sont apposés sur les magasins et l’appartement de la rue Meslée. Cependant, les créanciers renouvellent leur confiance, accordent un concordat (18 février 1815) et la maison retrouve sa prospérité.
Sous la Restauration, elle reçoit des commandes de Louis XVIII, pour les résidences royales, de la duchesse de Berry, pour Rosny-sur-Seine, et de nombreux particuliers.
Le 1er janvier 1825, François Honoré Georges Jacob cède son affaire à son fils, Georges Alphonse, et se rend en Angleterre, appelé par le roi Georges IV, pour décorer Windsor. Après un séjour à Rome (1833), il revient à Paris, où il meurt, le 15 août 1841, à 71 ans.

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Page 16 et fin.

Georges Alphonse Jacob-Desmalter (Paris, 25 février 1799, Paris, 7 juin 1870).

Il avait été l’élève de son père et de l’architecte Percier. Il prend la direction de l’affaire le 1er janvier 1825. Mais ne pouvant rivaliser avec les fabriques modernes (le métier s’était trop industrialisé), il cède son affaire, en 1847, à la maison Janselme, et se consacre désormais, jusqu’à sa mort, à l’architecture. Il avait épousé Hortense Ballu, soeur de Théodore Ballu, un architecte réputé.

Ci-dessous, deux fauteuils d’une suite de quatre du château de Fontainebleau, créés par le frères Jacob.

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Nicolas globe croqueur (et photographe).

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Une approche sur l’étude des styles et du Mobilier (2)

2025-2026, art, peinture, décoration et architecture (3-2) : du style Louis XVI au directoire.

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Le mobilier Louis XVI et Directoire.

Le mobilier Louis XVI :

Le Style Louis XVI s’étend sur presque une cinquantaine d’années,  précisément entre 1750 et 1795. Sans doute en réaction du style qui l’a précédé, et particulièrement le style Rocaille, les lignes contournées sont abandonnées pour les préférer à des lignes droites, accompagnées par une ornementation d’une grande légèreté. Sous l’influence de Marie-Antoinette, plus portée sur les arts décoratifs que son époux, l’époque est éprise de plus de naturel et de plus de simplicité.
Plutôt une grande sobriété, des meubles équilibrés et bien proportionnés, de formes géométriques comme le carré, l’ovale, le rectangle, et le rond.

Ci-dessous, les formes géométriques des meubles Louis XVI.

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Les éléments géométriques de l’Antiquité sont repris comme, pour n’en citer que quelques uns, les perles, les entrelacs, les gouttes, les denticules.

Des nouveautés, comme le chapelet de piastres, les baguettes enrubannées, le médaillon ovale. S’ajoutent des références à la faune, comme des représentations de l’aigle, du dauphin, de la tête de bélier, du sphinx grec (à corps de lion ailé et buste féminin).


Abondance de production de meubles Louis XVI, conçus avec goût et fantaisie. Retour de l’inspiration des formes antiques et de leur pureté en partie grâce aux fouilles effectuées sur les sites d’Herculanum et de Pompéi.

Le papier peint apparait, ainsi que les motifs en trompe-l’œil, et le désir d’imiter, se fait plus présent, grâce aux talents des peintres : faux marbres, faux bois, imitation à la perfection de la pierre, du métal etc…

Emploi de plaques de porcelaine dans le mobilier, ainsi que des laques d’Extrême-Orient. Beaucoup de bois sont peints ou laqués en couleur claire: blanc, gris, gris-bleu, vert, ivoire, rose, lilas, rehaussé de filets dorés.

Le bronze doré est toujours présent et un alliage de cuivre, d’étain et de zinc appelé chrysocale, avec pour effet d’imiter l’or, fait son apparition.

Pour les essences de bois : L’acajou est très employé, moucheté, moiré, chenillé ou ronceux, verni (au tampon) ou ciré, en placage pour les grandes surfaces, en massif pour les montants des meubles. L’ébène revient à la mode, le palissandre, le hêtre, le noyer ciré, l’érable, l’if, l’amarante, le chêne pour les bâtis, les fonds et les tiroirs. Les meubles plus ordinaires sont polis, les plus beaux, plaqués ou marquetés.

Une mention particulière pour la marqueterie aux essences en bois de rose, de palissandre ou en bois de violette de conception géométrique, grecque, en guirlandes de fleurs, en bouquets, en damiers. Les motifs floraux ont une grande importance.

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Rien n’est perdu. On utilise aussi les défauts du bois : la loupe, la ronce de noyer.

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A noter que la coloration des meubles sous Louis XVI est nettement plus foncée que ceux du règne qui a précédé.

Entamé déjà sous Louis XV, l’importance apportée à l’hygiène, qui plus est, sous l’impulsion de la reine, augmente. Elle possède, par exemple, une baignoire à sabots. Le visuel ci-dessous nous montre qu’elle pouvait être conçue avec autant de raffinement qu’une commode, un bureau ou un siège.

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Les salles de bains feront leur apparition par la suite. Autre nouveauté, la table de la salle à manger. Autrement dit, l’attribution de fonction pour chaque espace va d’avantage se développer.

De grands ébénistes vont accompagner le mouvement, comme Jean-François Leleu, Jean-Henri-Riesner, la famille Jacob, particulièrement Georges et François-Honoré-Georges, Martin Carlin. Ne pas oublier, non plus, un ciseleur, comme Caffiéri ou le sculpteur Houdon.

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Le mobilier :

Avant d’en établir la liste, arrêtons-nous sur le piétement.

Les pieds sont droits et légers, en colonnette cannelée en longueur ou en spirale, en colonnette droite, carrée à angles vifs, plus rarement en carquois, en flambeaux, en fuseaux ou en lyre. Ils se terminent en sabot, en serre d’aigle ou en toupie et sont raccordés aux meubles par le cube souvent orné d’une rosace.

Au profil du cavet appliqué sur les supports d’accotoirs succède le léger balustre.

Ci-dessous, les formes des pieds et celles des dossiers de chaises et des chevets de lits.

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Les peintures des sièges et des lits, lesquels sont parfois dorés où au naturel, s’accordent avec les tons des tentures de la pièce. Apparition de la toile de Jouy.

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Les sièges :

En noyer ou en hêtre. Souvent en bois peint de couleur pâle, en acajou surtout, bois laqué ou simplement ciré. Certains sièges, certes très luxueux et dorés, sont, en revanche, moins confortables que ceux de l’époque précédente, mais gagnent en finesse et en équilibre. Leurs pieds sont en colonnette amincie à la base, cannelée, ou en spirale et sont raccordés à la ceinture par un cube orné d’une rosace ou d’une marguerite. A noter que les pieds arrière restent droits.

Les chaises Louis XVI sont en noyer, hêtre ou acajou, ou en bois doré. Elles peuvent être peintes, composés de pieds ronds et cannelés, en gaine, ou parfois en console. Leurs dossiers sont très variés : carrés, en lyre, bois ajouré, en raquette, en gerbe, à chapeau, à médaillon ou à colonnes détachées, entièrement en bois ou garnis de tissu. Elles peuvent être garnies de cuir ou de tissu et sont cannées ou paillées.

Les bureaux :

Les bureaux en cylindre. Très en vogue, appelés de nos jours bureaux américains (moins chic !!!). Ce sont plutôt des meubles dits masculins, par leur aspect imposant. Le dessus du meuble est en marbre, à galerie de cuivre. Un volet arrondi s’abaisse de haut en bas et actionne le plateau du bureau lui-même. Sous le plateau: tiroirs et niches et possèdent huit pieds en groupe de quatre et lorsqu’ils sont plus petits quatre pieds seulement.

Les bureaux plats.  Pieds droits, en gaine, dessus droit et recouvert de cuir, à angles arrondis ou vifs. La ceinture comprend trois ou cinq tiroirs avec des poignées sont en forme d’anneau.

Le bonheur du jour. Meuble précieux, typiquement féminin, il est formé d’une table sur laquelle repose en retrait une petite armoire fermée par deux portes de bois, glace ou vitre, parfois abritant une bibliothèque. Le plateau peut être simple ou avec un abattant cylindrique. Le dessus est en bois ou en marbre, entouré d’une galerie de bronze ou de bois.

Ci-dessous, l’exemple d’une table circulaire et d’un bonheur du jour.

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Les secrétaires :

On peut les diviser en trois parties.

La partie inférieure garnie de trois tiroirs ou de deux vantaux

La partie moyenne qui comprend l’abattant formant tablette lorsqu’il est ouvert et découvrant les tiroirs et les casiers. Ils sont en général réalisés avec des compas d’abattants, qui suivent leur mouvement et retiennent ledit abattant.

La partie supérieure munie d’un tiroir formant la ceinture est recouverte de marbre, parfois entourée d’une galerie de cuivre.

Les pieds sont en bas en toupie ou en gaine, et se prolongent dans les montants en colonne, plats ou à pans coupés.

Les commodes :

En général, leurs façades sont plates et rectangulaires, en lignes droites, en acajou, avec un dessus de marbre gris ou blanc, et des motifs en bronze ciselé. Elles ont entre 70 cm et 1 m 20 de largeur. Deux types se distinguent, à deux tiroirs, aux pieds élevés, à trois tiroirs, aux pieds bas.

