0-0-0
1 / Analyse d’une œuvre de Land Art de Nils Udo.
0-0-0
0-0-0
Titre de l’œuvre : Riss à Cordellava, pétales appelées « langues de feu ».
Artiste, Nils Udo, né en 1937, d’abord peintre, puis se spécialisant dans le Land art à partir des années 1970.
Année de conception : 1990, lieu, Île de la Réunion.
0-0-0
Description de l’installation :
Création dans un paysage volcanique composé de coulées de lave solidifiée et de fissures dans la roche, verticales et horizontale. Disposition de part et d’autre de la fissure la plus prononcée de pétales rouges appelées « langues de feu » (une référence à la lave du volcan en fusion).
Contraste entre les nuances de gris de la lave solidifiée et la couleur des pétales, complété d’un relief incurvé qui rappelle une vague d’eau ou la dune d’un paysage désertique.
0-0-0
Description des éléments naturels qui composent l’installation paysagère.
La lave solidifiée se compose principalement de silicates de fer et de magnésium. En refroidissant, elle se contracte, et crée des fissures et des craquelures, comme on peut le découvrir sur la photo ci-dessus. Les pétales dites « langue de feu » sont issues de la végétation tropicale avoisinante, et plus particulièrement du poinsettia, d’un rouge intense, très présent dans le paysage naturel environnant.
0-0-0
0-0-0
C’est d’ailleurs sans doute pourquoi Nils Udo a porté son choix sur ces pétales, pour le contraste avec la lave solidifiée. Une recherche de complémentarité de couleurs a sans doute aussi motivé l’artiste puisque les pétales s’harmonisent avec les nuances grises-vertes du minéral, surtout à certaines heures de la journée.
0-0-0
Ce que les éléments naturels mis en scène révèlent.
La lave solidifiée signifie que la nature a toujours le dernier mot, par contre, sur un temps très long. Les matières minérales symbolisent l’austérité, la dureté, voire temporairement l’hostilité. Elles nous démontrent qu’elles sont très difficilement transformables (très difficiles de sculpter dans de la pierre volcanique). D’ailleurs, ce n’était pas l’intention de l’artiste, à savoir transformer la nature, mais plutôt de nous sensibiliser à ce que contient le paysage, et la fissure, cicatrice au sol, symbolise la terre en transformation, une faille, une trace de tension interne. Pour l’accentuer, Nils Udo a choisi d’aligner les pétales de part et d’autre de celle-ci. C’est ici la seule intervention humaine dans la création de cette œuvre éphémère.
A l’invincibilité du minéral s’oppose la fragilité des pétales rouges de poinsettia, disposées de manière à nous donner l’illusion d’une lave qui sort du volcan, autrement dit, comme si celui-ci respirait encore. Elles symbolisent non seulement la beauté passagère, la délicatesse du monde vivant, particulièrement celui de la flore, mais aussi la fragilité et l’éphémère face à la brutalité minérale.
0-0-0
0-0-0
Les éléments naturels « metteurs en scène ».
L’organisation naturelle, juste complété par la discrète intervention humaine de Nils Udo qu’aura été, pour rappel, de placer les pétales autour de la fissure. Cela peut se définir comme une théâtralisation.
Le décor principal : la lave solidifiée, dégageant une atmosphère qui absorbe la lumière et évoquant une ambiance figée, propre à la puissance récurrente du volcan, quand il se réveille.
La ligne directrice : la fissure qui donne une direction au regard et suggère une circulation. Elle peut évoquer une narration par ce que c’est par elle que l’énergie semble circuler.
Les actrices de la scène : les pétales, malgré leur couleur rouge vif et leurs formes qui évoquent les flammes, la chaleur. Elles n’en restent pas moins un symbole de vie passagère en opposition à la pérennité du minéral.
Enfin, la mise en scène se définit aussi par le contraste : sombre/clair, dur / fragile, froid/chaud, immobile à moyen terme, dans l’échelle du temps pour la lave du volcan / vivant à court terme dans la même échelle du temps pour les pétales qui seront amenées à se faner, à se dessécher, et à se décomposer, du moins beaucoup plus rapidement que le minéral, qui finira lui aussi par être modifié et érodé par un autre élément naturel, l’eau.
0-0-0
Mon ressenti, forcément subjectif et personnel, face à cette œuvre d’art.
Humilité face à la force de la nature, aussi un dialogue avec elle, une approche sans artifices, une source inépuisable d’inspiration. C’est à l’être humain de s’adapter à la nature pour être en harmonie avec elle et non le contraire, comme longtemps les temps modernes nous l’ont fait croire, dès la Révolution industrielle, par exemple.
0-0-0
Pour conclure.
Ce qui m’intéresse le plus, c’est la démarche choisie, c’est-à-dire une intervention après avoir observé un lieu. Il a su utiliser uniquement des éléments naturels pour finaliser son travail. Cela prouve que la nature reste une source d’inspiration inépuisable pour tout artiste qui souhaite créer, par ce qu’elle fournit tous les éléments pour cela, comme le feuillage, les branches, les fleurs.
0-0-0
2 / Ma proposition personnelle autour d’un arbre.
0-0-0
0-0-0
Description : labyrinthe en pétales de coquelicots autour d’un arbre. Ci-dessous, la vue globale de ma proposition.
0-0-0
0-0-0
Ma proposition vient-elle révéler ou transformer le paysage existant ?
