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1 – Lors d’un problème technique sur un chantier, ce qui guide les choix.
Tout d’abord, une bonne expérience dans la pratique du chantier permet d’anticiper les éventuels problèmes qui pourraient apparaitre. Toutefois, sur mes 35 années de salariat en tant que dessinateur-projeteur, je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu qu’un chantier se déroulait sans son lot de problèmes, et qui peuvent être la cause de retards dans le planning. À ce sujet et à ma connaissance, le chantier de restauration de la cathédrale de Notre-Dame de Paris aura bien été le seul s’être déroulé sans dépasser la « dead line ». À l’inverse, la date de la mise en service de la ligne de métro 15 du Grand Paris Express, qui reliera le Pont de Sèvres (Boulogne-Billancourt) à Noisy-le-Grand, est sans cesse reportée : programmée au départ fin 2025, elle est prévue, normalement si tout va bien, courant 2027.
Pour entrer dans le vif du sujet, il faut prendre en compte une hiérarchie de critères qui commence par la sécurité, puis le respect de la conformité réglementaire, la faisabilité technique accompagnant la cohérence du projet architectural, la prise en compte des contraintes économiques et temporelles, normalement qui garantissent par la suite la résistance dans le temps et la pérennité.
La sécurité : celles des intervenants, les ouvriers en particulier, puis des usagers en tenant compte du bâti existant, le tout dans le respect des normes (accessibilité, hygiène, incendie, structure).
La conformité réglementaire : respect des normes en vigueur, des règles d’urbanisme, prise en compte du Document Technique Unifié établi par la Commission Générale de Normalisation du Bâtiment, sans oublier l’avis des bureaux de contrôle et assurances.
La faisabilité technique : vérification de compatibilité avec la structure existante (dans le cas d’une rénovation et/ou d’un agrandissement), vérification également sur la concrétisation des solutions proposées sur un chantier, et anticipation sur la disponibilité des matériaux et de leur quantité nécessaire, sans négliger non plus les savoir-faire.
La cohérence avec le projet architectural : vérifier que l’intention architecturale, spatiale, esthétique et fonctionnelle soit respectée. Le projet doit permettre d’affirmer les choix esthétiques sans subir des contraintes techniques au détriment de l’esthétique.
La prise en compte des contraintes économiques et temporelles : respect du budget et du planning dans le cadre du rapport du coût et de la durabilité. Sur ce point, ne vaut-il mieux pas une solution plus onéreuse mais plus durable avec le budget prévu plutôt qu’une autre moins onéreuse et moins durable qui obligera une nouvelle intervention avec un budget qui ne sera pas forcément prévu !!!???
La pérennité et la durabilité : solutions qui « tiennent la route » dans le temps, en tenant compte de la maintenance (c’est un budget aussi !), l’impact environnemental et l’évolutivité.
Pour conclure : toujours privilégier des solutions sûres, conformes, techniquement viables, sans s’éloigner de l’esprit du projet et tout en restant réaliste sur le plan du coût et du délai. Sur le volet de l’esprit du projet, la Sagrada Familia, à Barcelone, qui est sur le point d’être terminée, en est un exemple et je suis à peu près certain qu’Antoni Gaudí serait très heureux aujourd’hui du résultat.
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2 – Un client adresse à l’architecte d’intérieur le chèque de règlement du lot de peinture afin que vous le rétrocédiez à l’entreprise. Devra t’il l’accepter ? Pourquoi ?
En principe, non, sauf en cas de pratique très encadrée.
L’architecte ou l’architecte d’intérieur réceptionne les factures en fonction des travaux réalisés. Il donne ensuite son « feu vert » au client, il transmet un duplicata au client avec la mention « bon pour facture » de manière à ce que ce dernier puisse envoyer le chèque à l’entreprise.
L’architecte ou l’architecte d’intérieur serait amené, s’il acceptait un chèque d’un client à son nom, à intervenir sur un maniement de fonds pour le compte d’un tiers, donc, de devenir un intermédiaire financier, ce qui peut être juridiquement sensible, à moins d’un mandat écrit qui stipule qu’il est autorisé à recevoir des fonds pour le compte de l’entreprise. Pour cela, il doit disposer d’une assurance spécifique pour le maniement des fonds, utiliser un compte bancaire séparé et assurer une traçabilité rigoureuse des sommes. Ces précautions servent à éviter la mise en cause de sa responsabilité civile, le litige en cas de non-paiement ou de malfaçons, le soupçon de gestion de fait ou de pratique illégale.
De toutes façons, le client doit établir son chèque à l’ordre de l’entreprise, et il est plus pratique qu’il l’envoie ou le remette en main propre à l’entreprise. Eventuellement, il peut l’envoyer ou le remettre en main propre à l’architecte ou l’architecte d’intérieur, lequel se chargera ensuite de le transmettre de la manière de son choix à l’entreprise.