Le piétement : à balustre, en toupie, en pied de biche qui se prolonge dans les montants et la ceinture.
Même si les commodes Louis XVI les plus courantes sont rectangulaires et droites, souvent à trois petits tiroirs dans la partie supérieure, avec rosaces de bronze, avec des motifs très caractéristiques en rectangle aux angles rentrants, colonnes à cannelures sur les côtés, il en existe aussi avec des profils différents :

En demi-lune construite sur un plan en arc de cercle, souvent adossée au trumeau. Parfois elles se caractérisent par les tiroirs du milieu qui forment saillie sur la façade.

En desserte plate sur la façade, comprenant deux ou trois tiroirs et, de chaque côté, deux étagères latérales, superposées.

En console, meuble élégant en demi-cercle, haute ceinture avec tiroir, tablette beaucoup plus basse.

En console servante, ouverte de face ainsi que sur les côtés, tiroir supérieur dans la ceinture.

Ci-dessous, commode attribuée à Riesner, château de Chantilly.

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Les chiffonniers :

Les plus courants mesurent 1 m 50 de hauteur sur 30 cm de largeur, et comportent généralement cinq tiroirs.

Les tables :

Les tables de salles à manger commencent à se répandre et sont en acajou ou en bois fruitier, de formes rondes ou parfois ovales, avec rallonges et abattants sur les côtés. Les pieds sont nombreux, quatre, six, huit en général, ronds, cannelés ou gainés en forme de carquois. Celles à six couverts sont sans rallonges.

Les petites tables :

La table à la Tronchin. Par un système de crémaillère, une tablette munie d’un abattant était haussée au niveau désiré, l’abattant lui-même pouvait s’incliner de toutes les façons.

La table en rognon. Souvent à trois tiroirs, dessus en marbre entouré d’une galerie de bronze. La table à jeu et la table à trictrac.

La table bouillotte. La table bouillotte est circulaire, avec un dessus de marbre ceinturé d’une galerie, deux petits tiroirs et des tablettes dites à tirants.

La table liseuse. Elle est formée de deux plateaux circulaires montés sur un même pied. Elle sert aussi de table à ouvrage comme de table à déjeuner.

Le guéridon. Une seule tablette toujours un pied tripode.

Les vitrines (nouveau) :

Elles sont nouvelles à cette époque.  Ce sont des armoires vitrées, destinées à placer des bibelots et les protéger de la poussière, et sont garnies de montants ou de simples baguettes moulurées, avec des pieds souvent en toupie.

Les lits :

En acajou ou en bois peint, parfois dorés, avec des montants sont en bois, le plus souvent garnis de tissu, et à dossiers droits, ou à chapeau, ou à colonnes détachées surmontées d’un plumet ou d’une pomme de pin.

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Autres mobiliers :

L’athénienne est un meuble qui s’inspire du trépied antique. Dans l’Antiquité, le trépied était un petit meuble tripode soutenant une cuve. Généralement en bronze, il pouvait également être en cuivre, en argent, en pierre ou en or. Certains étaient d’usage courant et faisaient office de brasero, d’autres, étaient offerts dans les sanctuaires en hommage aux divinités.

C’est un haut meuble tripode de forme circulaire ou hexagonale supportant un plateau incurvé ou droit. Ses trois pieds sont généralement réunis par des entretoises formant tablette ou socle.

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La tricoteuse servait d’appoint près d’un siège ou d’une table de salle à manger.

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La jardinière. Ci-dessous, un exemplaire en acajou de Cuba.

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Le mobilier Directoire :

Une harmonieuse transition entre le style Louis XVI et le style Empire, estimé pouvant s’étaler sur quinze ans entre 1789 et 1804 (période révolutionnaire de 1789 à 1792, de la Convention entre 1792 et 1795, du Directoire entre 1795 et 1799 et du Consulat entre 1799 et 1804), mais s’étalant plutôt entre 1792 et 1804.

Les bouleversements historiques sur cette période par la disparition provisoire de la clientèle de luxe (noblesse et haut clergé), accentués par la suppression des corporations obligent à avoir une approche différente dans l’artisanat, ce qui ne vaut pas dire que rien ne se passe.

Ce qui caractérise le style Directoire, c’est toujours de se référencer à l’art antique mais avec une interprétation avec plus de légèreté (le style dit « à l’étrusque »).

Le style Directoire est un style néo-classique.

Les essences de bois :

Dans la continuité de la période précédente, c’est surtout de l’acajou et des bois fruitiers qui sont utilisés comme le citronnier, l’érable, l’orme, le noyer, le hêtre pour les bois peints. Ils sont blancs, gris, vert d’eau ou soufre à filets ou à dessins. Peintures jaspées et faux marbre. Beaucoup d’incrustations d’ébène.

L’ornementation :

Les principaux motifs sont : des palmettes grecques, des vases antiques, des urnes sculptées, des colonnes détachées, des flèches, des lions ailés, des rosaces inscrites dans un losange ou un carré, des dragons, des sirènes, des bustes féminins avec ailes d’aigles, des sphinx grecs portant sur la tête un panier de fruits.


S’ajoutent des motifs révolutionnaires comme la victoire ailée coiffée d’une lyre, des rameaux de chêne, des tables de la loi, des mains jointes, des yeux  et des coqs gaulois, des casques et des trophées, des peupliers, des cocardes, des piques.

Ce que l’on trouve couramment sur les sièges et sur les armoires sont la marguerite, à la ceinture et à la tête des pieds, et le losange, sur les armoires, les dossiers et les supports d’accotoir des sièges

Les bronzes sont peu nombreux : plaques de cuivre en losange, en écusson, têtes d’animaux, petits masques de personnages, quelques baguettes.

Le piétement :

Il est  en colonnettes trapues, à gaine, ronds, cannelés et se termine souvent en boule.
Le piétement arrière des sièges est le plus couramment en sabre, parfois en patte d’animal.

En page suivante, quelques exemples de piétements et d’ornementations.

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Les sièges :

Les chaises et les fauteuils n’ont pas encore l’aspect imposant du style Empire et  sont souvent en bois clair, en acajou ou en bois peint.

On trouve le dossier à crosse, le sommet s’enroule en volute vers l’arrière, ou le dossier à corne légèrement concave et cintré, il s’évase de bas en haut et se termine soit en volute, soit en angle aigu.

Deux traits caractérisent ces sièges : la palmette en coquille surmontant les bras des fauteuils ou le carré, lequel, auparavant était inscrit parallèlement au cube, mais est maintenant inscrit en diagonale, et contient une rosace ou une marguerite.

L’essence du bois des chaises est en acajou, en bois fruitier, en hêtre, et quelques-unes sont peintes. Les motifs sont sombres sur fond clair, et le dossier est généralement entièrement en bois. La forme la plus courante est le haut dossier terminé par un large barreau décoré en bas-relief, la partie centrale étant ajourée, en palmette, ou en losange ou à simple grille.

Les pieds sont droits, ronds ou carrés et ceux en arrière sont renversés, dits « à l’étrusque ».

Les chaises sont recouvertes de tissu à rayures.

Les fauteuils ont les mêmes caractéristiques que ces dernières, avec des accotoirs terminés en boule ou en volute, et reposent sur des supports en balustre qui rejoignent la ceinture.

Les sièges curules, inspirés des sièges antiques, ont des bras et les pieds formant un X.

Les commodes :

Elles sont géométriques et simples, à cotés droits et plats. Les moulures sont rares. Composées à trois tiroirs, dont celui du haut plus étroit. Pieds droits, généralement à gaine, ou en griffe de lion.

Les commodes sont souvent ornées de colonnes en forme de cariatide, palmettes ou couronnes à chaque angle.

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Les tables :

Les salles à manger sont très répandues, avec des tables ovales ou rondes, à abattants, en acajou ou en bois peint, à 4 ou 6 pieds.

Les petites tables :

La table bouillotte, servant au jeu de carres, est ronde avec un dessus de marbre, deux tiroirs et deux tablettes mobiles.

Les guéridons, sont toujours en acajou, de forme ronde, à dessus en marbre ou en bois. Ils reposent sur un fût et une base en trépied.

Les psychés (nouveau) :

Création du Consulat, c’est le meuble typique des « merveilleuses » et de Joséphine. Il s’agit d’une grande glace basculante prise entre deux montants verticaux au socle massif, entourée d’un cadre bandeau. Est parfois montée sur des pieds en X.
Lorsqu’ils sont droits, ces accessoires sont surmontés d’un emblème de bronze, vase, urne, tête antique, guirlandes, enroulements. Souvent ils portent deux bras de lumière en métal ciselé sur les côtés.

Les lits :

Ils sont souvent en bois peint à filets et motifs foncés avec deux dossiers à colonnettes détachées encadrant un panneau sur le fronton, orné d’un motif, et se termine en volute.
On trouve aussi les lits de repos à deux dossiers à crosse ou une méridienne à un seul dossier.

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Page 12.

Analyse de Meuble.

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Le nom : Secrétaire à abattant.

Le style : Louis XVI.

