Bonne année 2026

Faites de votre vie un rêve et d’un rêve une réalité.

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Je commence cette publication, par la citation de Saint-Exupéry : « Faites de votre vie un rêve et d’un rêve une réalité ». Et si beaucoup de doutes m’ont traversé, c’est qui m’aura plutôt motivé en cette année 2025, par forcément évidente, par ce que concerné par un licenciement économique après 31 ans dans une même entreprise.

Je ne me suis pas laissé et ne me laisse pas abattre dans la mesure ou j’entreprend des formations de perfectionnement dans le but de me réinsérer de nouveau dans le monde du travail (eh oui, même à 60 ans, il faut y croire).

Je vous ai fait et vous ferai partager d’ailleurs quelques publications relatives à ces formations, sur des sujets en architecture, ou en design.

Par ailleurs, passé un merveilleux séjour en Espagne avec mon ami aquarelliste Alain Marc, qui nous a emmené à Madrid, et à Tolède.

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La Puerta del Sol, à Madrid

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Vous avez pu découvrir mes publications sur la capitale espagnole et l’Escurial en 2025 et je vous prépare celle sur et les moulins de Consuegra et Tolède au printemps 2026.

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La belle gare de Tolède, d’inspiration mauresque

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2025 aura été aussi l’occasion de faire connaissance avec un autre aquarelliste, Christophe Dubesset, avec qui j’ai partagé un séjour sur l’Ile de Ré en août.

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Le pont de l’Île de Ré depuis Rivedoux-plage

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Mon objectif de relier Paris à Tours à vélo, commencé en 2021, aura aussi été atteint, après avoir longé le canal d’Orléans et la Loire à partir de cette ville.

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Bief du Milieu de Grignon sur le canal d’Orléans

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Le fleuve à Chaumont-sur-Loire

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Et pour ce qui s’agit des canaux, j’ai également longé, à l’automne, le canal de l’Ourcq de Paris à Meaux.

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Canal de l’Ourcq, sur le bief de Fresnes-sur-Marne

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De nombreux projets détermineront ma feuille de route pour l’année qui commence et celles qui suivront. Je ne manquerai pas de vous en faire part sur mes publications.

Bonne et heureuse année 2026 à toutes et à tous, qu’elle vous soit heureuse et belle à défaut d’espérer un monde meilleur, ce qui reste une utopie.

Nicolas globe croqueur (et photographe).

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Différents liens relatifs à cette publication.

Echappées ibériques 2025 (1) : lien sur un nouvel onglet.

Echappées ibériques 2025 (2) : lien sur un nouvel onglet.

Un été à l’Île-de-Ré : lien sur un nouvel onglet, et lien sur le site des Urban Sketchers France.

De Paris à Tours à vélo en 14 étapes :lien sur un nouvel onglet.

La Loire à vélo par Nicolas : lien sur un nouvel onglet.

Sur le canal de l’Ourcq : lien sur un nouvel onglet.

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Un parterre végétal dans un hall.

Art, peinture, décoration et architecture (7-2) : analyse d’un aménagement paysager.

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Description générale et l’intention du décorateur.

Tout d’abord, le lieu entre dans ce qui pourrait être défini comme un « espace servant » (circulations, couloirs, escaliers). Ceux-ci, ayant plutôt été négligés par les architectes et les décorateurs autrefois, retrouvent un gain d’intérêt afin de les placer à égalité avec les espaces servis (les pièces à vivre). Pour ce qui est du domaine d’un local professionnel, ce qui semble être le cas sur la photo ci-dessus, soigner architecturalement et décorativement parlant un « espace servant » est une « porte d’entrée » avantageuse pour le client qui se rend dans une entreprise, et surtout, contribue aussi à son image, son sérieux et sa crédibilité.

Le challenge est donc réussi pour ce cas précis.

Au style moderne et épuré de ce hall, équipé de grandes baies vitrées, aux lignes droites, aux couleurs apaisantes du lieu, aux matériaux qui s’harmonisent comme le bois des marches d’escalier, le gris dit « lunaire » du carrelage, l’acier de la rampe d’escalier, également présent sur les supports des marches, s’intègre parfaitement un « volet » végétal reposant sur un « tapis » de galets.

La structure ouverte, la circulation fluide entre les niveaux, contribuent à ce que cette harmonie entre le minéral, le végétal et le style d’inspiration industrielle soit parfaitement réussi. De plus, ces plantes posées sur les galets, complétées par la touche élégante du bosquet dans le pot en terre, permet de théâtraliser la cour le patio, que les larges baies vitrées invitent à découvrir. L’escalier extérieur et le lierre qui de déploie sur le mur s’en trouvent ainsi valorisés.

L’objectif du décorateur de créer un espace fonctionnel, esthétique et apaisant est tout à fait atteint. Il est souligné par la combinaison du style contemporain et de l’apport naturel, créant ainsi une atmosphère calme et raffinée.

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Mon avis quant à l’effet produit en terme décoratif.

Le l’effet obtenu est un espace raffiné et sans fioritures ni surcharges. Non seulement la végétation intérieure contribue incontestablement à un esprit de tranquillité et participe à une transition douce entre les espaces, mais les lignes architecturales rigoureuses, les choix des couleurs, complétées par le matériau choisi pour les marches apporte un équilibre harmonieux et sophistiqué entre minéral, végétal et architectural.

L’esthétique du décor est aussi une plus-value à la mise en valeur de l’architecture.

Cependant, même si les intentions à travers la jardinière et son positionnement dans l’espace, consistent à apporter de la chaleur à ce lieu plutôt froid, le résultat reste trop compact et un peu « timide ». L’emprise au sol de la jardinière, restant délimitée et cadrée par des dalles carrelées grises, le parti-pris peut nous faire penser à un ensemble manquant de volume et de luxuriance. Renforcer le jeu des verticalités inhérentes à l’escalier central, à l’aide d’un déploiement plus généreux de la végétation aurait permis d’accentuer le côté « patio ».

Nicolas globe croqueur (et photographe).

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Edit sur quelques conseils avisés pour l’entretien des plantes.

Les plantes supportent les températures tempérées. L’excès de chaleur ou le froid est contre indiqué.

La plante à besoin de lumière pour vivre et particulièrement fabriquer sa chlorophylle.

Il est indiqué de laver les feuilles d’une plante avec des produits spécialement adaptés comme le savon noir ou doux très dilué. L’eau doit être à température ambiante.

Le printemps est la saison indiquée pour apporter de l’engrais à la plante. A proscrire en hiver par ce qu’elle est au repos. L’engrais en bâton a une action plus lente par ce que la diffusion dans le sol est progressif et permet de la nourrir plusieurs semaines.

L’engrais est bon pour les feuilles et leur couleurs. Il permet aussi une pousse plus rapide des plantes.

Les plantes se portent bien dans un pot contenant de la terre humide. Cependant, celui-ci doit avoir un trou en drainage pour évacuer l’excès d’eau.

Pour meubler l’espace d’un grand appartement, j’utilise des arbres d’appartements. Quelques exemples sur ce lien.

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Deux études de Land Art

Art, peinture, décoration et architecture (7-1) : d’un travail de Nils Udo à une composition personnelle.

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1 / Analyse d’une œuvre de Land Art de Nils Udo.

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Titre de l’œuvre : Riss à Cordellava, pétales appelées « langues de feu ».

Artiste, Nils Udo, né en 1937, d’abord peintre, puis se spécialisant dans le Land art à partir des années 1970.

Année de conception : 1990, lieu, Île de la Réunion.

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Description de l’installation :

Création dans un paysage volcanique composé de coulées de lave solidifiée et de fissures dans la roche, verticales et horizontale. Disposition de part et d’autre de la fissure la plus prononcée de pétales rouges appelées « langues de feu » (une référence à la lave du volcan en fusion).

Contraste entre les nuances de gris de la lave solidifiée et la couleur des pétales, complété d’un relief incurvé qui rappelle une vague d’eau ou la dune d’un paysage désertique.

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Description des éléments naturels qui composent l’installation paysagère.

La lave solidifiée se compose principalement de silicates de fer et de magnésium. En refroidissant, elle se contracte, et crée des fissures et des craquelures, comme on peut le découvrir sur la photo ci-dessus. Les pétales dites « langue de feu » sont issues de la végétation tropicale avoisinante, et plus particulièrement du poinsettia, d’un rouge intense, très présent dans le paysage naturel environnant.

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C’est d’ailleurs sans doute pourquoi Nils Udo a porté son choix sur ces pétales, pour le contraste avec la lave solidifiée. Une recherche de complémentarité de couleurs a sans doute aussi motivé l’artiste puisque les pétales s’harmonisent avec les nuances grises-vertes du minéral, surtout à certaines heures de la journée.

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Ce que les éléments naturels mis en scène révèlent.

La lave solidifiée signifie que la nature a toujours le dernier mot, par contre, sur un temps très long. Les matières minérales symbolisent l’austérité, la dureté, voire temporairement l’hostilité. Elles nous démontrent qu’elles sont très difficilement transformables (très difficiles de sculpter dans de la pierre volcanique). D’ailleurs, ce n’était pas l’intention de l’artiste, à savoir transformer la nature, mais plutôt de nous sensibiliser à ce que contient le paysage, et la fissure, cicatrice au sol, symbolise la terre en transformation, une faille, une trace de tension interne. Pour l’accentuer, Nils Udo a choisi d’aligner les pétales de part et d’autre de celle-ci. C’est ici la seule intervention humaine dans la création de cette œuvre éphémère.

A l’invincibilité du minéral s’oppose la fragilité des pétales rouges de poinsettia, disposées de manière à nous donner l’illusion d’une lave qui sort du volcan, autrement dit, comme si celui-ci respirait encore. Elles symbolisent non seulement la beauté passagère, la délicatesse du monde vivant, particulièrement celui de la flore, mais aussi la fragilité et l’éphémère face à la brutalité minérale.

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Les éléments naturels « metteurs en scène ».

L’organisation naturelle, juste complété par la discrète intervention humaine de Nils Udo qu’aura été, pour rappel, de placer les pétales autour de la fissure. Cela peut se définir comme une théâtralisation.

Le décor principal : la lave solidifiée, dégageant une atmosphère qui absorbe la lumière et évoquant une ambiance figée, propre à la puissance récurrente du volcan, quand il se réveille.

La ligne directrice : la fissure qui donne une direction au regard et suggère une circulation. Elle peut évoquer une narration par ce que c’est par elle que l’énergie semble circuler.

Les actrices de la scène : les pétales, malgré leur couleur rouge vif et leurs formes qui évoquent les flammes, la chaleur. Elles n’en restent pas moins un symbole de vie passagère en opposition à la pérennité du minéral.

Enfin, la mise en scène se définit aussi par le contraste : sombre/clair, dur / fragile, froid/chaud, immobile à moyen terme, dans l’échelle du temps pour la lave du volcan / vivant à court terme dans la même échelle du temps pour les pétales qui seront amenées à se faner, à se dessécher, et à se décomposer, du moins beaucoup plus rapidement que le minéral, qui finira lui aussi par être modifié et érodé par un autre élément naturel, l’eau.

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Mon ressenti, forcément subjectif et personnel, face à cette œuvre d’art.

Humilité face à la force de la nature, aussi un dialogue avec elle, une approche sans artifices, une source inépuisable d’inspiration. C’est à l’être humain de s’adapter à la nature pour être en harmonie avec elle et non le contraire, comme longtemps les temps modernes nous l’ont fait croire, dès la Révolution industrielle, par exemple.

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Pour conclure.

Ce qui m’intéresse le plus, c’est la démarche choisie, c’est-à-dire une intervention après avoir observé un lieu. Il a su utiliser uniquement des éléments naturels pour finaliser son travail. Cela prouve que la nature reste une source d’inspiration inépuisable pour tout artiste qui souhaite créer, par ce qu’elle fournit tous les éléments pour cela, comme le feuillage, les branches, les fleurs.

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2 / Ma proposition personnelle autour d’un arbre.

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Description : labyrinthe en pétales de coquelicots autour d’un arbre. Ci-dessous, la vue globale de ma proposition.

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Ma proposition vient-elle révéler ou transformer le paysage existant ?

