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« Lotus » est une installation qui fut présentée à la Corderie dans le cadre de la biennale d’Architecture de Venise en 2008.
Création de l’architecte et urbaniste irako-britannique Zaha Hadid (1950-2016), « Lotus » représente une réalisation qui illustre ce qu’est le mouvement déconstructiviste auquel elle était une figure.
Le déconstructivisme assume pleinement une rupture avec les traditions techniques et figuratives qui ont été, d’une certaine manière, la « matrice » dans la création architecturale.
« Lotus » est le fruit d’une fusion entre le mobilier et l’architecture, et aussi même aussi entre une sculpture et une architecture.
Aux caractéristiques suivantes, à savoir une création aux modules fragmentaires, avec des structures dépliables, une esthétique organique et fluide, il est tout à fait évident que le but recherché est avant tout d’adapter l’architecture à l’individu et non le contraire. L’espace n’est ainsi plus figé mais se plie ou s’ajuste, en fait, comme une fleur de lotus qui déploie ses pétales en quelque sorte. On part de l’objet vers l’espace et non l’inverse.
Pour ce qui s’agit de sa conception, c’est avant tout l’usage de logiciels de dessin assisté par ordinateur en trois dimensions, d’une part, et, d’autre part, le choix de matériaux composites et légers. La fibre de verre, la fibre de carbone, ou les résines polymères avec des panneaux sandwiches haute résistance ont permis les formes courbes et continues impossibles à réaliser avec des matériaux traditionnels. Peut-être un jour cela sera possible si un procédé industriel est inventé !!!???
La structure pliante en fragments et les articulations permettant différentes postures, autorise des modules à usage combinés comme un lit qui peut devenir un bureau, ou une paroi qui peut être un mobilier.
Les procédés de fabrication numériques comme la découpe CNC (dispositifs de fraisage automatisés qui fabriquent des composants industriels sans assistance humaine directe), également le thermoformage (technique permettant la réalisation de formes d’un matériau par chauffage) et le moulage composite, peuvent rendre, si c’est souhaité, chaque pièce unique tout en étant produite industriellement.
Cette installation, qui reste, à mon avis, encore au stade du prototype (comme un « concept car » pour l’automobile), représente de nouvelles pistes de réflexion dans l’approche de l’architecture et de son évolution. Il s’opère un glissement progressif de l’architecte vers un rôle de modeleur d’espaces transformables. « Lotus » semble être la concrétisation de la recherche d’une volonté de brouiller, voire d’effacer la frontière entre le contenu et le contenant, entre le mobilier et le bâtiment, et plus généralement, entre objet et espace.
Si le parti pris est futuriste, peut-être extraterrestre, même si je pense qu’il se réfère aussi au monde des insectes, ce projet est avant tout une réflexion humaniste et cherche à redonner à l’habitant un pouvoir d’action sur son espace, une liberté de transformer son environnement selon ses usages, ses rythmes, ses humeurs.
Pour conclure, certes, si « Lotus » contribue à une vision nouvelle du vivre-ensemble et du rapport au milieu habité, libérée des contraintes de l’espace qui s’imposent à l’architecture, il en reste cependant une, sur lequel l’habitant ne peut pas avoir un pouvoir d’action, en fait, que personne ne pourra jamais dominer et qui aura toujours le dernier mot, le climat.
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Nicolas globe croqueur.
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