La fonction : Meuble de travail, et pour être plus précis, un meuble de bureau servant à l’écriture, à la correspondance, au rangement des documents supposément plus ou moins confidentiels (sinon, il n’y aurait pas de serrure) et courriers. Il peut aussi servir à la lecture, en fait, l’usage est à discrétion de la personne qui choisit sa destination. Au XXIe siècle, il peut servir à poser un ordinateur portable pour l’utiliser.

Les matériaux des différentes parties : placage acajou, orné de filets de bronze doré pour le piétement et les trois parties. Plateau en marbre, qui semble être gris sur la photo.

Les particularités : de bas en haut : piétements en toupie (bronze doré à la base, puis acajou cerclé de bronze doré). Viennent ensuite deux ventaux plaqués acajou dans chacun desquels est incrusté un cadre de baguettes en bronze doré, alliage qui entoure aussi les quatre serrures de ce meuble. Vient ensuite le plateau qui s’ouvre à l’horizontal dans lequel est encastré un cadre en baguettes de bronze doré. Sur la troisième et sommitale partie, un tiroir en façade conçu en façade de la même manière que les deux premières parties et complétée par deux poignées du même matériau que les parties métalliques du meuble. De forme architecturée, sa façade et ses côtes sont encadrés de colonnes cannelées.

Très certainement derrière l’abattant, des tiroirs, des casiers, et un revers gainé de cuir.

Conclusion : un meuble d’une extrême sobriété, peut-être pas d’époque, mais conçu dans l’esprit des secrétaires de l’ébéniste Etienne Avril (1748-1791). Le mobilier, dans les années 1780, reflétait le goût français pour les meubles en acajou, inspiré par une anglomanie caractérisée par une fascination pour l’esthétique, les manières, et le savoir faire outre Manche qui a largement inspiré les Arts décoratifs français de la fin de l’Ancien Régime et souligné par le choix de l’essence de bois utilisé dans la fabrication des meubles britanniques.

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Pour aller plus loin :

Secrétaire en acajou estampillé Etienne Avril.

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Page 14 et fin.

Biographie sommaire d’Etienne Avril (extraite du site https://www.anticstore.com/)

Etienne Avril (1748-1791) – ébéniste – maîtrise obtenue le 23 novembre 1774 : Exerce sous le règne de Louis XVI, il se caractérise par ses meubles aux panneaux encadrés de baguettes de bronze.

Appelé Avril l’aîné pour ne pas le confondre avec son frère Pierre, Etienne Avril, ouvre sa boutique principale rue de Charenton, à l’angle de la rue Moreau mais également quelques magasins près de la porte Saint-Antoine. On le sollicite pour de nombreuses commandes, notamment la reine Marie-Antoinette pour son appartement du château de Saint-Cloud.

Au cours de son activité d’ébéniste, Etienne Avril vend « quantité de commodes, consoles, bibliothèques, secrétaires et chiffonniers en acajou et bois des Indes, des tables de nuit,… ». Ses meubles sont le plus souvent en acajou et en satiné. Ils se caractérisent par des lignes rigoureuses et simples et des grandes surfaces unies, typiques du style de Louis XVI. L’œuvre d’Avril se compose également, mais en moins grande quantité, de meubles en placage de citronnier, de bois de rose et de quelques modèles en marqueterie géométrique. Les formes sont nettes, légères, bien proportionnées, les bronzes presque absents, visibles uniquement aux entrées de serrures et parfois sous forme de fines baguettes d’encadrements qui soulignent de l’architecture du meuble. Enfin, bien que moins fréquents, il réalise quelques meubles d’appui et tables tric trac en acajou.

A l’aube de la Révolution, Etienne Avril cède sa boutique de la rue de Charenton pour ne garder que les magasins de la porte Saint-Antoine. Après son décès, plusieurs ventes aux enchères, de plusieurs jours à chaque fois, sont organisées afin de les vider du nombre incalculable de ses marchandises accumulées.

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Nicolas globe croqueur (et photographe).

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Une approche sur l’étude des styles et du Mobilier (1)

2025-2026, art, peinture, décoration et architecture (3-1) : du Moyen-Âge au style Louis XV.

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Avant d’entrer plus dans les détails, voici en résumé les grandes caractéristiques de la période entre le Moyen-Âge et le style Louis XV.

La période du Moyen-Âge connaît une évolution lente. Bien qu’il existât déjà dans l’Antiquité, le mobilier est l’ancêtre de celui qui suivra dans les siècles à venir.

Il est lourd, stable est assez rudimentaire. Deux meubles principaux : le banc en chêne et le coffre, multifonction. Le mobilier était mobile du fait que leur propriétaires étaient itinérants.

Pour ce qui concerne la Renaissance, le meuble typique est le buffet, et, dans une moindre mesure, l’armoire. La sédentarisation fait que les pièces des habitations se voient désormais tendre à une fonction précise, attribution qui sera affinée dans les siècles qui suivront.

Les murs des grandes salles sont tendus de tapisserie, non seulement dans un but esthétique, mais aussi pour isoler du froid. L’ornementation se fait lourde et les meubles toujours massif, bien qu’une recherche d’affinement pointe son nez quand on s’approche du siècle de Louis XIV.

Sous le règne du monarque absolu, tout n’est que rayonnement et éclat. Les meubles devienne luxueux, aux essences de bois en chêne, ébène ou noyer, sculptés et dorés. Le château de Versailles, qui lui même s’inspire du château de Vaux-le-Vicomte, est la grande réalisation de Charles le Brun, qui conçoit des pièces en enfilade. Les scènes mythologiques ornent les murs et les plafonds et le mobilier devient un décor.

André-Charles Boulle, qui sera évoqué dans les pages détaillées ci-dessous est l’ébéniste du roi.

Le style Régence annonce celui de Louis XV et allégera la décoration alors que la recherche du confort rendra les meubles plus petits et maniables.

Le style Louis XV, raffiné et élégant, se caractérise par des lignes courbes et serpentines. L’ornementation de forme rocaille s’inspire des coquillages.

Le rococo, enfin, fera de la spirale son ornementation préférée. Le style Transition prend naissance en réaction contre les outrances du style Louis XV.

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Les grandes caractéristiques de la période s’étendant entre le Moyen-Âge et le style Louis XV.

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La définition du meuble est un volume, un bien qui peut être déplacé, en opposition à l’immeuble qui ne peut être déplacé. Un groupe de meuble s’appelle le mobilier.

La différence entre le meuble de style et le meuble d’époque, c’est que la conception du premier est postérieure à la période auquel il se réfère. Autant dire que des meubles d’époque sont plus rares que les meubles de style, surtout pour ce qui concerne ceux du Moyen Âge , et qui ont essentiellement disparus, mais que l’on peut voir représentés sur certaines enluminures.

Il est à noter également qu’un meuble d’époque restauré à plus de 35 % de sa constitution n’est plus considéré comme tel. Malheureusement, parfois, trop de parties sont abimées et doivent être remplacées par des répliques exactes, par exemple, pour ce qui concerne la marqueterie, assez fragile. Il en va de même en architecture avec l’exemple récent de la restauration de Notre-Dame de Paris.

Mobilier au Moyen Âge pré roman et roman (du Ve au XIIe siècle):

Constitution assez sommaire, sous forme de coffres, qui font office aussi d’armoires, de sièges, de tables, voire de lits.

La conception de ce mobilier se définit de la manière suivante : panneaux de planches en chêne (essence pratiquement exclusive pour cette période), assemblées par l’intermédiaire soit de traverses entaillées clouées, soit par des pentures appliquées clouées. Les têtes de clous sont travaillées par un souci d’esthétique. Le cuir est parfois utilisé pour protéger les panneaux.

La chaise existe aussi (avec le repose pieds), en chêne, a dossier vertical et à pieds tournés. Le fer forgé ou le bronze est aussi utilisé.

Le lit est à décor d’arcades et existe sous sa version pliable.

La table est constituée de planches et de tréteaux.

Mobilier au Moyen Âge gothique (du XIIIe au XVe siècle):

Les ouvriers sont regroupés en corporations avec une hiérarchie qui commence par les apprentis, qui deviennent ensuite compagnons et, pour certains, maîtres, après avoir présenté un chef-d’œuvre devant une commission d’examen appelée jurande.

Voici une définition plus précise du menuisier, extraite sur le site https://passerelles.essentiels.bnf.fr&nbsp;:

« Le terme « menuisier » provient du latin minutiare (rendre menu). Car, contrairement au charpentier qui travaille les grosses pièces de bois, le menuisier n’œuvre que sur des petites pièces (mobilier, volets, panneaux, parquets…). Il est aussi appelé « charpentier de petite cognée ». Si cette distinction est effective en 1280, le métier de menuisier s’est parfois confondu avec celui d’ébéniste ou de lambrisseur. On pouvait également appeler les menuisiers en fonction de leurs spécialités : huchers, huchiers, ou faiseurs de huche (spécialistes des meubles), huissiers faiseurs d’huis (spécialistes des portes et des fenêtres), lambrisseurs (murs intérieurs et plafonds)… Pendant l’Ancien Régime, les menuisiers faisaient partie de la grande corporation des Charpentiers ».

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Un affinement et un raffinement dans les motifs empruntés à l’architecture font leur apparition comme la reproduction des fenestrages, des décors de panneaux dits « serviette » ou « parchemin plissé ».