Elle n’a pas la prétention de transformer de manière pérenne le paysage. Vouloir le transformer exigerait très certainement, avant de le valider, des autorisations administratives auprès des organismes habilités, plus encore s’il s’agissait d’un site naturel classé. Il révèle, en revanche, une partie d’un paysage. Le résultat éphémère issue du parti pris choisi, consiste à placer des pétales de coquelicots autour d’un arbre en s’appuyant sur la trame d’un labyrinthe circulaire.

Tout au plus, au préalable, l’usage d’une tondeuse ou débrousailleuse sur la surface circulaire aura été nécessaire afin de mettre toutes les chances de mon côté et de placer les pétales correctement.

En revanche, cette intervention révèle le paysage environnant, qui reste intact. L’arbre choisi, autour duquel s’articulent les pétales, est mis en valeur. La structure du lieu est également mise en valeur par l’horizontalité qui est soulignée. Une intervention qui a pour aspiration, je l’espère, à nous amener à voir un paysage autrement.

Ici, un décor principal, le paysage, un point central qui détermine un axe, l’arbre, et un cheminement, le labyrinthe. Cette création peut nous amener à dialoguer avec un lieu et son environnement proche. La véritable transformation s’opèrera dans la tête de individus qui découvriront cette création, par le regard qui lui sera porté.

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Description, en quelques lignes, de mes intensions.

La mise en valeur du lieu. Le labyrinthe circulaire de pétales nous invite à diriger le regard et vers l’arbre, cœur du dispositif et lui donner une place centrale, on pourrait dire presque sacrée, dans le but de souligner son rôle de repère dans le paysage.

Une réflexion personnelle intérieure par une déambulation qui nous engage dans une relation intime avec le lieu, le temps et le rythme de la nature, d’autant plus que le labyrinthe nous suggère un cheminement lent et méditatif.

Recherche d’un contraste entre les coquelicots et l’herbe verte sur laquelle il repose, d’une part, et entre ces pétales et l’ensemble de l’environnement. Une richesse voulue par une distinction chromatique forte mais harmonieuse avec la verdure environnante.

Certaines personnes pourront y trouver aussi une dimension symbolique et spirituelle, en transformant un espace naturel en lieu de réflexion et de contemplation. Le cercle et le labyrinthe évoquent des notions universelles : cycle de la vie, retour à l’origine, chemin intérieur.

Ce projet revêt une dimension éphémère, vouée à disparaître à court terme, comme, par exemple, aux premières rafales de vent. Il s’inscrit dans une démarche respectueuse de l’environnement qui n’en sera pas altéré durablement par ce qu’aucune transformation permanente n’est opérée.

J’évoquais les autorisations administratives plus haut, mais il est nécessaire de s’assurer qu’avant de concrétiser quelque projet de Land art quels qu’il soient, il est nécessaire d’obtenir l’autorisation du propriétaire du terrain, si le lieu retenu se trouve sur une propriété privée.

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Matériaux utilisés.

Ici, point de matériaux, mais ce petit pavot sauvage à fleur rouge vif présent à proximité : le coquelicot, en grande quantité, certes !!!

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Le titre.

« Rituel pour un arbre ».

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Nicolas globe croqueur (et photographe).

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3 / Pour aller plus loin : Les nouvelle approches de la création architecturales et paysagères.

Le processus créatif :

Le processus créatif est le chemin qui conduit d’une idée à sa réalisation, sa traduction plastique et visuelle. Il constitue toute la démarche de progression entre la naissance d’une idée et sa concrétisation finale : sa mise en forme.

Installations paysagères :

Souvent éphémères, ces œuvres appelées « installations paysagères » se posent et s’inscrivent dans le paysage un instant : elles sont traversées par le visiteur, qui peut les arpenter, les expérimenter, mais la plupart du temps, elles ne sont visibles et lisibles qu’après leur disparition, sur supports visuels (photographie, vidéo).

Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) :

Même si ces nouveaux outils de communication tels que la vidéo, la photo, etc., rendent plus visible l’art ou son contenu, il n’en reste pas moins que tout art s’accompagne d’un regard critique.

Et c’est bien cette notion de message qui compte et qui reste source de toute expression artistique : ce que l’artiste a voulu dire, questionner et évoquer, et son expression plastique et esthétique n’en sont que renforcées.

Le processus :

Les architectes acceptent l’idée que la forme de leur édifice puisse résulter d’une écriture graphique libre, hasardeuse, sans principes esthétiques convenus, sans trames ni principe constructif qui structure la réflexion de l’architecte.

En résultent alors des projets aux formes extravagantes ou agressives, des formes étirées, déstructurées, qui font la singularité de nombreux édifices d’aujourd’hui.

La place du corps :

Tout le travail de l’architecte consiste donc, certes, à concevoir une volumétrie faite d’espaces dédiés à des fonctions distinctes, intégrés dans l’environnement qui l’entoure, mais doit aussi intégrer dans sa construction la question des usages à l’intérieur même de cette volumétrie.

En ce sens, la fonctionnalité redevient une question très importante pour les architectes, pourtant mise de côté pendant certaines années.

Les déplacements, les circulationsentre espaces, font le « rythme » de l’architecture ; les « pleins » qui composent les murs et volumes s’écrivent donc avec et autour des « vides ».

Nous parlons d’« espaces servis » (les pièces à vivre) et d’« espaces servants » (les circulations : couloirs, escaliers).

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« Louis Ghost »

Art, peinture, décoration et architecture (6-3) : une signature Philippe Starck.

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On ne présente plus Philippe Starck, né en 1949, et qui est un « touche à tout », autrement dit qu’il est intervenu et intervient sur les domaines qui vont de l’architecture à la création d’objets design dits « domestiques », comme son presse-citron, par exemple, en passant par des aménagements d’établissements recevant du public, comme le Café Coste à Paris ou de la création de mobilier, comme le fauteuil « Louis Ghost » que j’ai choisi de vous présenter.

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Aux origines : Dans le cadre d’une collaboration entre le designer et l’enseigne italienne Kartell, spécialisé dans la vente de mobilier contemporain, le fauteuil date de 2002 et fera partie d’éléments qui symboliseront très probablement le design du début du XXIe siècle. Il prend pour modèle le modèle du fauteuil à médaillon inventé par le menuisier en sièges Louis Delanois en 1769. Sans doute un clin d’œil de Philippe Starck pour la dénomination de son siège !!!???

Caractéristiques : 54 cm de largeur, 94 cm de hauteur, 67 cm de hauteur pour les accoudoirs, 47 cm pour l’assise, et pesant 5 kg 4. Pour le procédé de fabrication, le polycarbonate est injecté dans un moulage. Ce polymère dispose d’excellentes propriétés mécaniques et d’une résistance thermique permettant une utilisation entre −100 °C et 120 °C, qui fait de ce fauteuil tant un meuble d’intérieur que d’extérieur. Il est empilable.

La silhouette d’un fauteuil emprunté à un style du passé, à savoir le style Louis XVI, qui symbolise l’ordre, la rationalité et le pouvoir aristocratique, se voit transposée grâce au choix d’un matériau transparent issu d’une création industrielle mise au point en 1953 par les chercheurs Schnell, Bottenbruch et Krimm.

Pour l’analyse proprement dite, le siège est réduit à une pure forme graphique qui se réfère au souvenir d’un style dans une présence réduite au minimal, et révèle la distance qui nous sépare du modèle historique. La transparence confère à l’objet une dimension spectrale, autrement dit, sans la présence du bois, des textiles et des ornements, le fauteuil est visible mais presque désincarné.

La prouesse technique que permet le bicarbonate, offre la possibilité à Starck de sceller une rencontre entre l’héritage du luxe du passé et la logique industrielle contemporaine. Ainsi, une icône du pouvoir absolu d’autrefois peut être reproduite en milliers d’exemplaires. Ce qui relevait de la fabrication artisanale, donc plus rare, est transposé dans la fabrication industrielle en série. L’objet, et plus précisément le meuble du XVIIIe siècle, signe de distinction et de prestige social, devient un produit plutôt de masse (par ce son coût reste, quand même assez élévé), sans pour autant banaliser son prestige. La portée symbolique en est amplifiée et ce fauteuil pourra très certainement être considéré comme une icône du design contemporain, qui ne s’interdit rien, pas même de revisiter les formes du passé.

La révolution dans sa conception réside aussi sur le fait que le moulage soit monobloc. D’autres créations antérieures ont été aussi conçues en polymère, mais en pièces détachées ensuite assemblées. Je pense, par exemple, à la chaise « Universale » (1967) du designer italien Joe Colombo (1930-1971).

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Pour en faire une lecture qui se réfère à la pensée de Jean Baudrillard, le fauteuil Louis Ghost devient un signe culturel, un marqueur social, un élément du vocabulaire visuel de la modernité. D’ailleurs, s’il rencontre un succès certain dans les magazines, les hôtels design et les espaces institutionnels, c’est qu’il tient à sa capacité à communiquer immédiatement en devenant lisible au premier regard, identifiable sans ambiguïté, et même presqu’un logo, penseront certains. L’objet-usuel symbolise ainsi un élément d’un système de signes, un vecteur de reconnaissance et de connivence.

Pour conclure, « Louis Ghost » est non seulement un fauteuil mais participe à un dispositif critique comme une réflexion matérialisée sur le statut de l’objet dans un monde où l’image domine l’usage, où le symbole prévaut sur la fonction, et où le design devient le lieu privilégié d’une interrogation sur la culture elle-même. À la fois présence et absence, hommage et déconstruction, icône et fantôme, il condense en une seule pièce les questionnements qui ont traversé, traversent et traverseront le design du XXIᵉ siècle.

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Nicolas globe croqueur.

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« Lotus »

Art, peinture, décoration et architecture (6-2) : présentation d’un prototype innovant.

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« Lotus » est une installation qui fut présentée à la Corderie dans le cadre de la biennale d’Architecture de Venise en 2008.

Création de l’architecte et urbaniste irako-britannique Zaha Hadid (1950-2016), « Lotus » représente une réalisation qui illustre ce qu’est le mouvement déconstructiviste auquel elle était une figure.

Le déconstructivisme assume pleinement une rupture avec les traditions techniques et figuratives qui ont été, d’une certaine manière, la « matrice » dans la création architecturale.

« Lotus » est le fruit d’une fusion entre le mobilier et l’architecture, et aussi même aussi entre une sculpture et une architecture.

Aux caractéristiques suivantes, à savoir une création aux modules fragmentaires, avec des structures dépliables, une esthétique organique et fluide, il est tout à fait évident que le but recherché est avant tout d’adapter l’architecture à l’individu et non le contraire. L’espace n’est ainsi plus figé mais se plie ou s’ajuste, en fait, comme une fleur de lotus qui déploie ses pétales en quelque sorte. On part de l’objet vers l’espace et non l’inverse.

Pour ce qui s’agit de sa conception, c’est avant tout l’usage de logiciels de dessin assisté par ordinateur en trois dimensions, d’une part, et, d’autre part, le choix de matériaux composites et légers. La fibre de verre, la fibre de carbone, ou les résines polymères avec des panneaux sandwiches haute résistance ont permis les formes courbes et continues impossibles à réaliser avec des matériaux traditionnels. Peut-être un jour cela sera possible si un procédé industriel est inventé !!!???

La structure pliante en fragments et les articulations permettant différentes postures, autorise des modules à usage combinés comme un lit qui peut devenir un bureau, ou une paroi qui peut être un mobilier.

Les procédés de fabrication numériques comme la découpe CNC (dispositifs de fraisage automatisés qui fabriquent des composants industriels sans assistance humaine directe), également le thermoformage (technique permettant la réalisation de formes d’un matériau par chauffage) et le moulage composite, peuvent rendre, si c’est souhaité, chaque pièce unique tout en étant produite industriellement.

Cette installation, qui reste, à mon avis, encore au stade du prototype (comme un « concept car » pour l’automobile), représente de nouvelles pistes de réflexion dans l’approche de l’architecture et de son évolution. Il s’opère un glissement progressif de l’architecte vers un rôle de modeleur d’espaces transformables. « Lotus » semble être la concrétisation de la recherche d’une volonté de brouiller, voire d’effacer la frontière entre le contenu et le contenant, entre le mobilier et le bâtiment, et plus généralement, entre objet et espace.