Pour conclure, un de mes anciens professeurs, feu Pierre Gautier Delaye (1923-2006), qui fut décorateur, architecte d’intérieur, graphiste et designer industriel, nous expliquait que la pratique de la profession, c’était « dix pour cent de création et quatre-vingt-dix pour cent d’emmerdements ». Inutile donc de s’en ajouter avec ce qui n’entre, à priori, pas dans les attributions d’un architecte ou architecte d’intérieur.
3 – Dans le cadre d’une estimation du montant des travaux avant de passer à la phase DCE, comment estimez la TVA ?
En phase d’avant-projet sommaire ou avant-projet définitif, l’estimation budgétaire est toujours calculée en hors taxe. Il est ensuite inséré une taxe en valeur ajoutée selon la catégorie dans laquelle rentre le projet. En cas de manque d’information au stade de l’avancement de celui-ci, il est appliqué un taux estimatif.
Le double affichage hors taxe (HT) et toutes taxes comprises (TTC) est appliqué de façon à faire comprendre au client que le taux du TTC peut varier. C’est ce que font les entreprises généralement.
La TVA se définit selon le statut du client et/ou de la nature des travaux.
L’architecte ou l’architecte d’intérieur est donc obligé d’appliquer un taux indicatif selon la nature du projet.
Cependant, avant le DCE, il est souvent impossible d’être certain de l’attribution exacte du type de TVA selon le type de travaux, également sur l’éligibilité au taux réduit ou non, la situation fiscale exacte du client, et les déclarations que le client signera (attestation TVA). Ce sont donc les entreprises qui seront amenées à déterminer le taux définitif de la TVA.
L’architecte ou l’architecte d’intérieur applique un taux indicatif en fonction du projet. Voici quelques exemples :
| Situation | TVA estimée |
| Construction neuve | 20 % |
| Rénovation / réhabilitation | 10 % |
| Rénovation logement > 2 ans (sous conditions) | 10 % |
| Travaux d’amélioration énergétique ciblés | 5,5 % |
Le taux retenu est donc celui qui a le plus de chances de s’appliquer, compte tenu des infos connues à ce stade. Au départ, de toutes façons, travaux et honoraires sont fixés en HT.
4 – Qu’est-ce qu’un carottage ou un sondage ? Quelques exemples.
En construction, le carottage et le sondage désignent des opérations de perçage d’un sol ou d’un mur existant, dans le but d’une analyse qui sera un peu différente.
Le carottage est une opération qui consiste à percer un matériau en en prélevant un cylindre appelée carotte, pour l’analyser, ce qui permet de connaître la composition d’un matériau, sa résistance, son épaisseur, sa qualité, ce qui permet de contrôler la conformité d’un ouvrage.
Un carottage peut aussi servir à percer un sol ou un mur pour faire passer des câbles d’un niveau à un autre d’un bâtiment ou d’une pièce à une autre si un mur est porteur. Il peut aussi servir à intégrer des structures pour renforcer un ouvrage.
En architecture, le matériau concerné est principalement le béton, en voirie, les enrobés, en géologie, les sols durs et la roche.
Une dalle en béton peut être carottée pour mesurer sa résistance à la compression, un mur porteur avant une démolition partielle, dans le but de voir s’il est possible de faire deux pièces en une, par exemple.
Il est considéré comme partiellement destructif mais d’une très grande précision.
Un sondage est une opération qui consiste à explorer, avec ou sans prélèvement, un sol ou un ouvrage pour en connaitre sa composition.
Il permet d’informer sur la nature d’un sol, identifier éventuellement la présence d’eau et/ou de vides, et s’avère très utile pour adapter les fondations d’un projet. Exemple : lors de la construction de l’Opéra Garnier à Paris au XIXe siècle, il a fallu composer avec la présence d’une poche d’eau.
5 – Comment investir des combles dont les entraits de fermes descendent très bas (moins de 1,80 m) ?
Quand les entraits de fermes descendent très bas (en dessous de 1,80 m) et sans toucher à la structure, il est quand même possible de concevoir une pièce à vivre avec ce constat très simple de se mouvoir là où on peut se tenir debout et ranger là ou on est obligé de se baisser (placards, tiroirs, étagères, lit bas, bureau, futon). Cette solution offre l’avantage de ne pas envisager de travaux structurels, d’avoir un coût maitrisé et de ne pas déstabiliser la structure de la toiture.
Pour optimiser l’espace, il est parfaitement envisageable d’intervenir sur la structure de la charpente avec impérativement, en préambule la sollicitation d’un ingénieur structure / bureau d’études bois qui opérera des calculs. Les entraits existants empêchant l’écartement des murs, ils seront remplacés par des poutres retroussées, un portique ou un système métallique.
Ci-dessous, une solution proposée. Attention, la hauteur sous l’entrait dans la nouvelle configuration ne doit pas être en dessous de 1 m 80. Pour une « respiration spatiale », surtout pour des personnes de grande taille, privilégier plutôt une hauteur de 2 m 40.
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Autre cas de figure. Il est possible de modifier une ferme pour la remonter, autrement dit, la retrousser. Opération réalisée par un charpentier avec faisabilité à étudier dès le début du projet.
Les entraits existants seront découpés et reposeront sur des jambes de force de part et d’autre, les contrefiches seront ôtées et le poinçon sera découpé et reposera sur un nouvel entrait retroussé.