Les représentations humaines et naturelles supplantent peu à peu les représentations bestiaires.

Les décors étaient principalement sculptés, mais le moulurage refait son apparition au XVe siècle par une technique d’assemblage par quart de cercle ou par couple d’onglet fictive.

Les techniques d’assemblage s’affinent, les chevilles en bois remplacent les clous, apparition de la queue d’aronde pour permettre d’assembler  à angle droits et l’apparition des colles de peau ou de la colle de fromage au milieu du XIIIe siècle permet des assemblages à plat joints.

De nouveaux outils apparaissent, sans doute grâce à ce l’évolution dans l’art du mobilier qui avait un siècle d’avance de l’autre côté des Alpes à une époque ou le Royaume de France était encore empêtré dans la guerre de cent ans, peu propice à l’épanouissement des arts, de l’architecture et de l’artisanat.

Ils servaient à affiner le traitement du bois comme le rabot, la varlope, le rifflart par exemple.

Le bois retenu était toujours principalement le chêne, comme à l’époque romane, mais certains artisans locaux travaillaient avec les essences des arbres qui se situaient à proximité de leur lieu de travail. Le circuit court, en quelque sorte.

La variété de meubles de cette période (hors lits et sièges) :

Le coffre (rangement), la huche et le bahut (fonction de conservation alimentaire, comme le pain).

L’armoire (fonction religieuse puisqu’elle servait à ranger les vêtements du prêtre), le buffet, apparu au XVe siècle (partie inférieure à l’air libre et partie supérieure composée d’une ou deux ventaux et parfois d’un ou de deux tiroirs).

Le dressoir (pour permettre de présenter de la vaisselle aux métaux précieux).

Le lectrin (servant de support à des livres, ou un prie-Dieu équipé d’un pupitre pour le soutien d’ouvrages).

La table (avec les mêmes caractéristiques de celles de l’époque romane).

Le lit : à colonnes et des menuiseries à baldaquin et fermé par des tentures qui, outre leur aspect décoratif, permet une isolation et une intimité. Une variante dite « en épervier » avec le ciel du tissu accroché au plafond par des cordons.

La variété de sièges :

Le banc, l’archebanc (coffre avec dossiers et accotoirs) le faudesteuil (métallique, bronze ou fer, quelquefois pliant), la chaire (pour les hauts dignitaires religieux, elle est « coiffée » en majesté par des étoffes ou un ensemble en bois sculpté, complété par un coussin de velours au XVe siècle), les stalles (rangées de sièges, qui peuvent être relevés, liés les uns aux autres et alignés le long des murs du chœur des cathédrales, églises, collégiales ou abbatiales), la scabelle (siège en bois peu élevé et facilement transportable).

Pour terminer, il est à noter que la plupart du mobilier était polychrome, donc, les couleurs ont disparues avec le temps. L’approche de la peinture sur le mobilier sur l’époque qui va suivre ne sera pas la même.

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Notes personnelles :

Les cours au Moyen Âge étaient itinérantes et le mobilier était transporté de château en château.

Lors des Croisades, les combattants occidentaux ont constaté l’avance qu’avaient prise leurs adversaires orientaux sur le raffinement et l’élégance de leurs résidences. Pour ne rester que sur le volet esthétique, sans avoir besoin d’aller si loin, l’Espagne mauresque au Moyen Âge était plus en avance sur ce point également. Une des merveilles architecturales que sont l’Alhambra et le Generalife à Grenade le démontre.

Les tapisseries murales, très présentes aussi dans les châteaux, n’avaient pas qu’une fonction esthétique. Elles servaient aussi d’isolant.

Mobilier à la Renaissance italienne (XVe et XVIe siècle) :

Nécessaire de l’évoquer ici puisqu’elle inspirera ensuite la Renaissance française.

Une rupture sur ce qui précède  puisque le style gothique est rejeté au profit de références à l’Antiquité.

L’architecture inspire les créateurs du mobilier : fronton, entablement, colonne, pilastre, arcade.

La sculpture et la mouluration, déjà présente sur le style qui précède, est reprise pour la décoration en relief, ainsi que la polychromie matérialisée non seulement par la peinture, mais aussi par le stuc (mélange de chaux et de sable, ou de la poudre de marbre, ou encore de la poudre de brique), ou l’incrustation de pâtes colorées, de la marqueterie de différentes essences de bois, d’écaille, d’ivoire, de marbres ou de pierres de couleur.

Représentations humaines, animalières et naturelles. Le Noyer est préféré au chêne par ce que plus facile à sculpter.

Le mobilier :

Le coffre, avec un panneau sur la façade principale richement sculpté.

Le cabinet, à deux corps et à volet abattant sur la partie supérieure qui abrite des tiroirs,

La table, d’abord inspirée du modèle romain, composée d’un plateau rectangulaire qui peut être en marbre ou pierres précieuses, supporté par deux pieds reliés par une entretoise. Par la suite, elle est composée de pieds tournés en balustres et réunis par quatre traverses. Dans la ceinture coulissent deux tiroirs.

Le lit, composé de colonnes supportant un baldaquin.

Pour les sièges, le sgabello, à dossier en forme d’éventail et aux pieds courbes, le sédia, à tenailles repris sur un modèle antique, et le fauteuil rembourré, à accotoirs (bras horizontaux disposés de part et d’autre) et à haut dossier.

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Mobilier à la Renaissance française (XVIe siècle) :

Une transition par rapport à ce qui précède  puisque le style gothique est repris à la première Renaissance, sous Louis XII et harmonisé avec des références antiques. En revanche, à la seconde Renaissance, sous François Ier, Henri II, François II, Charles IX et Henri III, il est abandonné.

Une continuité dans la structure par rapport à l’époque gothique (châssis assemblé à tenons et mortaise) et une nouveauté puisque le raccordement des moulures se fait à 45° d’onglet. L’assemblage à queues d’aronde simples et recouvertes est une technique pratiquée également.

Le huchier désormais appelé menuisier applique les principes de la construction architecturale. Tout comme pour la Renaissance italienne, le noyer est préféré au chêne par ce que plus facile à sculpter. Cependant, dans un esprit pratique de « circuit court », sans doute que, parfois, d’autres essences de bois ont été retenues pour la fabrication d’un meuble.

Le mobilier :

Le coffre, avec un panneau en façade très sculpté, comme pour la Renaissance italienne.

Le buffet, avec, parfois, du marbre incrusté.

Le cabinet : meuble sur pieds dont la façade comporte des tiroirs et des portes, est apparu à la Renaissance, directement inspirés de l’architecture antique. Un des « pièces maitresses » est exposée au musée de la Renaissance d’Ecouen, et date d’environ 1550. Il est appelé le « cabinet vénitien », d’un créateur inconnu qui a réalisé un exemplaire peu commun en forme de théâtre antique avec un travail sur la perspective tout à fait dans l’esprit de la Renaissance. Chaque anneau de la façade cache 31 tiroirs visibles mais aussi des cachettes invisibles dissimulées dans les tiroirs. Pour souligner d’avantage l’esprit Renaissance de ce meuble grandiose, le menuisier artiste a sculpté, sur tous les compartiments, les épisodes de la vie d’Achille, ce héros grec de la guerre de Troie que sa mère a plongé dans les eaux du Styx, le fleuve des Enfers, pour le rendre invincible.

Autre définition, extraite du site du musée de la Renaissance d’Ecouen : « Le cabinet vénitien est encore un exemple, et des plus somptueux, du compagnonnage très étroit qui se crée au XVIe siècle entre le mobilier et l’architecture. Sa composition évoque irrésistiblement Palladio et particulièrement son théâtre olympique de Vicence. D’autant que les innombrables arcatures bordées de balustrades encadrent des scènes peintes sur nacre, semblables à des petites fenêtres nous dévoilant la vie animée et colorée d’un monde inconnu. Ces façades en étages sont ponctuées de niches à fond bleu, ornées de statues en métal doré. Au centre, une sorte d’abside est surmontée d’une demi-coupole. Ce joyeux foisonnement recèle des dizaines de tiroirs miniatures, qu’on ouvre en tirant sur de petits anneaux fixés à des mufles de lions. Le tout est entièrement recouvert de plaquettes de nacre peintes d’arabesques d’or et de fleurs de couleur. Le cabinet, dépositaire des objets précieux, est lui-même devenu un bijou ».

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La table, d’inspiration de celle de la Renaissance italienne. Viennent ensuite des modèles plus élaborés, à huit ou neuf pieds et des volets coulissants permettent d’en augmenter la surface).

L’armoire (à deux corps et richement décorée). Un des plus beaux exemples est l’armoire de Clairvaux, exposé au musée de la Renaissance à Ecouen. Fidèle à l’intérêt porté aux références de l’Antiquité grecque et romaine, le menuisier a sculpté directement dans le bois des figures mythologiques à chaque angle de la partie supérieure du mobilier. Il s’agit de canéphores, ces jeunes filles chargées de porter les corbeilles d’offrande lors des cérémonies religieuses. Les panneaux, quant à eux, sont richement décorés des fameuses corbeilles de fruits, d’oiseaux et de fleurs, autant d’éléments que la Renaissance affectionne particulièrement. Cette « pièce maitresse » s’inscrit dans la droite lignée de ce que réalisait un célèbre menuisier bourguignon, sculpteur et graveur également, Hugues Sambin.