Si le parti pris est futuriste, peut-être extraterrestre, même si je pense qu’il se réfère aussi au monde des insectes, ce projet est avant tout une réflexion humaniste et cherche à redonner à l’habitant un pouvoir d’action sur son espace, une liberté de transformer son environnement selon ses usages, ses rythmes, ses humeurs.

Pour conclure, certes, si « Lotus » contribue à une vision nouvelle du vivre-ensemble et du rapport au milieu habité, libérée des contraintes de l’espace qui s’imposent à l’architecture, il en reste cependant une, sur lequel l’habitant ne peut pas avoir un pouvoir d’action, en fait, que personne ne pourra jamais dominer et qui aura toujours le dernier mot, le climat.

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Nicolas globe croqueur.

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La question de l’image

Art, peinture, décoration et architecture (6-1). Extrait d’un texte de Chloé Braunstein et Claire Fayolle (in Hors-Série « Beaux Art Magazine » : « le design »).

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« Les objets sont aujourd’hui des icônes, ou des copies d’icônes, conçus comme des images à partir d’images et pour l’image. Ils indiquent formellement leur changement de statut, ainsi que Philippe Starck le précise : « La fonction est indispensable à tout objet, même le plus futile. Mais il faut bien comprendre que, parfois, l’objet n’a pas la fonction que l’on croit. Par exemple, savoir lire que l’automobile transporte des symboles mais pas des personnes, ou que mon presse-citron n’est pas fait pour presser des citrons, mais pour amorcer une conversation ». En cela, il suit les pas de Jean Baudrillard, qui, dans les années 1970, avançait déjà : « Ce qui est consommé, ce ne sont pas les objets, mais la relation qui se consomme dans la série d’objets qui la donne à voir » (1).

Starck montre que l’objet a perdu son statut initial d’ustensile pérenne, qu’il est devenu signe de reconnaissance, d’appartenance et de connivence. L’objet pourrait presque se contenter de n’être qu’une image, support d’une marque au concept, mettant ainsi en cause sa propre matérialité. Et le designer est là, au milieu de cette complexité sémiologique, pour donner du sens et du contenu, et faire que le courant passe entre l’objet-outil et son utilisateur.

De son côté, le philosophe François Dagognet affirme que, contrairement à l’objet, l’image est souvent perçue comme « irréelle, fantomatisante, fugitive, alors que nous apercevons en elle l’équivalent du réel, mais délesté de sa pesanteur, de ses inutilités. Avec elle, il nous reste que l’essentiel. » (2).

(1) « Le système des objets », Jean Baudrillard, éd. Gallimard, 1968. (2) « Les Dieux sont dans la cuisine. Philosophie des objets et objets de la philosophie ». »

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Le texte nous sensibilise sur le fait que, dans le design contemporain, l’objet a une tendance à glisser vers un statut d’image symbolique, en évacuant en partie, l’essentiel, c’est-à-dire, sa fonction matérielle. Designers, philosophes et sociologues semblent constater qu’avant d’utiliser les objets, nous cherchons à en consommer les signes, les symboles et, surtout, les relations qu’ils représentent.

Chloé Braunstein et Claire Fayolle, en s’appuyant sur les pensées du designer Philippe Starck et des philosophes Jean Baudrillard et François Dagonnet, tentent d’apporter une analyse pertinente sur notre rapport aux objets de design et en particulier sur l’évolution que nous avons ou que nous pouvons avoir de leur perception. Tout d’abord considérés comme ce qu’ils doivent être, c’est-à-dire des outils, s’ajoute une dimension iconographique et peuvent même devenir des supports symboliques.

Petite parenthèse au résumé des principales idées de ce texte, il est à souligner aussi que, selon les références culturelles que tout à chacun a plus ou moins eu la chance ou pas de recevoir dans son éducation et de son instruction, il apparait impossible que la perception soit la même d’un individu à un autre. Pour exemple, dans le film « Intouchables », le personnage campé par Omar Sy dérobe une pièce précieuse et raffinée qu’est un Œuf de Fabergé pour l’offrir à sa mère de fiction qui n’a, hélas, pas reçu les codes pour en apprécier la valeur, étant donné qu’elle le compare à… un Kinder surprise (sic) !!!

Pour en « revenir à nos moutons », c’est l’image et seulement elle qui détermine la production des objets contemporains avec pour objectif d’être immédiatement reconnaissables pour qu’ils puissent être signifiants, donc obligatoirement photogéniques, quitte à faire passer au second plan, son utilité. Autrement dit, vendre avant de se soucier de ce que cela peut être bénéfique pour le consommateur. Dans le domaine alimentaire, ce que sont appelés « les fruits et les légumes moches » n’entrent pas dans les critères des circuits commerciaux par ce que ne répondant pas aux critères définis et imposés, alors que leur goût reste identique, voire peut-être meilleur que ce qui est considéré esthétiquement comme présentable.

Philippe Starck souligne la fonction symbolique, et la perception qui peut être, selon moi, plus ou moins consciente, et que des objets peuvent avoir des fonctions supplémentaires inattendues, comme pour l’exemple de l’automobile, ou des fonctions qui en font presque oublier celle pour laquelle il a été créé, comme pour l’exemple du presse-citron.

L’objet est devenu un signe, un marqueur social, qui doit avant tout « raconter une histoire ». Pour en revenir au domaine alimentaire, et plus précisément des spiritueux, il n’a pas fallu attendre les XXe et XXIe siècle pour s’interroger sur le rapport au produit. Dans le film, « Le souper », qui se passe en 1815, essentiellement axé sur le dialogue entre Talleyrand (interprété par Claude Rich), et Fouché (interprété par Claude Brasseur), la scène avec le cognac est absolument savoureuse. Le second ingurgite, d’une manière un peu rustre, le breuvage à la vitesse de celui qui boirait du petit lait, à la grande désolation du premier qui tente de lui expliquer, et de le convaincre sans y parvenir, que boire du cognac, c’est d’abord raconter une histoire.

Le texte poursuit par l’analyse que fait Jean Baudrillard sur la manière de consommer les objets qui repose avant tout sur les relations symboliques qu’ils incarnent, ce qui dépasse leur simple utilité, au point même, peut-être, de la faire presque passer pour insignifiante.

L’analyse se poursuit par la matérialité de l’objet qui devient secondaire au profit du support conceptuel ou au vecteur d’identité visuelle qu’il représente. Le designer a donc pour mission de redonner du sens de manière à clarifier les enjeux symboliques afin de maintenir et, surtout, de redéfinir et renforcer le lien entre l’objet et l’utilisateur.

François Dagonnet pousse la réflexion en opposant l’objet à l’image, souvent perçue comme irréelle, fugitive, voire subjective, même si elle retient l’essentiel du réel, débarrassée de ce qui pourrait se définir comme une lourdeur matérielle, et elle peut posséder une puissance d’évocation et de signification qui dépasse parfois l’objet lui-même.

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Nicolas globe croqueur.

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La  » toujours » petite histoire de Nicolas Dürr, photographe, artiste, et donateur pour le Canal du Midi

Mon attachement à ce cours d’eau.

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Je reproduis ci-dessous mon entretien avec VNF, il y a quelques années et vous livre mes nouvelles impressions depuis l’interview.

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« VNF : Véritable passionné, vous êtes donateur au projet de replantation du canal du Midi. En parlez-vous autour de vous ?

Nicolas : Je le fais à chaque fois que j’en ai l’occasion, avec les lecteurs de mes publications, avec les personnes que je rencontre. Je suis heureux que le « volet » environnemental soit traité dans sa (bio)diversité, et que plus de 7 nouvelles essences d’arbres soient plantées. Je ne désespère pas non plus qu’un remède soit trouvé afin de continuer à profiter de l’ombre des platanes restants.

Il est indispensable que chacun se mobilise pour protéger ce patrimoine datant du 17e siècle, aujourd’hui menacé par le chancre coloré. Il faut que de nouveaux arbres soient plantés, afin qu’ils projettent de nouveau leur ombre majestueuse sur notre canal ».

Faire un don en faveur du projet de replantation, c’est un investissement dans l’avenir. Pensons aux générations futures qui profiteront de ce patrimoine universel ! »

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Je précise que je me rends régulièrement sur les bords du canal du Midi, surtout au printemps et qu’après l’avoir longé à vélo d’un bout à l’autre, je me donne comme objectif de le parcourir à pied. Je reste également un donateur régulier pour la replantation.

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« VNF : Quel est votre plus beau souvenir/belle expérience avec le canal du Midi ?

Nicolas : Mes plus beaux souvenirs ? Mon périple à vélo, les moments passés à peindre, seul ou en séjour artistique…

En fait, mes plus belles expériences du canal du Midi sont des moments partagés. Notamment avec l’aquarelliste toulousaine Elisabeth Penou. J’aimerais bien partager d’autres séjours en aquarelle avec Alain Marc et Christian Colin, que j’apprécie aussi.

Le canal m’a aussi permis de rencontrer Robert Mornet, créateur de l’exemplaire unique d’une réplique de barque de poste de 1818, l’embarcation la plus rapide des voyageurs sur le canal du Midi avant l’arrivée du Chemin de Fer. »

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Elisabeth Penou organise régulièrement des sorties sur le long du cours d’eau, surtout aux environs de Toulouse, et cela n’a pas échappé à l’émission « Echappées belles » diffusé en 2025 consacré au canal du Midi. Vous pourrez en retrouver le lien sur le site de France TV.

Il est à noter que Robert Mornet, décédé en 2022, a bénéficié aussi de l’aide précieuse d’Alain Dorado, qui, en tant qu’Architecte naval, a donc bénévolement numérisé les plans pour la construction. Il a également formé Robert a la construction navale, chose qui lui était étrangère, prodigué des conseils et son expertise, travaillé a la construction de la barque au Vigan pendant toute la durée de la construction jusqu’en 2011.

Pour rappel, le terme « poste » appliqué à cette barque, qui n’a très certainement jamais transporté de courrier, correspond à une unité de mesure de 4 lieues soit 15,2 km environ. Cependant, la lieue n’était pas uniforme à travers le pays et 4 lieues correspondaient plutôt, selon les dires de Robert, à une distance entre 12 et 14 km dans le Languedoc.

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Une de mes présentations graphiques sur la barque de poste navigant sous les Ouvrages du Libron.

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C’est après ma première randonnée à bicyclette que j’ai également pu rencontrer Jean-François, autrefois un ami, quand nous collaborions sur un de ses blogs et, surtout, créateur d’un site très bien documenté sur le canal du Midi.

Ma passion pour le canal du Midi m’amène à m’intéresser à d’autres canaux, comme le Canal Saint-Martin, le Canal de l’Ourcq ou le canal d’Orléans.

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Belle demeure remarquable, ancienne et authentique sur les bords du canal de l’Ourcq, construite à l’époque où les bâtiments avaient encore de beaux volumes et non soumis à des normes proportionnelles étriquées, comme, par exemple, les 2 m 50 de hauteur sous plafonds qui ne permettent pas une monumentalité sur un architecture.

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Canal d’Orléans, écluse du Gué des Cens

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« VNF : En quelques mots, que vous inspire le canal ?

Nicolas : Sérénité, évasion, beauté naturelle, beauté architecturale, histoire… la grande comme la petite. »

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Une de mes présentations graphiques du canal du Midi en automne aux environs de Capestang.

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Pour aller plus loin, voici une vidéo d’une interview de feu Robert Mornet par Roger Closset en cliquant sur ce lien.

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C’est tout,… pour le moment !!!

Nicolas globe croqueur.

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Mes randonnées à pied sur les canaux de Brienne, du Midi, de Jonction et de la Robine depuis 2013.

Le long du canal de l’Ourcq.

Le long du canal d’Orléans.

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Présentation du travail d’Alain Dorado sur ce lien.

A propos d’Alain Marc, de Christian Colin, d’Elisabeth Penou.

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Une de mes présentations graphiques nocturnes sur le bas-relief de Lucas au bassin de l’Embouchure et aux Ponts-Jumeaux à Toulouse

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La Cité Radieuse

Art, peinture, décoration et architecture (5-2) : focus sur la création de Le Corbusier à Marseille.

