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Voici le 11ème article sur le récit de ma promenade à vélo sur 7 jours le long des 240 km du Canal du Midi couvrant le trajet entre l’écluse de Villedubert et le bief de Marseillette.
Je reprend donc le récit de mon trajet là ou j’ai terminé l’article précédent, à savoir sur l’écluse de Villedubert.
Pourquoi ai-je choisi de terminer cet article sur un bief plutôt que sur une écluse ? Tout simplement par ce que c’est sur le bief de Marseillette que se termine la commune de Trèbes et commence celle de Marseillette, c’est surtout sur ce bief que l’on quitte le Carcassonnais pour entrer dans le Minervois, c’est aussi sur ce bief que l’on se trouve à mi chemin du Canal, c’est notamment sur ce bief que l’on rencontre les 1er champs d’oliviers, et c’est enfin sur ce bief que commence le climat méditerranéen, bien qu’il soit admis qu’il débute réellement à La Redorte. Cecit dit, le climat de Carcassonne est considéré comme « intermédiaire », à savoir océanique avec une influence méditerranéenne, accentuée par la présence d’essences amenées par l’homme caractéristiques de celles que l’on trouve autour de ce que les Romains appelaient « Mare Nostrum ». Il suffit aussi d’observer l’architecture de la ville, plus ressemblante à celles de ses voisines de Narbonne et Béziers qu’à celle de Toulouse.
Pour terminer ma parenthèse climatique, le réchauffement tant annoncé pour ces 100 prochaines années (même s’il y a réduction de diffusion de gaz à effets de serre) va très certainement aussi modifier la donne et « offrir » un climat à Carcassonne qui s’apparentera plus à celui des rivages de la Grande Bleue qu’à celui des rivages de l’Océan.
Après avoir marqué une pause à l’écluse de Villedubert, avoir cueilli et avalé une grappe de raisin sur la treille au dessus des fenêtres du bâtiment, me revoici parti, direction Trèbes le long des 4 km 641 du 44ème bief.
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jeudi 16 août 2012
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Voici la listes des ouvrages et sites naturels sur le bief de Trèbes : l’aqueduc de Déjean (1689), le déversoir de Dejean (ou de la Raye, XVIIIe siècle), un passelis (« passage aménagé pour contourner un obstacle naturel appelé pertuis mais, contrairement à celui-ci, dépourvu de système de fermeture et simplement constitué d’une glissière en pente douce » : extrait du dictionnaire fluvial du site du projet Babel), le pont de la Rode (XVIIe siècle) une prise d’eau complétée d’une rigole d’alimentation correspondant à l’ancien tracé du Canal menant à la chaussée de l’Orbiel avant qu’il n’en soit détourné par un aqueduc, le pont-canal d’Orbiel et l’aqueduc de St Félix (1690), la cale de St Félix (XVIIIe siècle), l’épanchoir et le pont de St Julia (XIXe siècle et 1854 plus précisément pour le second ouvrage cité), le pont de Millepetit (XIXe siècle), le pont de Millegrand (XVIIe siècle et remanié au XXe siècle), l’aqueduc de Millegrand (1690). Au delà, le Canal du Midi pénètre dans le Minervois en perçant dans le rocher de Marseillette et entre sur cette commune.
Sur les photos ci dessous, j’approche de Trèbes en apercevant son clocher, d’autant plus visible que des platanes ont été coupés à cet endroit, avec en arrière plan, la Montagne d’Alaric.
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jeudi 16 août 2012
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Le pont de la Rode, à l’architecture bien typique des ouvrages du XVIIe siècle et ressemblant beaucoup au pont Vieux de Castelnaudary, marque l’entrée sur la ville. Lui succède ensuite la rigole d’alimentation de la prise d’eau de l’Orbiel, et le pont-canal pris en photo sur ses versants nord et sud.
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jeudi 16 août 2012 et lundi 26 août 2013
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jeudi 16 août 2012 et lundi 26 août 2013
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Me voici maintenant sur les rives du Canal du Midi au cœur de la ville dans laquelle je décide de m’arrêter pour déjeuner avant de longer les berges arborées d’une nouvelle espèce de platanes en direction de l’écluse, plus résistante aux champignons. Cet endroit était, il n’y a pas si longtemps encore, abrité par des arbres gigantesques qui permettaient d’agréables promenades ombragées. A noter l’intérêt patrimonial, architectural, esthétique et historique de l’église St Etienne de Trèbes (XIIIe et XIVe siècle, en gothique languedocien), et l’intérêt gustatif de la confiturerie vendant des produits artisanaux (photo en bas à gauche).
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jeudi 16 août 2012
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J’accède à l’écluse à bassins triples de Trèbes, datant de 1679, 44e écluse sur le Canal à franchir par les navigants depuis le commencement du Canal du Midi à Toulouse, à 118 km 184 de la Garonne, à l’altitude de 84 m, et autrefois le 2e arrêt du soir de la barque de la poste en provenance de Toulouse (la couchée).