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Le lit : surmonté d’un baldaquin, comme pour les périodes précédentes, le lit à quenouilles est supporté par des colonnes d’angle généralement tournées.

La chaise à bras, avec un dossier qui ne dépasse plus la tête de la personne assise. L’assise est droite.

La caquetoire, à siège de conception trapézoïdale fixe ou à pivot avec un dossier incliné et à revers d’environ 12°. Le début d’un soucis d’ergonomie, en quelque sorte.

La chaise à vertugale ou vertugadin, une réplique du sgabello (à dossier en forme d’éventail et aux pieds courbes). Catherine de Médicis a importé le modèle italien.

Le siège à tenailles, inspiré de son modèle italien.

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Évocation sommaire du mobilier  Renaissance flamande, espagnole et anglaise (XVIe siècle) :

Flandre : l’Art régional mosan, très florissant, développé dès le Moyen-Âge, autour de Liège et Dinant, a influencé le mobilier à la Renaissance. Une continuité plutôt qu’une rupture, en quelque sorte. Le goût flamand influencera ensuite l’Ecole de Bourgogne et le style Louis XIII.

Espagne : le style plateresque, une combinaison harmonieuse entre les influences chrétienne et arabo-musulmanes, notamment l’assemblage des motifs géométriques et des motifs figuratifs. Surtout utilisé à la première et seconde Renaissance, la troisième, sous le règne de Philippe II se concentre plus sur une influence italienne et devient plus sévère.

Une des pièces emblématiques de ce style est le vargueño (ou bargueño), du nom du village de Vargas (ou Bargas) près de Tolède, le centre de fabrication de ce mobilier. C’est une forme de cabinet à volet abattant composé d’un coffre mobile avec des poignées qui pouvait être posé sur un piétement caractérisé par un ensemble de colonnettes tournées.

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Angleterre : même si le mobilier est conçu selon les critères provenant d’une influence italienne, c’est surtout l’influence flamande qui prédomine, d’où une certaine sobriété (rythme horizontal des couronnements, pas de frontons arqués ni de cariatides. Les panneaux sont à compartiments géométriques et le décor sculpté est plus léger que ce qui se fait dans le Royaume de France.

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Mobilier Louis XIII (XVIIe siècle) :

Le style Louis XIII s’étend de 1610 jusqu’à la prise de pouvoir par Louis XIV en 1661. Il ne s’arrête donc pas à la mort du Roi en 1643.

Dans le style Louis XIII, les éléments de décoration en architecture sont appliqués sur le mobilier. Le rendu peut être soit sobre et droit, soit très chargé. Les inspirations sont italiennes et flamandes. Une des caractéristiques est le décor en pointe de diamant.

Autres éléments d’ornementation : la croix de Malte simple ou à facettes, les cornes d’abondance, les vases aux arrondis accentués, les motif fruitiers comme la pomme ou la poire, les palmes et les masques de chérubins, les godrons disposés en éventail, les branches de laurier et de palmier entrecroisées, les feuilles d’acanthe, les aigles aux ailes déployées, la tête de femme entourée d’une guirlande de draperie, le cartouche de forme allongée à bords renflés, la rosace, les colonnes placées aux angles de certains meubles et sculptées dans les montants, les panneaux simples formés de rectangles moulurés sur les bords. Les rectangles sont encastrés dans des panneaux et légèrement en relief, l’étroite moulure plane servant de bordure. Un nouveau  savoir faire sur les systèmes de montage permet l’utilisation de moulures en bois tourné, sculptées profondément.

Pour le piétement : en balustres, en chapelets, en pieds bas ou en spirale, ou dits « os de mouton ». Pour les bahuts et les armoires, le pied droit à section rectangulaire prolongeant le montant du meuble, et le « fromage », sorte de boule aplatie.

Pour les sièges et les tables, les pieds sont reliés entre eux par des traverses d’entrejambe, parfois sans aucune décoration, parfois larges et sculptées.

Un nouveau procédé de construction voit le jour et consiste à coller des feuillets d’ébène de 8 à 10 mm d’épaisseur,  qui sont sculptés en bas relief. Les menuisiers maitrisant cette technique seront appelé ébénistes et une nouvelle corporation apparait ainsi.

Deux autres nouvelles techniques apparaissent aussi : les incrustations de lames de bois ou de feuilles de marbre, et l’assemblage de morceaux de bois assemblés, d’essence similaires ou différentes pour créer un décor. Autrement dit, la marqueterie.

A noter aussi que c’est aux alentours de 1610 qu’émergent les prémices du concept de la décoration intérieure avec l’attribution des fonctions des pièces. La tapisserie est un élément important dans cette intention.

Le mobilier :

Les chaises : essentiellement en noyer, avec des pieds reliés par des traverses, et à la base par entrejambe en H. Les pieds avant sont réunis par une entretoise haute formant blason décoratif. Les dossiers sont hauts mais étroits et sans bois apparent. Ils sont recouverts de tissu, de cuir ou de tapisserie. Apparition des chaises cannées et paillées, des chaises à arcades d’inspiration espagnole, des chaises à pieds obliques. Les chaises à vertugadin sont spécialement conçues pour les imposantes et larges robes des dames. Les formes des tabourets sont carrés ou rectangulaires.

Les tables : en bois massif, chêne, châtaignier ou noyer.

La grande table est une table de monastère. Elle est formée d’un long plateau de 1 m 80 à 4 m, sur 60 à 80 cm de large, qui repose sur deux gros pieds à facettes placés dans l’axe central du plateau et s’appuyant sur des patins.

La petite table, peut être parfois aussi en chêne avec des incrustations. Les pieds et les traverses sont tournés en spirales, balustres, ou en chapelets avec une traverse d’entrejambe en H ou en fourche. Elle porte souvent en son centre un vase ou une toupie. Elle comporte en général un grand tiroir en ceinture.

Les lits : toujours adossés au mur, à dais ou à baldaquin. Trois soubassements masquent les pieds. Le ciel repose sur quatre colonnes de bois tourné ou recouvert d’étoffe. Ils peuvent être dissimulés sous de grandes tentures qui peuvent être relevées. Au-dessus, aux quatre coins, sont placés des ornements comme des vases, des représentations humaines, des bouquets de fleurs.

Les cabinets : à la mode sous Louis XIII, riches et précieux, ornés de marqueteries, d’incrustations, décorés de bas ou hauts-reliefs. Ils sont composés d’un corps supérieur en longueur, fermé par deux ou plusieurs portes, supportés par des colonnes étroites ou torses ou  cariatides, le tout reposant sur un socle. Leur décoration intérieure est aussi chargée que celle de l’extérieur. Même si l’ébène domine, on trouve aussi d’autres matières comme l’écaille, l’ivoire, la nacre, des pierres dures ou des métaux tels que le cuivre et l’étain.

Les armoires : elles supplantent les coffres devenus plus rares. En chêne ou en noyer, elles se déclinent en deux versions :

A deux ventaux : elles peuvent s’élancer à 2 m 50 et sont sculptées soit de pointes de diamant ou composées de simples panneaux décorés et ornés de colonnettes tournées, indépendantes ou encastrées dans les montants. Elles sont moins fines que les armoires de petites dimensions.

A quatre portes ou bahuts à deux corps superposés : les moins nombreuses sont celles dont le corps supérieur est plus étroit et légèrement en retrait. Elles sont souvent ornées d’un mufle de lion tenant un anneau métallique servant de poignée et sont surmontées d’une corniche plus ou moins sculptée.

Chacune d’elles reposent sur des pieds à section rectangulaire ou en forme de sphère écrasée.

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Mobilier Louis XIV (deuxième moitié du XVIIe siècle et tout début du XVIIIe siècle) :

Sur une durée de 1643 et 1715 (durée du règne du Roi), il comprend trois périodes distinctes; la première, encore tout empreinte du style Louis XIII jusqu’en 1661, la seconde jusqu’ en 1685, à son apogée, et la dernière, moins faste, pour des raisons économiques (les guerres sont coûteuses et les caisses de l’Etat se vident). Le mobilier, en plus d’être utilitaire, devient un élément de décor. Une théâtralisation en quelque sorte !!! (ce qui n’a rien d’étonnant sous ce règne).

Ont été crées des manufactures et des ateliers royaux qui ont permis à l’artisanat de se hisser à un niveau tels qu’il servira d’exemple à l’Europe pour les deux siècles qui suivront.

Le style du mobilier ne s’aligne plus forcément les choix en architecture, même si, centralisation du régime de la monarchie absolue avec à sa tête un Louis XIV qui estimait n’avoir de compte à rendre à personne à part Dieu, l’unité de style et la discipline des artistes est imposée.

Les références à l’antiquité restent fortes, mais s’ajoute une influence décorative extrême-orientale grâce à l’importation de porcelaines en provenance de Chine et du Japon, obtenus à bas prix. Un contexte économique qui a permis un enrichissement esthétique, en quelque sorte. Mais comme les créateurs n’avaient de ces lointaines contrées que de très vagues notions, toute la latitude était laissée à la fantaisie, d’où le terme « chinoiserie ».