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Voici une analyse d’une réalisation architecturale. Il s’agit de la Cité Radieuse de Marseille, par Le Corbusier.

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Contexte :

La Cité Radieuse est la première commande publique de l’architecte et urbaniste Le Corbusier (1887-1965), qui est inclue dans le cadre du programme de chantiers expérimentaux pour la reconstruction de l’après-guerre.

Intention :

La conception voulue par le Corbusier est en fait, une synthèse du modèle des cités jardins périphériques et de celui de la grande ville. Il retient le caractère individuel du logement et le rapport architecture / nature d’une part, et la notion de densité urbaine et du binôme logement / équipement, d’autre part, indissociable, selon lui, à toute forme d’habitat moderne. Les pilotis libèrent le sol et permet la promenade ou laisse place aux terrains de jeux.

Le Corbusier a voulu un « village vertical » (avec la place du village, autrement dit, un seul hall d’entrée pour 330 appartements), et a cherché à mettre l’humain au centre de ses préoccupations en répondant à ses besoins, essentiellement sociaux, par des espaces collectifs, une rue commerçante pour répond aux nécessités de tous les jours, l’école pour l’instruction, le cinéma et la bibliothèque pour la culture, la terrasse pour les rencontres.

L’ajout des couleurs (douces) n’est pas neutre non plus et a pour vocation d’apaiser les esprits.

Structure générale :

Barre d’habitations commencée, 1947 et terminée en 1952, construites sur pilotis et répondant aux besoins de reconstruction de logement après la Seconde Guerre Mondiale.

Dimensions : 137 mètres de long, 24 mètres de large et 56 mètres de hauteur.

Matériau utilisé, béton armé gris, agrémenté par des touches de couleurs sur les murs des balcons.

Le bâtiment repose sur 36 pilotis. La terrasse est coiffée de 2 cheminées sculpturales et a accueilli un gymnase avant qu’il ne soit transformé en centre d’art en 2013. L’orientation du bâtiment a été choisie selon l’axe du cheminement du soleil, autrement dit, les façades principales sont orientées à l’Est et à l’Ouest.

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Respect de la réglementation des établissements recevant du public oblige, un escalier d’évacuation permet d’évacuer le centre commercial situé au 3ème étage.

L’ensemble abrite 337 appartements, un centre commercial et culturel, une crèche, d’abord, une école maternelle ensuite, un hôtel de 21 chambres. L’usage de la terrasse est partagé entre les désirs des habitants et les temps de récréations des enfants de l’école maternelle.

Caractéristiques particulières qui ont structuré le projet :

Le principe du Modulor caractérise le bâtiment. C’est un système de mesures lié à la morphologie humaine basé sur le nombre d’or et la suite de Fibonacci, calculé par le quotient de sa taille (1m83) par la hauteur de son nombril (1m13) qui de 1,619, soit le nombre d’or au millième près. Celui-ci est d’ailleurs matérialisé par une empreinte sur le béton à la base de l’immeuble ainsi que sur un petit vitrail.

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Organisation des appartements :

Les appartements conçus en emboitements, se présentent comme des petites maisons familiales à double niveau prolongées par des loggias qui font office de jardin, avec un caractère fermé pour préserver l’intimité du logement, sans oublier l’apport de la nature dans le celui-ci. Le résultat est un mélange d’idées empruntées d’une part, à un programme immobilier formulé par le Groupe de l’habitation franco-américain que Le Corbusier a découvert dans une publicité en 1922 et d’autre part à la chartreuse de Galluzo au Val d’Ema en Italie, visitée en 1907.

Selon l’architecte, le logis se définit comme le contenant « d’une famille » qui peut être inséré dans une « ossature portante », conçue comme une structure d’accueil. Après avoir défini une cellule de base, elle va permettre d’assembler 2 cellules orientées et imbriquées autour d’une rue intérieure, ce qui aboutit à un système d’étage courant qui s’organise sur trois niveaux. De larges couloirs départagent les cellules de part et d’autre du bâtiment et sont conçus comme un espace de circulation et, là aussi, de rencontre entre les habitants. Au dernier étage, le déambulatoire, fait face à la mer. 

Pourquoi ce projet m’a marqué ?

Les innovations esthétiques de Le Corbusier, à savoir les pilotis, les fenêtres plus larges que hautes, les avancées de façades en balcons, le toit terrasse.

Le pari de rendre heureux et satisfaits les habitants de la Cité Radieuse aura été réussi. Le Corbusier, cet « ami des hommes » voulait « à tout prix créer pour eux et, peut-être malgré eux, les conditions du bonheur ». Après plus de 70 ans, certains copropriétaires y habitent depuis 1952, et leur niveau de vie, plutôt élevé permet l’entretien de la résidence.

Focus sur la conception des appartements.

On y trouve 14 configurations d’appartements et une 15ème, la chambre d’hôtel. Celle, la plus courante est le duplex traversant de type E2. Tous les appartements sont conçus selon la combinaison de 3 cellules de base. D’abord l’entrée, la cuisine et la salle commune, puis la chambre des parents et la salle de bains, enfin les chambres d’enfants et les installations sanitaires. Les logements peuvent être destinés à des célibataires, à des couples ou à des familles ayant 2 à 8 enfants. 321 appartements composent l’immeuble, auxquelles s’ajoutent 14 chambres d’hôtel.

Un appartement comme à l’origine, et correspondant au type le plus courant, appelé E2, a été reconstitué à l’identique dans ses moindres détails à partir de 2002. Il s’agit d’un duplex de plus d’une centaine de m2, avec une mezzanine orientée est/ouest. La surface habitable est de 98 m2 à laquelle s’ajoutent 2 loggias qui totalisent un peu plus de 11m2. L’ensemble correspond à un appartement de type 4, avec une largeur de 3 m 66 et une profondeur de 24 m, balcons compris.

Particulièrement novateur pour l’époque, la distribution de l’appartement est pensée pour permettre à la fois le regroupement familial dans la salle commune et l’isolation de chacun. L’aménagement intérieur inclue rangements et le mobilier repose sur une recherche de spatialité associée à celle de fonctionnalité, grâce aux travaux conjoints de Le Corbusier, Charlotte Perriand et Jean Prouvé.

Au 1er niveau, une porte de couleur rouge avec une boite aux lettres incorporée marque l’entrée de l’appartement, surmontée d’un éclairage artificiel indirect. Sur la gauche, on peut découvrir un casier de livraison en tôle bleu qui fait la liaison avec la cuisine. En partie basse de la porte d’entrée, un portillon permet un accès direct à la glacière sous l’évier, en partie haute, le compteur électrique. La couleur des casiers varie d’un étage à un autre, et confère aux rues, leur identité. La polychromie des portes d’entrée est complétée, en façade, par les brise-soleils et stores.

Sur la gauche de la petite entrée, la cuisine est dissimulée au regard. En revanche, l’accès est direct à la salle de séjour composé de la salle à manger et du salon ne faisant qu’un, ce qui confère une fluidité spatiale, à laquelle participe la cuisine ouverte. Elle a été voulue par Le Corbusier pour permettre à la personne aux fourneaux de pouvoir s’intégrer aux conversations de celles présentes dans la salle de séjour qui se caractérise par sa double hauteur, ce qui confère un beau volume spatial et, surtout, une pénétration lumineuse. Elle s’ouvre sur une loggia, équipée d’une dalle brise-soleil horizontale. Un seuil en chêne massif permet l’accès à la loggia, et peut faire office de banquette qui se soulève et dissimule un radiateur, détail significatif de l’art et de la manière de Le Corbusier et de Charlotte Perriand de chercher à conjuguer fonctionnalité et agrément.

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La cuisine ouverte est très fonctionnelle et très bien équipée : une plaque chauffante électrique, un évier en fonte d’aluminium riveté à un plan de travail en tôle d’aluminium incrusté de carreaux de céramique, un broyeur électromécanique de déchets organiques, une hotte aspirante, une glacière, des rangements en partie basse et des rangements hauts avec éclairage intégré, un meuble passe plat que coiffe un plateau de bar en bois massif. Les portes coulissantes, laquées en couleur sont équipées de poignées de bois ergonomiques conçues par Jean Prouvé.

Un escalier métallique avec des marches en chêne, signé Jean Prouvé permet l’accès au 2ème niveau. On y trouve un couloir avec du rangement et du mobilier intégrés aux murs, comme dans l’ensemble de l’appartement, d’ailleurs (placards aux portes coulissantes et niches de rangement). C’est une manière d’optimiser l’espace en réduisant l’apport de meubles personnels. Ainsi, aucune place n’est perdue, le couloir donnant accès aux toilettes et à la douche bateau réservée aux enfants.

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La chambre parentale en mezzanine au-dessus de la salle de séjour est éclairée par la lumière de la verrière. Aménagée avec 2 tables de nuit de part et d’autre de l’emplacement du lit, d’un meuble à langer qui est encastré, d’un garde-corps bibliothèque et d’un placard équipé d’une porte à double battant. Cette chambre permet l’accès à la salle de bains dans laquelle se trouve une baignoire, un bidet et un lavabo.

Les 2 chambres d’enfant mesurent 1 mètre 83 en largeur et 8 mètres en longueur, et sont traitées en symétrie. Chacune d’elle se définit en trois espaces : un coin toilette avec lavabo séparé par une armoire du coin repos, et un coin activités. Une grande cloison coulissante aux faces recouvertes d’ardoisine, sert de tableau noir aux enfants. Fermée, elle garantit l’intimité, ouverte elle permet un espace d’activité ou un terrain de jeu. Deux grandes niches carrées peuvent faire office de bibliothèque.

Ci-dessous, des visuels des chambres d’enfant.

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Et pour terminer, voici des exemples d’aménagements d’appartements dans la Cité Radieuse.

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C’est tout, … pour le moment !!!

Nicolas globe croqueur.

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Quelques meubles et luminaires du XXe siècle

Art, peinture, décoration et architecture (5-1) : analyse de 10 sélections.

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Sur le visuel ci-dessous du mobilier, des luminaires et des objets numérotés de créateurs du XXe siècle pour analyse.

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1 / Le canapé « Togo ».

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Il a été créé en 1973 par le designer français Michel Ducaroy pour la maison Ligne Roset. Présenté au Salon des arts ménagers, il a d’abord surpris puis conquis le public et la critique, devenant rapidement une icône du design des années 1970.

Concept et esthétique.

  • Forme organique et informelle : le Togo renverse l’idée traditionnelle du canapé sur structure rigide — il ressemble à un « coussin monumental » ou, comme l’a décrit Ducaroy lui-même, à « un tube de dentifrice plié » — avec des plis horizontaux qui créent son aspect froissé et accueillant. Cette silhouette basse, enveloppante et non-linéaire lui donne un caractère très « décontracté » et immédiatement identifiable.
  • Langage visuel des années 70 : couleurs vives ou cuirs chauds, profil bas et posture relaxée — le Togo incarne l’esthétique anti-formelle de l’époque et s’est inscrit dans la culture visuelle (médias, BD, puis réseaux sociaux).

Construction et matériaux.

  • Absence de structure rigide traditionnelle : le canapé est conçu à partir d’une superposition de mousses de différentes densités et d’un noyau ergonomique — il n’a pas de structure apparente en bois comme les canapés classiques ; l’assise et le dossier sont formés par des blocs de mousse profilés et garnissage, recouverts d’une housse matelassée et piquée qui crée les plis caractéristiques. Cette technique donne à la fois souplesse et maintien.
  • Modularité : le Togo existe en plusieurs modules (fauteuil, chauffeuse, canapés 2/3 places, méridienne, éléments d’angle) permettant de composer des ensembles variés — une modularité pratique qui a largement contribué à son succès commercial.

Réception et impact.

  • Succès commercial et diffusion : le Togo est devenu un best-seller international (plusieurs centaines de milliers à plus d’un million d’exemplaires vendus selon les bilans publiés), distribué dans de nombreux pays et réédité dans de multiples finitions. Il a aussi bénéficié d’un regain d’intérêt récent via les réseaux sociaux et la nostalgie des années 1970.
  • Statut d’icône : au-delà de la vente, le Togo est cité comme exemple d’innovation formelle et technique dans le mobilier contemporain : il a engagé Ligne Roset vers une identité plus audacieuse et a inspiré d’autres créations « tout-mousse » des années suivantes.