Elle n’a pas la prétention de transformer de manière pérenne le paysage. Vouloir le transformer exigerait très certainement, avant de le valider, des autorisations administratives auprès des organismes habilités, plus encore s’il s’agissait d’un site naturel classé. Il révèle, en revanche, une partie d’un paysage. Le résultat éphémère issue du parti pris choisi, consiste à placer des pétales de coquelicots autour d’un arbre en s’appuyant sur la trame d’un labyrinthe circulaire.
Tout au plus, au préalable, l’usage d’une tondeuse ou débrousailleuse sur la surface circulaire aura été nécessaire afin de mettre toutes les chances de mon côté et de placer les pétales correctement.
En revanche, cette intervention révèle le paysage environnant, qui reste intact. L’arbre choisi, autour duquel s’articulent les pétales, est mis en valeur. La structure du lieu est également mise en valeur par l’horizontalité qui est soulignée. Une intervention qui a pour aspiration, je l’espère, à nous amener à voir un paysage autrement.
Ici, un décor principal, le paysage, un point central qui détermine un axe, l’arbre, et un cheminement, le labyrinthe. Cette création peut nous amener à dialoguer avec un lieu et son environnement proche. La véritable transformation s’opèrera dans la tête de individus qui découvriront cette création, par le regard qui lui sera porté.
0-0-0
0-0-0
Description, en quelques lignes, de mes intensions.
La mise en valeur du lieu. Le labyrinthe circulaire de pétales nous invite à diriger le regard et vers l’arbre, cœur du dispositif et lui donner une place centrale, on pourrait dire presque sacrée, dans le but de souligner son rôle de repère dans le paysage.
Une réflexion personnelle intérieure par une déambulation qui nous engage dans une relation intime avec le lieu, le temps et le rythme de la nature, d’autant plus que le labyrinthe nous suggère un cheminement lent et méditatif.
Recherche d’un contraste entre les coquelicots et l’herbe verte sur laquelle il repose, d’une part, et entre ces pétales et l’ensemble de l’environnement. Une richesse voulue par une distinction chromatique forte mais harmonieuse avec la verdure environnante.
Certaines personnes pourront y trouver aussi une dimension symbolique et spirituelle, en transformant un espace naturel en lieu de réflexion et de contemplation. Le cercle et le labyrinthe évoquent des notions universelles : cycle de la vie, retour à l’origine, chemin intérieur.
Ce projet revêt une dimension éphémère, vouée à disparaître à court terme, comme, par exemple, aux premières rafales de vent. Il s’inscrit dans une démarche respectueuse de l’environnement qui n’en sera pas altéré durablement par ce qu’aucune transformation permanente n’est opérée.
J’évoquais les autorisations administratives plus haut, mais il est nécessaire de s’assurer qu’avant de concrétiser quelque projet de Land art quels qu’il soient, il est nécessaire d’obtenir l’autorisation du propriétaire du terrain, si le lieu retenu se trouve sur une propriété privée.
0-0-0
Matériaux utilisés.
Ici, point de matériaux, mais ce petit pavot sauvage à fleur rouge vif présent à proximité : le coquelicot, en grande quantité, certes !!!
0-0-0
0-0-0
Le titre.
« Rituel pour un arbre ».
0-0-0
0-0-0
Nicolas globe croqueur (et photographe).
0-0-0
0-0-0
0-0-0
3 / Pour aller plus loin : Les nouvelle approches de la création architecturales et paysagères.
Le processus créatif :
Le processus créatif est le chemin qui conduit d’une idée à sa réalisation, sa traduction plastique et visuelle. Il constitue toute la démarche de progression entre la naissance d’une idée et sa concrétisation finale : sa mise en forme.
Installations paysagères :
Souvent éphémères, ces œuvres appelées « installations paysagères » se posent et s’inscrivent dans le paysage un instant : elles sont traversées par le visiteur, qui peut les arpenter, les expérimenter, mais la plupart du temps, elles ne sont visibles et lisibles qu’après leur disparition, sur supports visuels (photographie, vidéo).
Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) :
Même si ces nouveaux outils de communication tels que la vidéo, la photo, etc., rendent plus visible l’art ou son contenu, il n’en reste pas moins que tout art s’accompagne d’un regard critique.
Et c’est bien cette notion de message qui compte et qui reste source de toute expression artistique : ce que l’artiste a voulu dire, questionner et évoquer, et son expression plastique et esthétique n’en sont que renforcées.
Le processus :
Les architectes acceptent l’idée que la forme de leur édifice puisse résulter d’une écriture graphique libre, hasardeuse, sans principes esthétiques convenus, sans trames ni principe constructif qui structure la réflexion de l’architecte.
En résultent alors des projets aux formes extravagantes ou agressives, des formes étirées, déstructurées, qui font la singularité de nombreux édifices d’aujourd’hui.
La place du corps :
Tout le travail de l’architecte consiste donc, certes, à concevoir une volumétrie faite d’espaces dédiés à des fonctions distinctes, intégrés dans l’environnement qui l’entoure, mais doit aussi intégrer dans sa construction la question des usages à l’intérieur même de cette volumétrie.
En ce sens, la fonctionnalité redevient une question très importante pour les architectes, pourtant mise de côté pendant certaines années.
Les déplacements, les circulationsentre espaces, font le « rythme » de l’architecture ; les « pleins » qui composent les murs et volumes s’écrivent donc avec et autour des « vides ».
Nous parlons d’« espaces servis » (les pièces à vivre) et d’« espaces servants » (les circulations : couloirs, escaliers).
0-0-0
0-0-0