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Giambattista TIEPOLO (1696-1770)
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C’est le peintre le plus célèbre du XVIIIe siècle à Venise.
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Avec ses vastes fresques, il s’impose à la fois dans sa ville natale et à l’étranger ; il est connu jusqu’en Russie. L’une d’elles, Le banquet de Cléopâtre, est transposée au Musée Jacquemart-André, dont elle décore le double escalier.
Quand il est jeune, il ne cache pas son ambition, et les artistes « qui ont une grande réputation » lui servent de principaux modèles. Véronèse, par exemple.
A la différence de ses compatriotes vénitiens, il ne signe aucune « veduta » (vue) de sa ville, comme Canaletto ou Guardi si appréciés. Il se spécialise dans les grandes scènes bibliques, mythologiques, allégoriques. Son public, ce ne sont pas les touristes qui passent par Venise et emportent les tableaux avec eux (presque aucune veduta ne subsiste à Venise actuellement) mais les membres du clergé, de préférence haut placés, et les princes.
Même s’il pratique la peinture à l’huile et la gravure, il se sent nettement plus à l’aise dans le grand format de la fresque. Celle-ci, qui exige que l’on peigne rapidement sur du plâtre frais (d’où le nom, fresco : toute peinture murale n’est pas une « fresque » !), lui permet des couleurs claires, chantantes, des ciels sereins. Il y a toujours quelque chose de joyeux et de triomphant dans les grandes machines de Tiepolo. De gracieux, aussi, dans les attitudes, les draperies ; il est bien baroque dans son sens de l’espace, de la contre-plongée, du raccourci, et la foule de ses personnages semble ravie de planer dans les airs en échangeant des sourires. Les sujets religieux sont parfois un petit peu réinterprétés selon sa fantaisie, mais personne ne lui en tient rigueur. Le maître ne travaille certainement pas seul, mais avec l’aide de quelques élèves et de son fils.
Au fond, il est influencé par le goût vénitien de l’opéra. Un de ses contemporains a déjà qualifié ses peintures « d’excellente représentation théâtrale, interprétée par d’excellents acteurs ».
Mais Venise est en décadence, et ses aristocrates sont de moins en moins aptes à bien payer. Tiepolo veut être un prince des peintres, vivant sur un grand pied, comme avant lui Titien ou Rubens. D’ailleurs, beaucoup d’artistes vénitiens quittent leur ville, et pas seulement Vivaldi qui a suivi leur exemple au soir de sa vie. Donc, Tiepolo s’en va en Allemagne, à Wurtzburg, auprès du prince-évêque de Franconie : il lui commande une grande vie de Frédéric Barberousse en plusieurs panneaux, donc va pour Barberousse !
Plus tard, alors qu’il est déjà âgé, il est appelé par le roi d’Espagne Charles III ; il peint à Madrid beaucoup de scènes religieuses et, gentiment retenu par son royal protecteur, s’installe là-bas jusqu’à sa mort.
Isabelle Werck.
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Edit de Nicolas globe croqueur (et photographe) :
J’ai choisi de mettre à l’honneur quelques visuels d’isabelle sur Venise.
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Je terminerai par une aquarelle peinte depuis le quai du musée d’Art de la Ca’Pesaro et un visuel en encre sépia réalisé par moi-même.
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C’est tout, pour le moment.
Nicolas globe croqueur.
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