Points forts / qualités.

  • Confort immédiatement perceptible (profil bas, enveloppant).
  • Fort pouvoir identitaire (forme unique, fortement reconnaissable).
  • Grande modularité et adaptabilité d’agencement.

Limites / critiques possibles.

  • Le style très typé années 70 peut ne pas forcément s’intégrer dans tous les intérieurs contemporains, à moins de maitriser le sampling stylistique. Le sampling stylistique désigne le fait de prélever des fragments de style — formes, textures, silhouettes, motifs, palettes, codes esthétiques… — provenant d’œuvres, d’époques ou de cultures différentes, puis de les réassembler de manière créative pour produire un nouveau style ou objet.
  • L’entretien et la longévité dépendent fortement du revêtement choisi (cuir vs tissu) et de la qualité de la mousse ; les blocs de mousse sont réparables mais plus délicats à rénover qu’une structure bois traditionnelle.

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2 / Lampe suspendue « Ar Arco ».

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1. Contexte et intentions des designers.

Les frères Castiglioni, figures majeures du design italien d’après-guerre, cherchaient à résoudre un problème simple :
➡️ obtenir la lumière d’un plafonnier sans installation au plafond.
Leur solution : une lampe autoportante capable d’éclairer une table au centre de la pièce tout en étant posée au sol, sans câbles suspendus ni travaux.

C’est un parfait exemple de leur philosophie :
observer les usages réels → répondre par une solution technique élégante → réduire la forme à l’essentiel.

2. Structure et innovation.

La Arco est constituée de trois éléments principaux :

a) Base en marbre de Carrare (≈ 65 kg).

  • Fonction structurelle : le poids assure la stabilité de la grande arche sans ancrage.
  • Un trou cylindrique traverse la base pour permettre de glisser un manche (par exemple un balai) afin de déplacer la lampe à deux personnes — un geste très Castiglioni : humour + fonctionnalité.
  • Le marbre ajoute une dimension sculpturale et noble.

b) Arche télescopique en acier inox courbé.

  • Longueur d’environ 2,20 m permettant d’éloigner la source lumineuse du socle.
  • Évoque un lampadaire urbain ou une courbe de type « infrastructure » : translation d’un langage industriel dans l’espace domestique.

c) Diffuseur hémisphérique perforé en aluminium.

  • Les perforations empêchent l’éblouissement et créent une diffusion douce.
  • L’abat-jour peut être orienté pour ajuster la direction de la lumière.

3. Esthétique et langage formel.

La Arco est devenue un archétype du design moderniste italien :

  • Géométrie pure : sphère + arc + parallélépipède.
  • Esthétique industrielle : acier brossé, marbre massif, visibilité de la structure.
  • Dématérialisation visuelle : la tige longue et fine donne une impression de suspension dans l’air.
  • Sophistication sans décor : tout est fonction, mais chaque fonction est esthétisée.

Elle illustre parfaitement l’idée moderniste : la forme découle de la fonction, mais cette forme peut devenir iconique.

4. Expérience d’usage.

La Arco apporte une lumière directe au-dessus d’une table ou d’un canapé sans encombrer l’espace.
Ses qualités d’usage :

  • Permet de repositionner la lumière dans un grand espace.
  • L’arche crée un geste spatial qui structure la pièce (un peu comme une architecture miniature).
  • Le socle au sol devient un élément sculptural, presque comme une œuvre d’art autonome.

5. Impact et postérité.

  • Icône mondiale du design : probablement la lampe la plus célèbre du XXe siècle.
  • Toujours éditée par Flos depuis 1962 — un cas rare de longévité sans modification majeure.
  • Fortement imitée, car sa structure simple est facilement reproductible (ce qui a généré des débats sur les copies).
  • Présente dans de nombreux films, magazines, intérieurs modernes — symbole du goût design international.

6. Lecture critique.

Forces.

  • Solution ingénieuse pour l’éclairage hors-plafond.
  • Silhouette immédiatement reconnaissable.
  • Alliance fonction + sculpture.
  • Matériaux durablement nobles.

Limites.

  • Poids très élevé : nécessite deux personnes pour être déplacée.
  • Encombrement important (hauteur et portée).
  • Peut dominer un petit espace ou entrer en conflit avec certaines circulations dans la pièce.

Synthèse.

La Arco est un chef-d’œuvre de design rationnel et poétique :
➡️ une infrastructure lumineuse transposée dans l’espace domestique.
Elle incarne à la fois l’ingéniosité technique des Castiglioni, leur humour discret, et l’élégance industrielle italienne des années 1960.

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3 / Lampe cornue : dite « 33S ».

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1. Contexte général : la série Akari.

Entre 1951 et 1988, Isamu Noguchi conçoit plus de 200 modèles Akari : lampes, suspensions et sculptures lumineuses en papier washi et bambou, fabriquées à Gifu (Japon) selon le savoir-faire traditionnel des lanternes chōchin.
Noguchi les appelait Akari (« lumière » / « clarté » en japonais) et résumait leur philosophie ainsi :

« Akari is sculpture. Akari is light ».
– Pour lui, la lampe n’était pas un objet décoratif mais une sculpture habitée par la lumière.

La 33S apparaît dans ce contexte comme l’une des explorations formelles les plus expressives.

2. Description formelle : une lampe « cornue ».

Le modèle 33S est reconnaissable par sa forme en double volume asymétrique, avec une excroissance latérale ou supérieure créant l’effet « cornu ».

Caractéristiques visuelles principales :

  • Volumes organiques : plutôt que la sphère ou le cylindre pur, Noguchi a ici un volume désaxé, presque « zoomorphe », qui semble animé ou en équilibre.
  • Structure en bambou : les tiges verticales et horizontales structurent la forme et créent un rythme visuel que le papier vient adoucir.
  • Papier washi : translucide, diffuse une lumière chaude, douce et vibration légèrement texturée.
  • Présence sculpturale : comme souvent avec Noguchi, l’objet est autant une source lumineuse qu’une sculpture autonome dans l’espace.

Cette asymétrie confère à la 33S une qualité expressive plus audacieuse que celle de nombreuses Akari plus géométriques.

3. Intention et langage de Noguchi.

Noguchi visait un objet qui :

  • s’éloigne du luminaire industriel pour s’approcher de l’artisanat poétique japonais,
  • associe légèreté (papier, air, lumière) et structure (bambou),
  • dialogue avec la tradition tout en produisant une forme résolument moderne,
  • se comporte comme une « sculpture lumineuse vivante », dont la forme évoque un organisme, un animal, une pousse, un souffle.

La 33S illustre son intérêt pour les formes semi-abstraites — entre figure et abstraction — qui évoquent le monde naturel sans jamais l’imiter littéralement.

4. Esthétique et interprétations.

a) Organique et onirique.

La lampe fait penser à une créature ou à un appendice végétal. Cette ambiguïté est typique de Noguchi, qui cherche à faire naître un imaginaire plutôt qu’une fonction stricte.

b) Légèreté matérielle.

Le papier washi permet un rapport unique à la lumière :
→ non pas directionnelle, mais atmosphérique, presque respirante.

c) Dynamique spatiale.

La forme cornue crée une direction dans l’espace : la lampe semble pointer, s’incliner, tendre vers quelque chose.
Elle a un mouvement interne, une tension.

5. Expérience d’usage.

La 33S fonctionne comme :

  • Lampe d’ambiance, non pour le travail.
  • Point focal visuel : son caractère sculptural domine l’espace.
  • Objet intime : lumière douce, idéale pour salon, chambre ou espace méditatif.

Sa lumière, diffuse et enveloppante, transforme la pièce plutôt qu’elle n’éclaire.

6. Importance dans l’œuvre de Noguchi.

La 33S occupe une place importante car :

  • Elle montre la phase expressive et expérimentale des Akari des années 1950-60.
  • Elle illustre la capacité de Noguchi à hybrider art / design / artisanat.
  • Elle constitue l’un des modèles les plus singuliers et biomorphiques, moins connus que les sphères standards mais très recherchés aujourd’hui.

7. Forces et limites

Forces

  • Silhouette extrêmement expressive.
  • Lumière douce, incomparable.
  • Alliance parfaite entre tradition japonaise et modernisme.
  • Objet-sculpture qui enrichit immédiatement un espace.

Limites

  • Fragilité relative (papier).
  • Entretien délicat.
  • Moins facile à intégrer dans un intérieur minimaliste très strict, car sa forme attire l’attention.

Synthèse

La Akari 33S est l’une des pièces les plus poétiques et sculpturales de Noguchi :
➡️ une figure lumineuse organique, comme un être suspendu, mêlant artisanat japonais, modernisme et biomorphisme.
Elle révèle toute la philosophie de Noguchi : créer des objets où lumière, matière et forme dialoguent de manière presque spirituelle.

A noter que le modèle de la lampe cornue, d’un créateur japonais, semble avoir inspiré les créateurs japonais eux aussi de dessins animés, comme ceux qui ont conçu le robot « Goldorak ».

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4 / Le Fauteuil « Egg »

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1. Contexte de création

Le fauteuil Egg est conçu en 1958 par Arne Jacobsen pour l’hôtel SAS Royal de Copenhague, un projet global dans lequel Arne Jacobsen contrôle absolument tout : l’architecture, le mobilier, les textiles, jusqu’aux poignées de portes.
Ce fauteuil fait partie d’une série de pièces emblématiques (Swan, Drop, etc.) qui ont marqué la modernité scandinave.

Jacobsen cherche alors à marier modernité organique et sophistication technique, en s’inspirant de formes naturelles et de l’idée d’un cocon protecteur.

2. Innovation technique

L’innovation majeure du Egg tient à sa structure en coque de mousse rigide (à base de fibre de verre ou de polyuréthane selon les éditions), une technique alors très nouvelle.

Cette coque permet :

  • une forme courbe et enveloppante, impossible à réaliser avec des techniques traditionnelles de menuiserie ;
  • un poids relativement léger ;
  • une grande solidité et durabilité.

Le fauteuil repose sur un piétement pivotant en aluminium, qui lui ajoute une dimension dynamique et contemporaine.

3. Caractéristiques formelles

Forme

  • Silhouette organique, semblable à une coquille d’œuf ouverte.
  • Courbes continues et fluides, contrastant avec l’architecture très rectiligne de l’hôtel pour lequel il est conçu.
  • Dos haut, ailes latérales : un véritable cocon visuel et acoustique.

Fonction

  • Le dossier courbé et les « ailes » créent un espace semi-privé, idéal dans un hall ou un lobby.
  • La position d’assise est à la fois relaxante et très architecturée.

Matériaux

  • Coque en fibre de verre / mousse polyuréthane moulée
  • Garnissage mousse
  • Revêtement : tissu ou cuir
  • Base pivotante en aluminium poli

4. Esthétique et symbolique

Le Egg illustre parfaitement le passage du fonctionnalisme scandinave à une modernité plus expressive.
Son caractère enveloppant évoque :

  • confort
  • intimité
  • organicité
  • protection

L’équilibre entre simplicité nordique et sculpturalité en fait une œuvre presque biomorphique, proche de la sculpture.

5. Impact et postérité

Le fauteuil Egg est aujourd’hui :

  • un classique du design du mobilier ;
  • l’une des pièces les plus recherchées dans les ventes de design ;
  • un symbole de l’avant-garde danoise des années 1950–60 ;
  • un objet iconique souvent vu dans des films, hôtels, bureaux haut de gamme.

Il demeure produit par Fritz Hansen, garantissant une fabrication artisanale et durable.

6. Pourquoi est-il considéré comme un chef-d’œuvre ?

  • Alliance rare entre confort réel et esthétique sculpturale
  • Innovations techniques pour l’époque
  • Harmonie entre architecture et mobilier, pensée par un même créateur
  • Capacité à créer un “espace dans l’espace”
  • Intemporalité du design, plus de 60 ans après sa création

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5 / Chaise dite « Rocking armchair rod », ou « à bascule ».