Les essences retenues sont le chêne, l’ébène, le le noyer, le poirier noirci. Certains meubles en bois massif sont sculptés et dorés. Les bâtis sont en bois massif également.

La marqueterie est très utilisée, surtout par le plus célèbres des ébénistes, Boulle, qui développe le procédé du placage.

Des matériaux d’origine animales sont utilisés (la corne, l’écaille, la nacre, l’ivoire, l’os) ou minérales (le cuivre et l’étain), ou le bois de couleur.

Pour protéger ces assemblages délicats, sur les arêtes de meubles sont fixés des garnitures décoratives en bronze ciselé et dorés.

L’ornementation appliquée au style Louis XIV est nombreuse, riche variée, raffinée, parfaitement exécutée et d’une symétrie rigoureuse. En voici quelques exemples.

La coquille du pèlerin, large et plate, en relief, la feuille d’acanthe, la palmette, les deux L entrelacés,
le soleil, bien sûr, avec, en son centre, souvent une tête féminine. 

Les rinceaux qui sont des branches de feuilles et de fruits enroulées, les treillis, de losanges quadrillés et semés de perles ou de petites fleurs, les trophées, les draperies, les arcs, les glaives, les boucliers et les tridents, les cornes de bélier, les volutes en C ou en S, les chutes de feuillage, les triples cercles de liane sur les montants des armoires, les culots.
Les moulures sont sculptées: oves, perles, cannelures.
Beaucoup de bronzes dorés, gravés ou ciselés: la feuille d’acanthe, la palmette ou éventail au-dessus d’un masque féminin, les mascarons ou les têtes de faunes grimaçantes.

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En cette fin du XVIIe siècle, l’ornementation se fait plus gracieuse et plus libre, et la structure du meuble s’émancipe de la rigidité du style classique. Elle est symbolisée par des lignes harmonieusement galbées.

Les pieds sont droits et déclinés en balustre, en gaine à section carrée, ornementés, marquetés, en console autrement dit en forme d’S peu accentué.
Ils se terminent en toupie, en sphère écrasée, en griffe, en patte de lion, en sabot cubique et sont souvent en bois doré ou en marqueterie, sobres ou sculptés. Les entretoises sont en forme de console avec, en leur centre, un motif sculpté.

Le mobilier :

Les sièges, chaises et fauteuils.

Les sièges : en bois sculpté, souvent doré. Plus ou moins confortables malgré leur rembourrage et leur garniture d’étoffe. L’assise se trouve à 45 cm du sol, voire moins, avec des pieds en colonne carrée, ou légèrement galbés, reliés entre eux par des entretoises en croisillon et souvent ornés d’une coquille.
La hiérarchie sociale à cette époque détermine les sièges:

Le carreau, le plus simple, coussin quadrangulaire que l’on posait par terre pour s’asseoir.

Le placet, un tabouret à quatre pieds droits en balustre, avec un châssis rigide et rectangulaire, maintenu par un entrejambe en H, et souvent surmonté d ‘un motif au centre et d’une hauteur généralement de 41 cm.

Le ployant, plus rare, un tabouret avec des pieds en X, et les deux X étant reliés entre eux par une traverse.

Les fauteuils, en deux déclinaisons.

Le fauteuil classique : l’accotoir os de mouton, de la fin du style Louis XIII, évolue vers l’accotoir en console, ainsi que les pieds et les traverses. Certains pieds sont en balustre. Dossier très important, incliné en arrière et dont le dévers peut atteindre 20 cm. L’entretoise en H ou en X comporte au centre de la traverse une ou plusieurs volutes.

Le fauteuil de commodité ou de confessionnal : ancêtre de la bergère Louis XV, muni de deux joues rembourrées sous les accotoirs qui sont eux-mêmes tapissés, dossier à deux oreilles, fond du siège monté en creux, coussin de duvet posé dessus.

Les tables, en deux déclinaisons.

La console d’applique, placée contre un mur, très rare, seulement décorée sur trois faces, en bois doré et très sculpté, avec un dessus en marbre, en mosaïque de Florence, en marqueterie ou en porphyre d’Égypte. Il repose souvent sur des figures féminines, des mascarons ou des masques, entourés de rinceaux, de guirlandes et de festons. Les pieds sont verticaux ou arqués et rentrés vers l’intérieur, et un croisillon qui comporte en son centre un motif. Initialement à quatre pieds ce meuble n’en aura plus que deux.

La table de milieu large et richement décorée, composée de quatre pieds en gaine ou en balustre, ou en pied de biche avec deux courbes en S superposées. Avec une ceinture est très sculptée, et un motif central, on trouve aussi des tables en mosaïque de Florence à pieds balustre.

Pour ce qui concerne la table de la salle à manger, elle n’apparaitra en tant que tel que sous Louis XVI. Pour le moment, elle consiste simplement en une planche posée sur des tréteaux et recouverte d’un tapis.

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Les bureaux.

Reposent, au début du règne de Louis XIV, sur huit pieds jumelés, plaqués d’écaille, de cuivre ou d’étain. Le piétement est très particulier : deux groupes de quatre pieds reliés entre eux par deux traverses croisées en diagonale et supportant chacun les deux corps de tiroirs (bureau de type Mazarin ).

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A la fin du règne, ils prennent le nom de tables à écrire. Conservent seulement quatre pièces d’angle et comportent un alignement de tiroirs sous la ceinture. Les pieds sont arqués et ornés de bronze. Ils sont appelés pieds de biche. Tout comme les consoles, ils sont composés de plateaux de marqueterie,
de marbre ou de mosaïque, les tabliers sont abondamment sculptés, les tiroirs étant moins nombreux.

Les commodes.

Remplacent le coffre et le bahut. La commode Louis XIV est composée de quatre, trois ou deux tiroirs. Elle est l’œuvre de Charles Boulle. Deux déclinaisons.

La commode tombeauà un ou deux tiroirs.

La commode à panse remplieà deux ou trois tiroirs. La tablette de dessus est généralement en marbre. Elles sont en marqueterie à dessins: arabesques, ornements végétaux ; en bois sculpté rehaussé de bronzes ou en laque façon Chine.

Les guéridons :

Plus décoratifs que fonctionnels, appelés aussi torchères, ils possèdent le plus souvent trois pieds. Composés d’un plateau supporté par un corps représentant une figure allégorique ou un personnage maure. Leur plateau est toujours circulaire.

Les armoires.

En bois massif ou en marqueterie, elles conservent leur forme, sont rectangulaires et vastes, à un ou deux battants. Les panneaux sont nus ou décorés de motifs végétaux ou de pointes de diamant, parfois ornés de motifs en bronze. L’armoire a une corniche saillante et repose sur des pieds en sphère aplatie ou en griffe de lion. Beaucoup d’armoires parmi les meubles estampillés Boulle.

La bibliothèque.

Elle fait son apparition. Elle est à hauteur d’appui avec des ventaux grillagés à l’origine, mais remplacés par une vitre par la suite.

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Mobilier Régence (première moitié du XVIIIe siècle) :

Un style de transition sur une période courte, huit ans, de 1715 à 1723. Il « s’assagit » par rapport au ce qui précédait. Les lignes s’assouplissent et se courbent avec de la légèreté et de la fantaisie. Les références des ordres antiques sont plus librement interprétées. D’avantage de recherche dans l’élégance, surtout dans la conception des tables par la suppression des traverses d’entrejambe et galbe des pieds dits « pieds de biche » qui se terminent en « sabots ».

Une fine ornementation sculptée vient décorer les meubles en bois massif.

Pas d’innovation cependant sur l’ornementation en relief, obtenu par l’emploi des bronzes ciselés et dorés.

Sur la marqueterie, on préférera les placages de bois satinés, de palissandre, d’amarante, de bois de rose et de violette. Tout cela est assemblé en frisage le plus souvent.

Les autres essences de bois : Chêne, ébène (moins utilisé), poirier noirci, noyer, bois fruitier, hêtre, bois à veinures et à nœuds.

Les motifs ornementaux pour le mobilier : la coquille à cinq branches, la feuille d’acanthe dissymétrique, le palmier, les rinceaux courbes, la tête de faune et celle de femme coiffée d’un diadème, les fonds quadrillés ou pointillés, à motifs rocaille inspirés de l’art baroque italien : fleurs, rochers, plantes, coquillages, légumes, fruits, animaux. Toujours des motifs asiatiques: chinoiseries, pagodes, chapons, singes, fleurs exotiques.

Des innovations cependant : création de la forme galbée par le procédé du chantournement (opération qui consiste à découper le contour d’une planche selon une ligne courbe ou sinueuse).

Trois tiroirs sur les commodes qui sont conçues « en tombeau », c’est-à-dire que les formes sont inspirées des sarcophages et tombeaux antiques.

D’avantage de recherche de confort et un peu plus de soucis ergonomiques. Sièges plus maniables, le dossier s’abaisse, le cannage est le plus souvent employé sur les assises de dossiers (ou alors garnis). Les supports d’accotoirs sont placés en retrait, les pieds sont cambrés et les entretoises ne sont plus forcément intégrées.

Le mobilier :

Les sièges conservent la ligne des sièges de la fin du style Louis XIV, ils sont garnis de tissu ou souvent cannés, comme indiqué plus haut.