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Une autre solution consiste à abaisser le plancher, mais il ne faut pas que la hauteur sous plafond du niveau en dessous soit inférieure à 1 m 80 (Loi Carrez), si celle-ci est une pièce à vivre.
Pour conclure, tout va se déterminer selon le budget et les besoins, s’il s’agira d’une pièce à vivre ou d’un « comble de dépannage » prévu plutôt pour de l’archivage.
6 – Comment appelle t’on la partie du mur située immédiatement au-dessus d’une ouverture dans un mur porteur (porte ou fenêtre), à quoi sert-elle ?
Cette partie se nomme le linteau et il sert non seulement à soutenir, mais aussi à répartir le poids d’un mur ou d’une structure au-dessus d’une ouverture, ce qui permet de transmettre les charges vers les côtés de celle-ci, autrement dit, vers les montants ou les parties pleines du mur. Important : vérifier que la résistance des montants ou des murs soit en capacité de supporter ces charges.
Une ouverture, cela peut être envisagé pour y placer une porte, une porte fenêtre, le percement d’une cloison porteuse pour agrandir un espace et réunir deux pièces, par exemple.
Un linteau et aussi un élément qui participe à l’esthétique architecturale comme sur ce très bel exemple du visuel ci-dessous représentant un de ceux situés sur le minaret de la Grande Mosquée de Kairouan, en Tunisie, avec des motifs sculptés d’un raffinement remarquable. La notion de la beauté associée à une solution technique, en quelque sorte.
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7 – Présentation de deux systèmes, faisant partie de la couverture, et complétant la charpente bois, sur lesquels sont fixées les tuiles d’un bâtiment.
Il s’agit des liteaux et des voliges.
Les liteaux sont des lattes en bois, espacées, et fixées à la charpente, perpendiculairement aux chevrons plus précisément. Ils sont plus adaptés pour la pose de tuiles mécaniques ou de tuiles romaines.
Leur fonction consiste à ce que la tuile puisse se « poser » et, pour une meilleure résistance aux intempéries et aux vents forts en particulier, être accrochée.
Autrement dit les liteaux sont plus adaptés à recevoir des tuiles à emboitements ou à crochets.
A noter que les liteaux et les chevrons reposent sur une étanchéité, afin de prévenir des fuites d’eau.
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Tout types de revêtements de toitures ne sont pas forcément adaptés aux liteaux, comme l’ardoise, par exemple. Il existe une autre manière de procéder qui s’appellent les voliges.
Les voliges sont des planches de bois fines plates de 10 à 20 mm d’épaisseur, utilisées en charpente et couverture de toiture et destinées à supporter des tuiles plates ou des tuiles en ardoises qui sont cloutées.
Elles sont fixées les unes à côté des autres, avec parfois un petit espacement, sur les chevrons.
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8 – La différence entre un parquet traditionnel massif et un parquet stratifié.
Le parquet traditionnel massif est composé entièrement en bois massif, aux essences comme le chêne ou le hêtre, par exemple. Il est conçu pour durer et il peut être poncé pour être rénové plusieurs fois, ce qui lui donne un aspect plus authentique, patiné et chaleureux. Son coût reste plus élevé que le parquet stratifié, il est plus sensible à l’humidité et nécessite une pose techniquement parlant plus pointue.
On en trouve dans les beaux appartements haussmanniens parisiens, par exemple, avec un assemblage à chevrons, ou dits « à points de Hongrie ».
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Il peut être également à lattes, comme on peut le découvrir sur le visuel ci-dessous.
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Aménagement d’appartement, travail personnel dans le cadre d’une commande pour un architecte (rénovation d’un bâti ancien)
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Le parquet stratifié , d’1 cm d’épaisseur maximum, est constitué de lames présentant un empilement de plusieurs couches ou de plusieurs strates fines qui peuvent être en bois massif ou en aggloméré. La couche supérieure peut être en imitation bois ou en bois massif. Son coût est moins onéreux et les modèles hauts de gamme offre une bonne résistance à l’usure quotidienne, contrairement aux modèles bas de gamme avec des lattes qui ont tendance à se désolidariser et à se gondoler avec le temps. Il n’est pas ponçable et une fuite d’eau, causée par un chauffe-eau défectueux peut lui être fatal, même pour les modèles de bonne qualité.
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Aménagement d’un salon, travail personnel
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Le parquet traditionnel, de 3 cm d’épaisseur, dégage une patine et une authenticité que n’offrira jamais le parquet stratifié, encore moins pour les modèles en vinyle qui les imite et restent, à mon avis, très kitch. J’ai toujours pensé que c’est plus authentique de choisir un matériau pour ce qu’il est plutôt que pour ce qui veut être, exception faite du trompe l’œil qui s’intègre dans une dimension artistique. A ce sujet, la déco de l’Hôtel du Palais à Biarritz assemble harmonieusement le marbre et le marbre en trompe l’œil.
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C’est tout,… pour le moment !!!
Nicolas globe croqueur (et photographe).
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