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1. Contexte de création

Au début des années 1950, Charles et Ray Eames cherchent à concevoir un fauteuil :

  • léger
  • industriel
  • confortable
  • économique
  • adaptable à divers usages

Le projet est né dans le cadre du concours du Museum of Modern Art : “Low-Cost Furniture Design” (1948).
L’idée centrale est d’utiliser un matériau encore nouveau dans le mobilier : la résine polyester renforcée de fibre de verre (fiberglass).

La chaise RAR fera partie de la première génération de mobilier en plastique moulé produit en série, une révolution pour l’histoire du design

2. Innovations techniques

Coque monobloc en fibre de verre

  • Première utilisation industrielle de ce matériau pour une assise.
  • Permet une forme ergonomique difficile à obtenir en bois.
  • Épouse la silhouette du corps pour un confort inédit à l’époque.

Structure mixte rod-base

  • Piétement en tiges d’acier soudées (« Eiffel base »), une prouesse technique alliant solidité et légèreté.
  • Relié à des patins en bois cintré permettant le mouvement de bascule.

Production industrielle

  • Pensée pour la fabrication en série et la modularité :
    • plusieurs types de bases interchangeables
    • plusieurs couleurs de coque

La RAR incarne le principe Eames : “Make the best for the most for the least.”

3. Caractéristiques formelles

Forme

  • Coque en forme de demi-calotte, accueillante, enveloppante.
  • Accoudoirs intégrés, continuité des lignes.
  • Équilibre entre géométrie (piétement) et organicité (coque).

Mouvement

  • L’ajout de la base à bascule introduit une dimension ludique et domestique.
  • Propose un confort dynamique, rarement associé au design moderne de l’époque.

Matériaux

  • Coque : fibre de verre (avec ses fibres visibles, signature esthétique).
  • Patins : bois d’érable ou de bouleau.
  • Rod base : tiges d’acier soudées, parfois chromées.

4. Esthétique et symbolique

La RAR réunit plusieurs grands principes du modernisme américain :

  • Organicité : formes douces inspirées des recherches biomorphiques des années 50.
  • Simplicité visuelle : langage direct, sans ornement.
  • Ludisme : le mouvement de bascule humanise un objet industriel.
  • Accessibilité : meuble pensé pour entrer dans la vie quotidienne.

Elle incarne la philosophie d’Eames : le design comme rencontre entre confort, technologie et joie d’usage.

5. Usages et réception

À l’origine, la RAR est conçue comme chaise confortable pour le quotidien, souvent associée à la chambre d’enfant ou au salon.
Elle devient rapidement une icône du design américain d’après-guerre, symbole du nouvel art de vivre moderne.

Aujourd’hui encore, elle reste :

  • largement éditée (Herman Miller / Vitra)
  • une pièce culte pour les amateurs de design
  • un modèle étudié pour sa modernité intemporelle

6. Pourquoi la RAR est-elle un chef-d’œuvre ?

  • Première chaise en plastique moulé produite en série.
  • Alliance parfaite entre esthétique, ergonomie et innovation.
  • Structure technique remarquable (Eiffel base + patins de bois).
  • Démocratisation du design moderne.
  • Pièce emblématique du couple Eames et du design américain.

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6 / Bahut « Riflesso ».

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1. Contexte de création

En 1939, Charlotte Perriand quitte temporairement la France pour travailler au Japon à l’invitation du gouvernement japonais, qui souhaite moderniser ses industries d’ameublement et d’artisanat.
Le bahut Riflesso est conçu dans ce contexte d’échange culturel intense.

Ce meuble est symptomatique de :

  • sa recherche d’un design fonctionnel, adapté aux nouveaux modes de vie modernes ;
  • son intérêt pour les techniques japonaises, notamment la légèreté constructive, la modularité et les matériaux naturels ;
  • sa volonté d’unifier l’artisanat et l’industrie, au moment où l’Europe commence seulement à explorer le mobilier en série.

2. Caractéristiques formelles

Structure

  • Volume rectangulaire épuré.
  • Lignes horizontales affirmées.
  • Effet visuel d’un meuble flottant, souvent sur piétement minimal.

Façade emblématique

La signature du Riflesso réside dans son système de portes coulissantes, qui alternent :

  • panneaux pleins
  • panneaux à finition réfléchissante (souvent en tôle ou métal poli, d’où le nom Riflesso = “reflet”)

Cette alternance crée un jeu visuel dynamique entre opacité et brillance.

Matériaux

  • Bois (structure, étagères)
  • Métal poli (panneaux coulissants)
  • Parfois rotin ou bambou selon certaines interprétations ou rééditions liées à son séjour au Japon

Ce mélange exprime le dialogue entre chaleur artisanale (bois) et modernité industrielle (métal).

3. Fonction et ergonomie

Perriand pense la circulation dans l’habitat moderne :

  • les portes coulissantes économisent l’espace et facilitent l’accès ;
  • le bahut offre une grande capacité de rangement ;
  • l’organisation intérieure est modulable ;
  • la composition asymétrique traduit une approche pratique avant décorative.

Le meuble est conçu pour s’adapter aux petits appartements urbains des années 1930–40, un thème central chez Perriand.

4. Esthétique et influences

Influence japonaise

Le Riflesso reflète clairement son séjour au Japon :

  • usage des surfaces glissantes rappelant les shōji
  • goût pour les surfaces lisses et les volumes dépouillés
  • logique modulaire et flexible
  • valorisation du vide, de la simplicité, du mouvement

Modernisme européen

  • sobriété, géométrie, lignes pures
  • affirmation de l’objet comme outil fonctionnel
  • absence d’ornement
  • articulation du bois et du métal, caractéristique du modernisme

Il s’agit d’un meuble où se rencontrent Est et Ouest, artisanat et industrie.

5. Symbolique et portée

Le bahut Riflesso témoigne de la pensée de Perriand :

  • Le meuble doit servir la vie, non l’inverse.
  • La beauté naît de la justesse fonctionnelle.
  • Le reflet évoque le jeu entre espace et perception, idéal pour de petits intérieurs.
  • L’assemblage de matériaux délibérément contrastés exprime une esthétique de la sincérité.

C’est aussi une pièce préfiguratrice de ses travaux d’après-guerre, plus orientés vers le design démocratique et la standardisation.

6. Impact et postérité

Le bahut Riflesso est aujourd’hui considéré comme :

  • une pièce charnière dans la carrière de Perriand, annonçant son œuvre mature ;
  • un exemple limpide de la fusion entre modernisme européen et culture japonaise ;
  • un meuble précurseur du design modulaire contemporain ;
  • une icône du mobilier du XXᵉ siècle, très recherchée sur le marché de l’art.

7. Pourquoi le bahut Riflesso est un chef-d’œuvre ?

  • Fusion innovante des matériaux pour l’époque
  • Alliance réussie entre fonction, sobriété et poésie visuelle
  • Intégration pionnière des principes japonais dans le design occidental
  • Système de portes coulissantes avant-gardiste pour le mobilier européen
  • Expression claire de la philosophie Perriand : un design humaniste, simple, pratique.

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7 / Horloge  « Sun Flower ».

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1. Contexte de création.

Dans les années 1950, George Nelson dirige un collectif de designers (Irving Harper, Lucia DeRespinis, Don Ervin…) au sein du studio George Nelson Associates.
Leur objectif : réinventer les objets du quotidien pour les adapter au nouveau style de vie américain — optimiste, moderne, ouvert à la consommation.

La Sunflower Clock fait partie de la fameuse série des « Wall Clocks » éditées par Howard Miller, une collection d’horloges murales destinées à démocratiser le design moderne dans les intérieurs domestiques.

Cette horloge est généralement attribuée à Irving Harper, designer principal au sein du studio, bien que signée sous le nom de Nelson.

2. Forme et caractéristiques esthétiques.

Structure générale

  • L’horloge adopte une forme radiale, évoquant un soleil ou une fleur de tournesol — d’où son nom.
  • Elle est constituée d’un centre circulaire abritant le mécanisme, entouré d’un large ensemble de pétales courbes et réguliers.

Forme des éléments.

  • Chaque « pétale » est une lamelle courbée, souvent en bois cintré ou en contreplaqué moulé.
  • Leur répétition rythmique crée un effet dynamique et organique, presque hypnotique.
  • Les pétales sont disposés pour produire un jeu d’ombre et de lumière, évoquant un relief sculptural.

Couleurs et matériaux.

  • Centre souvent en métal (aluminium, laiton) selon les versions.
  • Pétales : bois naturel, parfois coloré.
  • L’ensemble reste fidèle à l’esthétique mid-century, mêlant chaleur du bois et sobriété géométrique.

3. Fonction vs esthétique.

L’horloge est une parfaite illustration du principe Nelsonien :
« Il ne s’agit pas seulement de dire l’heure — il s’agit d’habiter l’espace. »

Fonctionnellement :

  • lecture simple, aiguilles bien visibles
  • absence de chiffres : approche minimaliste, l’heure se lit par intuition visuelle

Esthétiquement :

  • son rôle est presque décoratif avant d’être utilitaire
  • elle agit comme un soleil mural, un point focal dans la pièce
  • elle transforme un objet domestique banal en élément artistique

4. Symbolique et langage visuel.

La « Sunflower » connote :

  • chaleur (image du soleil)
  • énergie (rayonnement circulaire)
  • nature (référence florale)
  • optimisme (esthétique joyeuse typique des années 50 américaines)

Le biomorphisme des années 50 est ici pleinement assumé : la modernité n’est pas froide, mais vibrante et vivante.

5. Innovations et intérêt design.

  • Usage inventif du bois courbé, inspiré des techniques de mobilier.
  • Combinaison d’abstraction géométrique et de formes organiques.
  • Réduction des éléments à leur essence : un cercle + des modules répétés.
  • Introduction d’une véritable dimension sculpturale dans un objet utilitaire.

La Sunflower Clock s’inscrit dans la même famille que les Ball Clock, Asterisk, Spike Clock, etc. : une série qui a redéfini ce qu’une horloge pouvait être.

6. Place dans l’histoire du design.

La Sunflower Clock est aujourd’hui :

  • un symbole du design mid-century américain ;
  • l’une des horloges les plus célèbres du studio Nelson ;
  • un objet très recherché par les collectionneurs ;
  • rééditée par Vitra depuis les années 1990.

Sa popularité perdure car elle incarne un design :

  • à la fois simple et puissant
  • chaleureux et moderne
  • immédiatement reconnaissable

7. Pourquoi la « Sunflower Clock » est un chef-d’œuvre ?

  • Elle convertit un objet utilitaire en sculpture murale.
  • Elle synthétise l’esthétique mid-century : radialité, biomorphisme, bois naturel.
  • Elle illustre la recherche d’un design joyeux, accessible et décoratif.
  • Elle exploite brillamment la répétition modulaire pour créer un impact visuel fort.
  • Elle demeure intemporelle, près de 70 ans après sa création.

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8 / Porte manteau « Hang It All ».

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1. Contexte de création

En 1953, le Hang It All est conçu dans un moment où Charles & Ray Eames s’intéressent fortement :

  • à l’éducation des enfants,
  • à la couleur comme vecteur de joie,
  • à la démocratisation du mobilier moderne.

Le porte-manteau s’inscrit dans leur série de meubles et jouets pour enfants (dont l’Elephant, les House of Cards, le Stool…).
L’objectif est clair : créer un objet utile, mais aussi ludique, capable d’éveiller la curiosité et de rendre le quotidien plus agréable.

2. Forme et conception

Structure

  • Base en tiges métalliques soudées, formant une grille solide et légère.
  • Les lignes géométriques du cadre contrastent avec les éléments circulaires et colorés.

Les billes en bois

  • Élément emblématique : boules en bois laqué, disposées de manière rythmique.
  • Multiples couleurs vives dans la version originale (rouge, bleu, vert, jaune…), suivant une logique quasi musicale ou abstraite.

Composition

  • La répétition des billes en quinconce crée un effet visuel dynamique.
  • Les crochets multiples maximisent la capacité de rangement dans un minimum d’espace.

3. Matériaux et fabrication

  • Tiges d’acier : le même vocabulaire structurel que pour les bases de chaises Eames.
  • Billes en érable : tournées puis peintes à la main.

Cette combinaison exprime parfaitement la double tradition Eames :
rigueur industrielle + chaleur artisanale.