Les chaises et les fauteuils en hêtre et en noyer, parfois en chêne. Les dossiers sont plus bas et de moins en moins entièrement garnis de tissu, le cadre à bois apparent se répand. Les pieds galbés en pied de biche, comme indiqué plus haut, puis en S, sont bas. Les traverses disparaissent. La ceinture galbée en accolade est ornée d’une coquille centrale.


Spécifiquement pour les fauteuils, manchettes rembourrées reposant sur des consoles d’accotoirs en forme d ‘S à crosses de feuillage stylisées. Le haut du dossier est chantourné, mais les côtés sont rectilignes.


Les bergères à oreillesrembourrées, à manchettes. Le siège est garni d’un coussin.

Les Commodes,  ventrues et à pieds courts. Profil sinueux dit profil en arbalète.
Du bronze employé de façon légère: feuillages et feuille d’acanthe.

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Les bureaux, plats en poirier noirci. Cinq tiroirs à caissons dont un central – quatre pieds galbés terminés en sabot – filets de cuivre – serrures et poignées en bronze doré. Un exemple, un bureau plat exécuté par Boulle en 1715, année de la mort du Roi Louis XIV, et qui fait partie de la nombreuse collection du Duc d’Aumale au château de Chantilly. C’est peut-être une des dernières commandes de l’ébéniste qui a décidé de « passer la main » à ses quatre fils après la disparition du souverain.

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Les lits à quenouille disparaissent peu à peu. Ils deviennent à bois apparent, à deux dossiers ou à trois côtés rembourrés, au fronton chantourné et décoré.

L’ébéniste le plus célèbre du règne de Louis XIV : André-Charles Boulle :

Né le 10 novembre 1642 à Paris, mort le 29 février 1732 dans la même ville,  il n’est pas seulement un ébéniste, fondeur, ciseleur, doreur, et dessinateur français du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle. Ébéniste du Roi, il innovât en s’employant à associer du bronze doré à l’ébénisterie. Son talent, ses nombreuses commandes, sa longévité et son succès auprès de ses contemporains expliquent la profusion de ses œuvres.

Ci-dessous, quelques unes de ses créations.

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Des horloges et des cassettes sont aussi à l’actif de Boulle.

Il est à noter aussi que les instruments de musique, porcelaines, vaisselle et autres accessoires accompagnaient le mobilier.

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Notes personnelles sur l’hygiène en préambule avant d’évoquer la période suivante :

A partir du règne de Louis XV, le rapport à l’hygiène corporelle se perfectionnera et, avec l’arrivée des premières salles de bains, le mobilier adapté fera son apparition, comme la baignoire sabot, par exemple.

La chaise percée, déjà existante antérieurement, sera, bien entendu, un meuble qui aura sa place dans un cabinet de toilette.

Des horloges et des cassettes sont aussi à l’actif de Boulle.

Il est à noter aussi que les instruments de musique, porcelaines, vaisselle et autres accessoires accompagnaient le mobilier.

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Notes personnelles sur l’hygiène en préambule avant d’évoquer la période suivante :

A partir du règne de Louis XV, le rapport à l’hygiène corporelle se perfectionnera et, avec l’arrivée des premières salles de bains, le mobilier adapté fera son apparition, comme la baignoire sabot, par exemple.

La chaise percée, déjà existante antérieurement, sera, bien entendu, un meuble qui aura sa place dans un cabinet de toilette.

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Mobilier Louis XV et dit « de transition » (milieu du XVIIIe siècle) :

C’est la légèreté et l’élégance qui va primer sur une construction simple et rationnelle. Détachement par rapport aux références antiques dans un premier temps avant d’y revenir dans le style dit de transition.

Formes de meubles galbées avec des pieds toujours en console et des traverses découpées en arbalète. Le style italien va beaucoup influencer le mobilier Louis XV, comme on peut le voir, par exemple, avec cette console génoise du XVIIIe siècle et qui fait partie de la nombreuse collection du Duc d’Aumale au château de Chantilly.

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Sont utilisées les essences de bois suivantes : chêne, noyer, hêtre poli, naturel, laqué (laque noire et or, laque rouge) ou peint de couleurs tendres (blanc, rose, bleu, lilas, vert clair) parfois à plusieurs tons et à filets, le bois d’amarante et le bois de violette. L’acajou massif ou en placage, le prunier, le frêne pour les meubles moins beaux; le bois sculpté et doré est encore très à la mode. Beaucoup de marqueterie et de placage.

Le placage de bois des îles est à compartiments ou à mosaïque. Encadrement des panneaux de bandes en bois de couleur et de filets. Les motifs sont en damiers, losanges, rosaces, et en lignes géométriques.

Emploi dans la marqueterie des bois de différentes couleurs, ce qui permet de véritables compositions décoratives de motifs floraux, de scènes, de personnages, de guirlandes ou bouquets.

L’importation de panneaux en laque de Chine ou de Coromandel permet de les appliquer sur les bâtis des meubles.

En 1728, les frères Martin, de Paris, inventent une imitation de laque à base de copal, qui sera appelé « le vernis Martin », en vue de concurrencer les laques de Chine et du Japon, et surtout, moins coûteux.

Décoration riche s’inspirant du style Régence (chinoiseries) et de la rocaille, il est à noter une absence de symétrie. Elle sera de nouveau présente dans la transition.

Pour les motifs, emploi de la coquille, dissymétrique, la feuille d’acanthe, les feuillages entrelacés, les oiseaux, les bouquets, les fruits, ainsi que tous les attributs amoureux.

Les motifs « rocaille »  sont souvent extravagants, tourmentés, asymétriques, inspirés surtout de certains coquillages.

Pour les chinoiseries, toujours en vogue, représentation de  mandarins, magots, pêchers, paysages, statues à personnages.

Pour  les cartouches emploi de la coquille ailée à deux carquois entrecroisés, guirlandes de fleurs.

La tête de femme est encadrée de « rocaille » et de beaucoup de fleurs. Représentation aussi de chutes, de fleurs enroulées, et la petite fleur remplace la coquille Louis XIV sur les sièges.

Les bronzes et les cuivres sont très employés aussi pour les serrures, les extrémités des pieds, les angles,

Arêtes, avec des motifs identiques à ceux du bois sculpté.

Moulures légères, découpées, chantournées et marbres gris, rouge, rose, vert, orange ou bleu.

Le piétement pour  tous les meubles, des tables et des sièges sont en en forme de pied de biche, c’est-à-dire constituées par deux sections superposées et contrariées formant un S, gracieux et légers, en général terminés en sabot de bois ou de métal ou en petit pied vertical.

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Le mobilier :

Les sièges :

Légers et confortables, en bois sculpté naturel, doré ou peint avec une décoration sobre. Exemple le plus courant, deux ou trois fleurettes au centre de la ceinture et du haut du dossier, les lignes sont courtes, sans angles droits, des pieds en S plus ou moins prononcés. Garnis de tissu et parfois cannés.

Les chaises et les fauteuils ont une essence de bois en hêtre, en noyer, en bois peint de couleur claire, ou doré. De forme trapézoïdale, le dossier est violoné et chantourné en haut et en bas. Les pieds sont en S, en pied de biche appuyé sur un petit dé en bois. Les dossiers sont à la reine quand ils sont droits, en cabriolet s’ils s’incurvent légèrement, ou en lyre (plus rare). Elles sont parfois ornées de motifs rocaille, et souvent cannées.

Les accotoirs sont garnis de manchettes et reposent sur des consoles en retrait légèrement rembourrées et ne prolongent plus les pieds.

On retrouve des types de fauteuils comme :

Le  cabriolet, léger,  à dossier concave et violoné, c’est-à-dire étranglé en son milieu;

La bergère, plus importante et plus profonde, à joues pleines, bassse et garnie d’un épais coussin de plume. Elle se décline en bergère à confessionnal (à deux larges oreilles) et la bergère en gondole.

Le fauteuil marquise, pour deux personnes, appelé parfois demi-canapé, avec un bois apparent et un dossier bas.

Le fauteuil de bureau ou de cabinet, une création très caractéristique du style Louis XV. Le plan forme un demi-cercle; le siège formant saillie en avant est supporté par un pied. Les trois autres pieds sont disposés de façon symétrique autour de celui-ci. Le dossier est bas et arrondi. Ils sont souvent garnis de cuir ou cannés. Le fauteuil de toilette est de forme analogue.

Les canapés, à dossier chantourné, souvent à trois places, à joues pleines. Ils sont en gondole ou en corbeille.

Les chaises longues. Elles sont très à la mode: ce sont des bergères allongées en une ou deux parties, à un ou deux dossiers. Elles sont en duchesse, en ottomane, en sofa, en sultane.

Les tabourets à ceinture décorée, à pieds de biche.

Les commodes :

En acajou, en noyer ou en palissandre, marquetées, vernies ou laquées, recouvertes de marbre à bords chantournés. Elles sont ornées de bronzes dorés et ciselés.
Les deux formes les plus fréquentes.

La commode à pieds élevés et cambrés, à deux tiroirs superposés, fine et élégante.

La commode à pieds bas et trapus, à plusieurs tiroirs, beaucoup plus massive.