Pour poursuivre la description du lieu, j’ai choisi un extrait du fascicule (bilingue) de Philippe Valentin « Le Canal du Midi de long en large », accompagné de 4 cartes :
« Les voyageurs prenaient leurs quartiers dans l’hôtellerie non loin du pont. Vous ne pouvez manquer la vaste minoterie aux fenêtres béantes près de la triple écluse et l’ancien moulin de 1700 qui fait un angle de 45 degrés avec l’axe du Canal. Trèbes sépare la 1ère tranche des travaux octroyés à Riquet en 1666 de la seconde jusqu’à l’étang de Thau. octroyée le 3 juin 1669. »
Je souligne qu’initialement, il était prévu que le Canal de Midi se termine en amont de l’écluse, les navigants devant terminer leur trajet vers Narbonne sur l’Aude. Cependant, les caprices des crues du fleuve qui rendaient l’activité batelière incertaine, voire impossible parfois, on eu vite raison de cette hypothèse et il fut décidé de poursuivre le cours d’eau artificiel jusqu’à la mer.
Je poursuis donc la description de Philippe Valentin :
« Dès lors, l’entreprise devint colossale. Des chantiers sur tous les fronts, de la Montagne Noire à ligne principale, occupaient 8 000 à 12 000 ouvriers, tous susceptibles de désertion suivant leurs intérêts. Pour les fidéliser, une ordonnance de Monseigneur de Besons, intendant de la justice, police et des finances en Languedoc, promit à chacun quelques facilité dont un salaire fixe et avantageux, même en cas de maladie ou d’arrêt de travail pour intempéries. Ces avantages sociaux inédits exaspéraient les employeurs à fort besoin de main-d’œuvre incapables ou peu désireux de s’aligner ».
Autrement dit, les avantages sociaux avant l’heure.
Sans plus tarder, je vous laisse découvrir l’ouvrage de Trèbes, à trois bassins, entourés de bâtiments dont l’un d’eux, à l’esthétique intéressante, attend une restauration pour le remettre en valeur.
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jeudi 16 août 2012
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jeudi 16 août 2012
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jeudi 16 août 2012
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Après l’arrêt qui s’imposait sur l’écluse, je m’engage, sur mon vélo en ce début d’après midi sur les 9 km 210 du 45ème bief retenu par l’écluse de Marseillette, direction le Minervois. A noter sur la photo en bas à gauche l’épanchoir de Saint Julia qui offre la possibilité, par un système de vannes de vidanger le bief par le fond du lit pour l’entretien. Sur la photo à droite, le pont de Millepetit (XIXe siècle) au tablier en bois construit, tout comme son homologue éponyme à l’ouvrage cité plus haut, de relier les domaines aux vignes qui s’y rattachaient, situées entre le Canal et l’Aude. Je souligne également que le fleuve coule plus ou moins parallèlement et pas très loin du cours d’eau entre Carcassonne et Saint Nazaire d’Aude.
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jeudi 16 août 2012
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Je remarque un groupe d’adolescent(e)s répartis sur 2 canoës en promenade d’agrément.
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jeudi 16 août 2012
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Amoureux de belles architectures, je ne manque pas de remarquer non plus l’élégante bâtisse du domaine de Millepetit et une certaine émotion me gagne dans la mesure ou elle me rappelle la maison de mes grands parents maternels à Saint Epain, en Indre et Loire. Tous mes merveilleux souvenirs d’enfance me reviennent tout à coup alors que je ne m’attendais pas du tout à cela dans la mesure ou elle se situe géographiquement à 500 km de la Touraine. Bien que chaque région adopte son style architectural propre, je conclus aisément qu’il existe dans notre pays un modèle de demeure bourgeoise dont on retrouve la trame plus ou moins dans tout l’hexagone, symbolisant aussi un signe extérieur de richesse en se distinguant du style régional. Par exemple, ici, point de tuiles romaines mais de l’ardoise, très certainement importée d’Anjou et moins lourde sur les charpentes. Les pigeonniers se retrouvent aussi beaucoup dans le sud de la France. Il en existe de très beaux exemples en Gascogne, dans le Périgord et dans l’Albigeois.
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jeudi 16 août 2013
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J’atteint très rapidement à vélo le pont de Millegrand (XVIIe siècle et remanié au XXe) puis l’aqueduc éponyme, un très bel exemple d’architecture que je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de photographier. Cet ouvrage fut commandé par Vauban et réalisé par les maîtres maçons Colin et Launay, et se caractérise par une voûte en grès (sources « Le Canal du Midi de long en large » de Philippe Valentin).
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jeudi 16 août 2013
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Je quitte ainsi le Carcassonnais et la 34ème commune que traverse le Canal du Midi pour entrer dans un 4ème pays, le Minervois. J’achève ainsi mon récit « En Carcassonnais jusqu’au bief de Marseillette »
C’est tout, pour le moment !
Nicolas.
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Retour sur la liste des articles consacrés à ma randonnée à vélo.
Mes photos de tous les biefs et toutes les écluses du canal, sur ce lien.
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Retrouvez mes photos de toutes les écluses du Canal du Midi sur cette carte.
Une autre approche sur le Canal à Trèbes et dans les environs sur ce lien.
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Autres sites :
Le site du Canal des deux mers à vélo.
Le site Vélo-Canaux-Dodo.
Le site de VNF sur le Canal du Midi : https://canal-du-midi.com/
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Une de mes aquarelles sur le pont-canal de l’Orbiel.
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