4. Fonction et ergonomie

Le Hang It All poursuit une logique très Eamesienne :

Faire du beau en faisant simple, et faire simple en étant logique.

  • Multiples crochets = grande capacité de rangement.
  • Billes rondes = les vêtements ne s’abîment pas.
  • Accroche murale = gain de place dans les petits espaces.
  • Hauteur souvent adaptée aux enfants, ce qui encourage l’autonomie.

Il est à la fois ludique et hautement fonctionnel.

5. Esthétique et symbolique

Un objet joyeux

Le mélange bois + couleurs vives évoque :

  • les jeux
  • l’enfance
  • la spontanéité
  • la créativité

Il transforme un objet banal du quotidien en élément graphique, presque en œuvre murale.

Graphisme mid-century

  • Utilisation de la couleur comme langage.
  • Économie de formes : cercle + ligne.
  • Absence d’ornement superflu : tout est structurel, mais visuellement expressif.

Le Hang It All incarne à merveille l’esprit optimiste de l’après-guerre américain.

6. Place dans l’histoire du design

Le porte-manteau Hang It All est aujourd’hui :

  • une icône du design mid-century ;
  • édité sans interruption par Herman Miller (et par Vitra en Europe) ;
  • très en vue dans les intérieurs contemporains ;
  • un exemple parfait de design démocratique.

Il fait partie des rares objets qui ont su rester populaires, utiles et esthétiquement actuels pendant plus de 70 ans.

7. Pourquoi le “Hang It All” est un chef-d’œuvre ?

  • Il transforme un objet utilitaire en composition artistique.
  • Il associe joie, couleur et fonction avec une grande finesse.
  • Il incarne la philosophie Eames : simplicité, plaisir d’usage, accessibilité.
  • Sa construction est à la fois économique et robuste.
  • Il demeure un objet visuellement percutant, immédiatement reconnaissable.

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9 / Table basse « Coffee table».

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🪑1. Contexte historique et intention du designer.

  • Conçue par Isamu Noguchi en 1944 pour Herman Miller.
  • Issue de sa réflexion sur la sculpture fonctionnelle : Noguchi disait que « tout est sculpture ».
  • La table est pensée comme un équilibre entre forme artistique et utilité domestique.

🎨 2. Caractéristiques formelles

Structure en trois éléments.

La table est composée de seulement trois pièces :

  1. Un plateau en verre épais (environ 19 mm).
  2. Deux éléments en bois massif, identiques mais inversés, qui s’emboîtent pour créer la base.

Équilibre et fluidité

  • La base est faite de deux formes biomorphiques, sculpturales, qui semblent en mouvement.
  • Le plateau triangulaire aux coins arrondis évoque la forme d’un galet poli ou un triangle organique (souvent comparé au “triangle de Reuleaux”).
  • La transparence du verre met en valeur la base, qui devient presque une sculpture autonome.

🔧3. Analyse technique.

Matériaux.

  • Bois massif : traditionnellement noyer, érable ou cerisier, finition vernie.
  • Verre trempé : garantit robustesse et sécurité, malgré son apparente fragilité.

Assemblage.

  • Aucun élément mécanique visible :
    la stabilité provient du poids du verre et de la géométrie de la base.
  • Le verre repose directement sur trois points précis de la base, assurant un parfait équilibre.

Ergonomie et stabilité.

  • Très stable grâce au poids du plateau.
  • Hauteur approximative : entre 38 et 40 cm, adaptée à l’usage domestique.
  • Sa forme organique permet une bonne circulation autour de la table.

🧩4. Analyse esthétique.

Style.

  • Sculpture utilitaire, dans la lignée du design biomorphique et de l’organic modernism.
  • Ligne douce, absence d’angles agressifs, sensation de mouvement.

Impact visuel.

Le verre rend l’ensemble léger et aérien.

  • La base, visible dans sa totalité, devient l’élément principal de la composition.
  • L’ensemble exprime un équilibre recherché entre force et légèreté, entre matière pleine (bois) et transparence (verre).

5. Intégration dans l’espace intérieur.

  • Fonctionne très bien dans un salon minimaliste, mid-century, contemporain ou zen.
  • Le plateau transparent permet de ne pas encombrer visuellement les petits espaces.
  • Sa base sculpturale devient un point focal de la pièce.

🧠6. Analyse symbolique.

  • Représente parfaitement la philosophie de Noguchi, qui refusait la séparation stricte entre art et design.
  • La table peut être perçue comme une œuvre d’art avant d’être un meuble.
  • Sa forme organique renvoie à la nature : fluidité, asymétrie maîtrisée, équilibre.

⭐7. Conclusion.

La table basse Noguchi est un chef-d’œuvre de design moderne parce qu’elle réunit :

  • Simplicité structurelle (3 pièces seulement),
  • Complexité sculpturale,
  • Équilibre parfait entre fonction et poésie.

C’est une pièce intemporelle, toujours éditée et reconnue comme l’un des plus grands classiques du design du XXᵉ siècle.

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10 et fin / « Lounge chair », de Charles Eames et Ray Kaiser.

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🪑 1. Contexte historique

  • Présentée pour la première fois en 1956 dans l’émission télévisée américaine Home.
  • Éditée par Herman Miller (États-Unis) et plus tard par Vitra (Europe).
  • Les Eames souhaitaient créer un fauteuil qui donne « la sensation d’un gant de baseball usé », c’est-à-dire un confort luxueux et enveloppant, mais dans un style moderne.

🎨 2. Analyse formelle

Composition en trois coques

La chaise se compose de trois coques en bois moulé :

  1. Repos-tête
  2. Dossier
  3. Assise

Chaque coque est recouverte de placage de bois (palissandre, noyer, cerisier, ébène…), un clin d’œil au modernisme organique.

Coussins en cuir

  • Coussins indépendants, amovibles, en cuir souple, très généreusement rembourrés.
  • Effet visuel de profondeur et de moelleux.

Piètement pivotant en aluminium

  • Architecture métallique à cinq branches, assurant stabilité et élégance.
  • Contraste bois/cuir/métal typique du modernisme américain des années 1950.

🧱 3. Analyse technique

Bois moulé

  • Démonstration magistrale de la technologie de plywood courbé, que les Eames avaient perfectionnée pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • Les coques ont un galbe complexe, à la fois esthétique et ergonomique.

Articulation du dossier

  • Le dossier n’est pas rigide : il repose sur deux connecteurs métalliques qui permettent une légère flexion.
    → Résultat : une sensation « d’accueil » très distinctive.

Coussins flottants

  • Ils donnent l’impression d’être posés sur la structure, sans la recouvrir.
  • Permettent un entretien facile (remplacement individuel).

Ottoman

  • Conçu comme un prolongement ergonomique : il suit les mêmes matériaux et proportions.

🧩 4. Confort et ergonomie

La Lounge Chair est pensée pour le repos profond :

  • angle d’assise incliné vers l’arrière, non ajustable (pour encourager la détente et non le travail),
  • soutien lombaire naturel grâce au galbe du dossier,
  • large surface d’assise qui répartit le poids,
  • cuir souple + mousse moulée = confort durable.

Ce fauteuil est une invitation au farniente plutôt qu’un siège de bureau.


🎭 5. Analyse stylistique

Modernisme chaleureux

Contrairement à d’autres designers modernistes (plus austères), les Eames associent :

  • technologie industrielle,
  • matériaux nobles,
  • confort organique.

La Lounge Chair représente une version américaine du luxe moderne : opulent mais fonctionnel, sophistiqué sans ostentation.

Equilibre entre formes organiques et géométriques

  • Les courbes du bois rappellent la nature.
  • Le piètement en aluminium apporte une géométrie bien maîtrisée.

🛋️ 6. Intégration dans l’espace

  • Fonctionne parfaitement dans :
    • salons contemporains ou mid-century,
    • bureaux créatifs ou bibliothèques,
    • espaces minimalistes (elle devient alors un point focal).
  • Le modèle en palissandre est le plus iconique, mais les variantes en noyer ou ébène s’intègrent mieux dans des intérieurs épurés.

🧠 7. Analyse symbolique

La Lounge Chair est devenue :

  • un symbole du design américain,
  • un statut-symbol (souvent vue dans les films),
  • une synthèse entre art, technologie et confort.

Elle incarne l’idée des Eames : “Design is a method of action.”
Ce n’est pas seulement un objet esthétique, mais une solution pensée pour améliorer la vie quotidienne.


Conclusion

La Eames Lounge Chair & Ottoman est un chef-d’œuvre parce qu’elle combine :

  • une prouesse technique (bois moulé),
  • un confort exceptionnel,
  • une esthétique moderniste chaleureuse,
  • une intemporalité rare.

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Réflexions autour de l’esthétique architecturale à partir d’un extrait de texte et d’une réalisation.

Art, peinture, décoration et architecture (4) : autour de la pensée de l’architecte Henry Van de Velde (1863-1957).

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1ère partie :

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Réflexions personnelles à partir d’un extrait de texte de l’ouvrage de l’architecte Henry Van de Velde (1863-1957) « Formules de la beauté architectonique ».

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Tout d’abord, le texte est extrait de l’ouvrage « Formules de la beauté architectonique moderne » dans lequel Henry van de Velde s’interroge, au début du XXe siècle, en plein essor du style Art Nouveau, sur le rapport à la beauté, à l’esthétique. Il cherche à en avoir une approche rationnelle plutôt que sentimentale, qu’il semble trouver superficielle. Il dénonce une altération de la perception de celle-ci transmise aux jeunes générations par leurs aînés ce qui les entraine, de facto, à un manque de curiosité, avec pour résultat de copier et imiter sans de réelles convictions, au mieux sans vraiment comprendre ce que l’on produit, au pire, sans le comprendre du tout. De ce jugement, il en déduit que c’est la laideur qui a le dernier mot (surtout, à mon avis, pour des imitations de mauvaise qualité).

Pour resituer dans le contexte, le style qui précède est le style Napoléon III, conservé plus ou moins sous la IIIe République, et caractérisé par un éclectisme poussé au paroxysme, avec des résultats plus ou moins heureux. Les inspirations et combinaisons étaient puisées dans le style Boulle et sur tous les autres styles qui ont précédés, sans oublier les références égyptiennes et celle de l’Extrême-Orient (Chine, Japon). Pour faire simple, un sentiment de lassitude.

Les progrès techniques et culturels ébranlent la culture architecturale prise dans sa globalité. Le tournant du XIXe et XXe siècle est une période d’activité exceptionnelle dans les domaines théoriques et pratiques. Les idées et nouvelles expériences se succèdent et, de facto, amènent à remettre en question une approche académique et pesante sur répertoire architectural et sur les références stylistiques. Le but recherché est de les renouveler.

« Formules de la beauté architectonique moderne » s’inscrit donc dans la logique du mouvement évoqué sur les paragraphes précédents. Il est le fruit d’une réflexion sur plusieurs années, au moins débutée au début du XXe siècle pour s’achever en 1916, dans un contexte international inquiétant, avec une guerre mondiale qui va amener à bien des remises en question dans la configuration de cette Europe du XIXe siècle qui s’achève et de celle de cette Europe du XXe siècle qui va émerger, et dont on ne sait pas encore comment elle s’annoncera. Les approches esthétiques en particulier n’y échapperont pas, à commencer par l’Art Nouveau qui sera peu à peu remplacé par l’Art Déco (dès 1913, le théâtre des Champs-Elysées annonce déjà une rupture). Van de Velde cherchera à y contribuer dans ses créations architecturales d’autant plus qu’il aura été un des théoriciens de cette évolution.

Pour rappel, avant de devenir architecte, il aura été tour à tour peintre, avant de s’intéresser à la broderie, la mode, le stylisme, la conception de papiers peint, l’orfèvrerie, la coutellerie, et la porcelaine. Tout cela lui permettra d’avoir une approche globale de la création et de pouvoir développer ses théories dans son ouvrage.

Ce jugement excessif de Henry van de Velde sur la laideur ramené aux perceptions esthétiques, dépasse ce domaine, à mon avis, traumatismes de la Première Guerre Mondiale obligent. Pour rappel, et toujours selon mon avis, la laideur aura aussi consisté à préparer les esprits au conflit par une propagande qui s’appuie aussi sur l’approche de l’esthétique.  Cependant, sur la dernière phrase du texte, il semble suggérer que, l’humanité, au bord du gouffre, est sur la voie d’un début de ressaisissement. Après une guerre mondiale, de toute façon, je ne vois pas une autre voie possible, d’autant plus que des esprits éclairés, dans bien des domaines, mettront en œuvre leurs talents pour préparer un meilleur avenir à l’humanité.