Appellation des commodes : en tombeau, à la Régence (très ventrue, à trois tiroirs), religieuse (petite et étroite), en console.

La chiffonnière, petit meuble dérivé de la commode, plus haut que large. Il est porté par des pieds généralement élevés; à deux ou trois tiroirs dont un s’ouvre sur le côté; très décoré, laqué et peint de sujets chinois, ou marqueté.

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Page 15.

Les tables :

Elles deviennent légères et maniables, sans traverses d’entrejambe, pas encoire de table de salle à manger (planche et tréteaux).
Celles  que l’on peut trouver sont en général de petites dimensions avec un piétement le plus souvent en pied de biche, terminé par des sabots en bronze doré ou par une volute reposant sur un petit dé; les ceintures sont abondamment découpées et décorées de motifs: coquille Louis XV; motifs « rocaille », rinceaux d’acanthe.

Les variétés des petites tables que l’on déplace :

La table à jeu, souvent à plateau mobile muni d’un damier pour le jeu de trictrac (jeu de société de hasard raisonné pour deux joueurs qui se joue avec des dés sur un tablier semblable à celui du backgammon. Il appartient à la famille des jeux de tables).

La table servante, ronde, carrée ou triangulaire.

La table à écrire, qui contient un tiroir et une tablette que l’on peut tirer.

La table à ouvrage, à tiroir et à plateau formant traverse.

La table de chevet, qui se décline en deux types. Une petite armoire à deux vantaux surmontée d’un casier à volet coulissant en lames de bois, et d’un tiroir.

Une armoire plus haute à deux vantaux, sous un casier à volet coulissant sans tiroir.

Les tables de toilette appelées aussi coiffeuses ou poudreuses, dessus à trois abattants, celui du milieu s’élevant verticalement et formant miroir. A l’intérieur des deux abattants encadrant le miroir se trouve un compartimentage; dans la ceinture deux tiroirs latéraux, un tiroir central et une tirette.
Autres petites tables: la liseuse, la table d’accouchée à pupitre amovible, pieds courts et bras de lumière.

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Page 16.

Les bureaux :

Le bureau plat, rectangulaire à coins arrondis, pieds cambrés ornés de feuilles en bronze doré. Il est souvent en chêne plaqué de palissandre, à trois tiroirs: un au centre, droit et légèrement en retrait; les deux autres suivent la forme de la ceinture. Un exemple ci-dessous qui fait partie de la nombreuse collection du Duc d’Aumale au château de Chantilly.

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Le bureau à cylindre apparaît vers 1750, souvent en marqueterie avec abattant à cylindre fermant tablettes tiroirs intérieurs.

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Le bureau dos d’âne, meuble féminin, petit et fin, avec un abattant incliné découvrant tablettes et tiroirs.
Le bureau capucin, bureau de dame à cachettes, à secrets et à ressorts dissimulés. L’abattant est brisé horizontalement: la partie supérieure se relève et découvre en elle-même une série de casiers; la partie inférieure forme table à écrire lorsqu’elle s’abat. Petits tiroirs latéraux qui s’actionnent au moyen de ressorts cachés.
Il y a encore beaucoup d’autres petits bureaux de dame fins et marquetés.
Le secrétaire de dame en marqueterie, divisé en deux parties: l’une, inférieure fermée par deux vantaux, l’autre supérieure, par un abattant ou deux volets coulissants, découvrant une série de tiroirs et une petite armoire; tiroir horizontal entre les deux parties.

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Page 17 et fin.

Les consoles :

En bois naturel ou doré, elles sont très sculptées, à deux pieds cambrés abondamment décorés, souvent de motifs «rocaille », soutenant une tablette recouverte de marbre qui peut être bleu, vert, rouge, blanc veiné. Elles sont placées sous les glaces.

Les lits :

De forme très variées, en voici trois déclinaisons :

Le lit à la duchesse, à ciel d’où tombent de grands rideaux qui dégagent entièrement l’avant du lit.

Le lit d’ange, à dossier de bois apparent; il est surmonté d’un ciel;

Le lit à la polonaise, petit dôme à quatre rideaux relevés par des embrasses

Le mobilier régional :

Ce sont les meubles de province, dits « rustiques » en bois massif, c’est-à-dire sans placage : les moulures et les sculptures sont directement taillées dans le bois. Les essences les plus répandues: chêne et noyer. Viennent ensuite: le merisier, le poirier, l’amandier, le hêtre et le sapin.

A noter que la technique du vernissage était dite « au tampon » qui permet une finition et donne une patine avec le temps, contrairement à la technique moderne de fabrication du mobilier néo-rustique, dite « au pistolet » qui se prétend donner un aspect « vieilli ».

Quelques exemples typiques :

Lebuffet Louis XVbas d’armoire surmonté d’un corps à étagères;
Le garde-manger provençal, les armoires Louis XVde grandes dimensions, à deux ou trois panneaux moulurés; fronton cintré sur les côtés, traverse inférieure décorée et festonnée.
Les meubles dérivés de l’armoire: la bonnetière, petite armoire à une porte, la panetière provençale, le pétrin.

Quelques ébénistes célèbres de l’époque de Louis XV :

Les premières estampilles furent celles des ébénistes David Roentgen, Georges Jacob, Gonthière, Jean-François Leleu, Louis Dufour, Avisse, Cresson, Louis Delanois, Bernard; Boudin, Dubois, Delorme (meubles de laque , marqueterie), Dumoulin (commodes laquées style rocaille), Cressent, Gaudreau Joseph; Lacroix, Migeon, Oeben, Peridies.

La signature du maître ébéniste est précédée de J.M.E (initiales des mots juré maître ébéniste). La signature est placée en général sous le marbre pour les commodes et les secrétaires, les sièges sont signés sur le dossier ou à l’intérieur du bâti.

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Nicolas globe croqueur (et photographe).

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Quelques éléments de réponse sur les principes artistiques et sur la composition

2025-2026, art, peinture, décoration et architecture (1 et 2) : art graphique, publicité, design, architecture.

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1/1

Précisions sur la question 1 : composition statique, dynamique, très dynamique et désordonnée.

Précisions sur la question 11 : « design » est rattaché au mot français « dessein » (projet) et au geste de dessiner « dessin ».

A noter aussi le rapport « couleur lumière » – « couleur matière » qui interfèrent l’une sur l’autre et qui sous-entend les problèmes liés à la réfraction, réflexion, lumière induite, influence de la lumière réfléchie sur l’ombre, etc…

Précisions sur la question 13 en cliquant sur le lien Wikipédia.

Précisions sur la question 14 : cette appellation vient du mot japonais et qui est traduite par « trop mignons »

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Deuxième partie : propositions d’habillage graphique sur une automobile, à partir de visuels de Roy Lichtenstein.

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Précisions sur la question 1 : pendant la Renaissance, les artistes commencent à utiliser les apports des mathématiques, des sciences et de la géométrie, afin d’élaborer de nouvelle règles dans la construction et l’organisation de l’espace. C’est ainsi que la perspective est inventée pour représenter une vision du monde qui place l’Homme au centre de l’Univers. l’architecte Léon Battista Alberti (1404-1472) en est le premier théoricien.

Le texte et se schéma qui suivent ont pour source un extrait sur Wikipédia :

Alberti a donné une méthode de construction de la décroissance de la profondeur apparente des carreaux lorsque l’on s’éloigne de la ligne de terre en perspective.

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Rédigé vers 1435, son De Pictura, Traité de la peinture « imprimé en 1511 à Nuremberg, soulève une question qui sera au XVIIe siècle à l’origine du développement de la géométrie projective : quelles sont les propriétés géométriques communes à deux perspectives d’une même figure. Pendant tout un siècle encore, la portée des méthodes de perspective restera relativement restreinte et ne dépassera guère les cadres des tableaux d’artistes »[3]. Mais par la suite, notamment grâce à son usage en cartographie qui va révolutionner entre autres la balistique, la géographie et l’astronomie, « l’intégration des méthodes projectives dans le corps des mathématiques enrichira et renouvellera la géométrie.

Quelques réalisation d’Alberti à Florence :

Le Palais Rucellai (1446-1451), le petit Temple du Saint Sépulcre (1467), la façade de la basilique Santa Maria Novella (1470).

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Difficile de ne par penser au tableau « La cité idéale » en observant les architectures d’Alberti.

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Précisions sur l’interprétation : certains spécialistes ont prétendu qu’en fait, Mona Lisa pouvait avoir été inspiré par un modèle masculin, notamment Salaï. Pour ma part, je ne me contenterai de noter que se dégage, tant sur le tableau de « La Joconde  » que sur le « Saint Jean-Baptiste » (avec Salaï ayant servi de modèle à Léonard de Vinci), une pointe plus ou moins affirmé de malice dans les sourires.

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Pour aller plus loin sur le rapport « couleur matière » et « couleur lumière » (interférences de l’une sur l’autre ce qui sous-entend les problèmes liés à la réfraction, réflexion, lumière induite, influence de la lumière réfléchie sur l’ombre, etc…), je vous invite à cliquer sur les liens ci-dessous :

« Comment la lumière agit sur la couleur, pigments et réfraction dans les couleur ».

Nicolas globe croqueur.

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