Il faut souligner qu’après la destruction, il faut penser à la reconstruction, et ses idées nouvelles tomberont donc à point nommées. Il travaillera en Belgique mais aussi en Allemagne, autrement dit, dans des pays qui ont été, seront amenés à être et seront encore, hélas, en conflit. Une vocation universelle de sa part, du moins européenne d’une certaine manière, qui lui vaudra ultérieurement, quelques méfiances des autorités tant allemandes que belges, fort heureusement vite dissipées.

Partant du constat de la laideur repose selon lui, aussi sur une perception esthétique, il va chercher à nous sensibiliser à partir de nouvelles approches.

Il développe l’idée, dans son ouvrage, comme déjà évoqué plus haut, que c’est une supposée manque de curiosité qui nous éloigne du concept de la beauté. Il faudrait plutôt chercher la valeur utilitaire des objets que de copier et/ou imiter sans comprendre ce que l’on créé.

La fonction créé la beauté en quelque sorte. Rien d’étonnant non plus, dans une deuxième partie d’un XIXe siècle finissant dans lequel un académisme pesant et étouffant, qui finit par s’essouffler tant dans le domaine de la peinture que de l’architecture, et qui se heurte aux progrès technologiques en voulant les ignorer. Par exemple, ce sont les impressionnistes contre la peinture académique officielle qui se croyait éternelle (alors que l’apparition de la photographie oblige, de facto, à reconsidérer l’approche de la peinture), c’est un style dit « historiciste » en architecture (développé dans une Alsace-Lorraine reprise par les allemands, qui s’oppose celui de l’Art Nouveau, créatif et inventif, qui trouve son essor, non loin de là, à Nancy, dans la Lorraine restée française. Comment s’étonner alors qu’il y ait un manque de curiosité et que les esprits ne soient pas enfermés dans une certaine crédulité !!!???

La ligne et la matière, c’est ce qui inspirera cet architecte qui ne concevra l’ajout de l’ornementation qu’à la condition qu’elle contribue à la structure d’un édifice pour lui permettre de « tenir debout ».

Sa recherche de la beauté dans ses créations architecturales, et son désir de concrétiser les idées qu’il défend dans son livre, se matérialiseront par un très grand dépouillement et une recherche d’équilibre entre les pleins et les vides, mais avec un certain esprit de monumentalité, avec des proportions généreuses (Maison Cohen à Bruxelles et maison Wolfer à Ixelles).

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A noter également une évolution de la ligne courbe vers la ligne droite dans ses créations comme le montrent les deux visuels ci-dessous en page suivante avec deux créations que quarante et un ans séparent : la Villa Bloemenwef à Uccle, 1895 et la Tour des Livres à Gand, 1936

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A leur tour, au milieu du XXe siècles, les partis-pris architecturaux seront remis en question et des recherches nouvelles en esthétique seront entreprises, comme la Hundertwasserhaus à Vienne qui s’inscrit dans un mouvement expressionniste, un peu en opposition aux partis pris des architectes qui préféreront la nouvelle objectivité, une approche plus pratique et pragmatique qui rejetait l’agitation émotionnelle de l’expressionnisme.

La fin du texte annonce la possibilité pour certain, notamment les artistes, de conserver suffisamment de sensibilité pour s’extraire de cette apathie. Ce sont eux qui ont la capacité, et peut-être la responsabilité de remédier à cette situation.

Ce texte suggère aussi en filigrane une autre thématique. Van de Velde était aussi influence par la pensée des néo-impressionniste, fondée sur une conception scientiste de l’œuvre d’art. Donc, l’idée défendue était que le système humain pouvait être stimulé par certaines couleurs, formes et lignes. Avec sa célèbre phrase, « la ligne comme force », croit aussi à une bonne ligne, porteuse d’énergie vitale. Ainsi, la laideur prive d’énergie, de vitalité et de joie de vivre.

Pour conclure, le constat que fait Henry van de Velde exprimés sur les deux extraits de son ouvrage ne sont-ils pas toujours d’actualité en 2025, et sur les ravages de la laideur en particulier !!!???

Que penser de l’approche de la plupart des architectures érigées à partir du début des « trente glorieuses », des pavillons standardisés dans des lotissements notamment, aux proportions étriquées qui sont pratiquement les mêmes de Dunkerque à Marseille et qui caractérisent ce qu’on appelle « la France périphérique » (ou la « France moche », c’est selon) !!!???

Que penser des grands ensembles sans visage et qui ne racontent rien, que dénonçait l’architecte Gérard Granval, le créateur des tours appelées « les choux » à Créteil !!!???

Que penser de l’approche qui est le plus souvent dictée par des considérations économiques au détriment de l’esthétique, à commencer par des hauteurs sous plafonds (2 m 50) qui ne permettent plus d’avoir de beaux volumes de pièces !!!???

Que penser aussi d’une ornementation appliquée sur des ensembles de bâtiments contemporains, prétendument pour rappeler les styles anciens, mais qui en sont, en fait, des pastiches, et qui n’ont plus les proportions qui leur permettent d’avoir une certaine monumentalité, comme celles qu’on les créations de Henry van de Velde, Victor Horta ou Paul Hankar, Robert Mallet-Stevens ou, plus récemment, Le Corbusier ou Auguste Perret !!!??? Je pense à certaines villes en Île-de-France, du côté d’Eurodisney en particulier.

Le rapport à la beauté et aux théories qui s’y rapportent reste et restera une interrogation permanente alimentée par une approche critique des réalisations passées.

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2ème partie :

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Analyse de La Hundertwasserhauss à Vienne, en Autriche.

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La Hudertwasserhauss peut être considérée comme un exemple d’architecture qui reprend quelques principes qui s’inscrivent dans le mouvement appelé Revival Art Nouveau.

L’art Nouveau ayant été tant décrié au XXe siècle entre les années 1920 et les années 1960, au point que de nombreuses démolitions ont été abusivement entreprises avant que ces décisions ne soient, finalement, regrettées (« c’est après avoir brulé les sorcières, qu’on les regrette », au-je lu dans une revue, à ce propos). On peut citer l’exemple du bâtiment, avec son entrée, de la station de métro « Bastille », à Paris, démoli en 1969… alors que l’Art Nouveau commençait à être redécouvert, avec un regain d’intérêt…, en tout cas, apparemment, pas de manière suffisamment affirmée en France, autrement dit pas à un point, sur cet exemple précis, qui aurait permis que la pratique confirme la théorie.

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Le Revival Art Nouveau, du moins en architecture, n’a jamais cherché à copier et encore moins à singer l’Art Nouveau, mais, au contraire, à s’en servir comme une base de travail et s’y intéresser pour ensuite développer de nouvelles pistes de réflexion sur l’esthétique architecturale, et l’adapter au mode de vie au XXe siècle avec un résultat audacieux comme la Hundertwasserhauss à Vienne.

Pour le Revival Art Nouveau, pas de redites de styles historique, encore moins de pastiche, or l’Art Nouveau était devenu un style à part entière.

Viollet-Le-Duc, précurseur de l’Art Nouveau, pensait que la logique de la nature était le seul modèle à suivre. L’architecture de la Hudertwasserhauss peut en être une interprétation avec une autre approche.

Ici, aucune symétrie, point d’ornementations lapidaires à la manière de celles appliquées sur les styles précédents, mais une référence à la nature, laissée à son épanouissement et à son développement sans désir de vouloir la dominer. Cette approche se manifeste autant sur le traitement des façades que sur la présence du volet végétatif.

Cependant, le traitement des façades peut être considéré comme une forme d’ornementation, qui est matérialisée par des enduits, mais pas « organisée ». La présence des courbures des ondulations arrivent presque à faire passer au second plan la structure angulaire des bâtiments, pourtant bien présente.

L’art Nouveau puisait son inspiration dans la nature, mais en la stylisant, et dans une démarche de discipline et d’organisation sur l’application de l’ornementation, malgré la dissymétrie. Elle était représentée par le métal et la pierre. Pour l’architecture viennoise, qui s’inscrit dans le mouvement expressionniste, c’est surtout le volet végétatif qui s’en charge. Finalement quoi de mieux pour la représenter que d’intégrer la nature elle-même dans une structure architecturale !!!???

Aucune symétrie non plus dans le positionnement des fenêtres. La seule « touche » plutôt classique, se retrouve dans les fenêtres du morceau de façade en bas à gauche de la photo, traitée dans un esprit que l’architecte catalan Ricardo Bofill n’aurait sans doute pas reniée. D’ailleurs, c’est la seule partie de l’édifice qui symbolise une rigueur plutôt classique (en clin d’œil, sans doute, aux façades des bâtiments avoisinants). Finalement, elle se brise assez rapidement pour laisser place à un traitement beaucoup plus libre avec des dimensions et un positionnement de fenêtres totalement hétéroclite.

Alternance de blanc, de couleurs chaudes et de couleurs froides sur les enduits de façades délimitées par des lignes apparemment grises foncées en courbes qui ne se réfèrent à aucune règle géométrique, un peu comme les branches des arbres que personne ne peut anticiper sur les directions qu’elles emprunteront en grandissant. Les ondulations avec l’alternance du bleu et du blanc nous fait penser aussi à une rivière et à ses reflets.

Le parti pris des façades bigarrées cherchait à prouver que la forme rectangulaire n’était qu’une utopie. Pourtant, n’est-ce-pas une recherche d’application et de concrétisation d’idées utopiques qui ont motivées la conception de cet immeuble !!!??? De plus, la structure de l’ensemble est quand même à angles droits.

Moins visibles sur la photo, la mosaïque et la faïence ne sont pas posées non plus selon une trame précise. Elles se languissent.

En observant bien la photo, la conception des façades peut nous faire penser à un arbre avec un tronc central (accentué par l’escalier couvert, qui indique une direction) et des branches qui se déploient de part et d’autre sur lesquelles pourraient s’accrocher des fruits, symbolisés par les fenêtres.

En conclusion quoi de mieux que de reprendre la citation du concepteur de cet immeuble, Friedensreich Hundertwasser, lui-même !!!??? « Un peintre rêve de maisons et d’une belle architecture au travers desquelles l’Homme est libre et ce rêve devient réalité ».

Pour rappel, la Hundertwasserhauss est le résultat d’une collaboration avec l’architecte Joseph Krawina.

C’est un complexe de logements sociaux situé dans le 3ème arrondissement de Vienne, en Autriche. Il date des années 1980.

La pensée architecturale du créateur de cet ensemble est ouvertement anti-corbusienne et réfute l’utilisation du Nombre d’Or sur lequel sont basées les architectures de Le Corbusier.

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3ème partie, pour aller plus loin.

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Ci-dessous, une autre prise de vue plus ancienne, sous un autre angle, avec des terrasses en escalier.

Une inspiration certaine reprises aux architectures barcelonaises dites « modernistes », comme les balcons, les cheminées, le pilier qui soutient les deux arcades à droite. Les ondulations sur les façades à gauche ne sont pas sans rappeler un peu les courbes des façades de la Casa Milà à Barcelone.

Les minarets se réfèrent « style sécession » bien présentes dans les architectures en Autriche et en Hongrie.

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Pour terminer, voici deux autres architectures que n’aurait certainement pas reniées le mouvement du Revival Art Nouveau, par ce que à majorité en formes curvilignes voire en totalité :

  • Celle du Musée Guggenheim à Bilbao (architecte Franck Gehry)
  • Et surtout celle du Palais Bulle à Théoule-sur-Mer (architecte Antti Lovag).

Ces créations très innovantes et en rupture, vont même plus loin dans l’audace que le parti-pris retenu pour la Hundertwasserhauss. Qu’aurait pensé l’architecte Henry van de Velde du Palais Bulle à Théoule-sur-Mer, du musée Guggenhem à Bilbao, ou, plus récemment de « L’arbre blanc » de l’architecte Sou Fugimoto à Montpellier ?

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